Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Agriculture

(SCIAN 1111-1119; 1121-1129; 1151-1152)

L’industrie de l’agriculture est composée de trois segments distincts: la culture agricole (78 % de la production totale en 2018); l’élevage (16 %); et les activités de soutien (6 %). La culture agricole comprend la culture de plantes oléagineuses et de céréales, de fruits et de légumes ainsi que de plantes et de vignes. L’élevage comprend l’élevage de bovins, de porcs, de volailles et d’autres animaux pour la production de produits carnés, de produits laitiers et d’ovoproduits. Ce segment comprend aussi l’aquaculture et l’apiculture. Parmi les activités de soutien, on retrouve les services de récolte, d’épandage d’engrais et de stérilisation, et tous les services liés à l’élevage du bétail et des animaux de compagnie. La culture agricole est fortement orientée vers les exportations, alors que l’élevage est essentiellement tourné vers le marché intérieur. En 2018, l’industrie comptait un total de 277 200 travailleurs, dont 45 % dans la culture agricole et 47 % dans l’élevage. L’emploi est principalement concentré en Ontario (25 %), au Québec (20 %), en Alberta (18 %), et en Saskatchewan (13 %). La main-d’œuvre est caractérisée par une forte proportion de travailleurs masculins (70 %) et de travailleurs autonomes (57 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Gestionnaires en agriculture (0821)
  • Ouvriers/ouvrières agricoles (8431)
  • Entrepreneurs/entrepreneuses de services agricoles, surveillants/surveillantes d’exploitations agricoles et ouvriers spécialisés/ouvrières spécialisées dans l’élevage (8252)
  • Ouvriers/ouvrières de pépinières et de serres (8432)
  • Manœuvres à la récolte (8611)
  • Gestionnaires en horticulture (0822)
  • Manœuvres de l’aquaculture et de la mariculture (8613)
  • Entrepreneurs/entrepreneuses et superviseurs/superviseures des services de l’aménagement paysager, de l’entretien des terrains et de l’horticulture (8255)
  • Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511)
  • Gestionnaires en aquaculture (0823)

L’industrie de l’agriculture est très sensible aux conditions météorologiques, aux fluctuations de la demande et des prix sur les marchés mondiaux, ainsi qu’à l’activité économique dans les industries de la transformation des aliments et des services de restauration. Au niveau national, l’industrie a connu une croissance plutôt ferme sur la période 2009-2018, mais non sans revers. Les préoccupations en matière de santé et sécurité ont entraîné des restrictions commerciales de la part des États-Unis, de la Chine et de l’Union européenne, représentant des obstacles importants pour les producteurs canadiens, en particulier pour les éleveurs de bovins et de porcs. Bien que ces mesures protectionnistes aient restreint la croissance de la production au cours des dix dernières années, l’industrie a néanmoins bénéficié d’une demande accrue sur les marchés mondiaux, notamment pour les produits protéiques à base de plantes et le canola ces dernières années. Du côté de l’offre, les innovations en biotechnologie (telles que la synthèse de bio-pesticides et la modification génétique) ont permis d’augmenter les rendements des cultures, alors que des investissements importants dans l’automatisation ont permis de réduire les coûts de production. Le taux de croissance du PIB réel de l’industrie s’est ainsi établi à 2,5 % par année en moyenne sur la période 2009-2018. Toutefois, puisque de nombreux aspects de la production agricole, comme l’ensemencement, la surveillance des cultures et la gestion des écosystèmes, ont été largement automatisés, l’emploi dans l’agriculture a diminué de 1,7 % par année au cours de la même période. Cela signifie que la croissance de la production est entièrement provenue d’une hausse de la productivité au cours de la dernière décennie. L’augmentation de la population, l’intensification de la concurrence internationale et la réduction des terres arables ont poussé l’industrie à privilégier l’efficacité. Les agriculteurs utilisent de plus en plus de drones pour surveiller les cultures, de systèmes automatisés pour lutter contre les parasites, et d’appareils permettant de traiter un grand volume de données pour optimiser l’ensemencement et la fertilisation. L’automatisation des processus de production au cours des dernières années a fait de l’agriculture l’une des industries ayant enregistré la plus forte croissance de la productivité au Canada. En effet, la productivité a augmenté à un taux annuel de 4,2 % de 2009 à 2018.

Les perspectives de l’industrie agricole canadienne demeurent généralement favorables pour la période 2019-2028, supportées par la hausse du revenu mondial par habitant, une plus grande libéralisation des échanges avec l’Union européenne et les économies de l’Asie-Pacifique, et les initiatives du gouvernement fédéral pour stimuler les exportations. La hausse des revenus et de l’urbanisation au sein des économies émergentes offre des perspectives de croissance encourageantes, tandis que la signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM), qui remplace l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), apportera une plus grande stabilité aux échanges commerciaux. Le gouvernement du Canada a récemment lancé le "Partenariat canadien pour l’agriculture" et l’"Initiative des supergrappes d’innovation" afin de stimuler les investissements dans les domaines les plus prometteurs en matière de croissance. Plus précisément, la "grappe Biomasse" contribuera à positionner le Canada comme chef de file dans la production de bioénergie et d’autres bioproduits, alors que la "Supergrappe des industries des protéines" fera appel à la génomique végétale ainsi qu’à des technologies de transformation novatrices pour accroître la valeur des cultures agricoles au Canada, notamment le canola, le blé et les légumineuses, cultures largement convoitées dans les marchés étrangers à forte croissance comme la Chine et l’Inde. Cette supergrappe cherchera aussi à répondre à la demande croissante pour les substituts de viande à base de plantes et pour de nouveaux produits alimentaires en Amérique du Nord et en Europe.

Cela dit, les perspectives pour l’industrie sont sujettes à un degré élevé d’incertitude provenant notamment de la montée des tensions commerciales et du changement climatique. Bien que la consommation alimentaire mondiale croisse à un rythme plutôt constant, les prix agricoles sont extrêmement volatils et tributaires des fluctuations de l’offre (imprévisibilité des conditions météorologiques et instabilité du prix des intrants) et de la demande (évolution des relations commerciales et mouvements des taux de change). La faible croissance démographique au Canada, le vieillissement de la population et la stagnation de la consommation alimentaire viendront également limiter l’expansion de la demande intérieure, quoique la légalisation du cannabis dans l’ensemble du pays représente une opportunité de croissance supplémentaire. La production de cannabis a augmenté de 27 % en 2018 et représente maintenant près de 15 % du total de l’industrie agricole canadienne. Néanmoins, les marchés étrangers représenteront la plus forte source de demande pour les produits agricoles et agroalimentaires canadiens. En moyenne, la croissance du PIB réel de l’industrie devrait atteindre 2,4 % par année sur la période 2019-2028, soit un rythme similaire à celui des dix années précédentes. L’intensification de la concurrence sur les marchés internationaux continuera à inciter les agriculteurs canadiens à réduire leurs coûts et à utiliser des technologies de plus en plus novatrices, telles que des capteurs biométriques, des trayeuses à apprentissage automatique et des tracteurs sans conducteur. Toutefois, puisqu’une grande partie de la mécanisation des processus et de l’adoption des technologies a eu lieu durant la dernière décennie, la croissance de la productivité ne devrait pas être aussi forte au cours de la période de projection. Par conséquent, on projette que l’emploi continuera à diminuer dans l’industrie sur la période 2019-2028, mais à un rythme moins prononcé que celui des dix années précédentes, en baisse de 0,3 % annuellement. Aussi, les difficultés à attirer des travailleurs canadiens en raison de la nature saisonnière de l’industrie, son emplacement rural, la faiblesse des salaires et de longues heures de travail ont entraîné une plus grande utilisation de travailleurs étrangers temporaires dans les activités agricoles.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’agriculture

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans l’agriculture. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’agriculture (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 2,5 -1,7
2019-2028 2,4 -0,3

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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