Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Foresterie et exploitation forestière

(SCIAN 1131; 1132; 1133; 1153)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est l’exploitation forestière, l’exploitation de terres à bois et de pépinières forestières, ainsi que les activités de soutien comme le transport, le reboisement et la lutte contre les ravageurs et les incendies. L’exploitation forestière et les activités de soutien représentent les deux plus importants segments et emploient la majorité des travailleurs. Bien que les exportations brutes ne représentent qu’une faible proportion de l’ensemble de ses revenus, l’industrie forestière est fortement tributaire des ventes des industries manufacturières de produits en bois et de pâtes et papiers qui exportent une large part de leur production, principalement aux États-Unis. L’industrie comptait 52 000 travailleurs en 2018, largement concentrés en Colombie-Britannique (34 %), au Québec (28 %) et en Ontario (11 %). La main-d’œuvre est principalement composée de travailleurs masculins (83 %) et les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Conducteurs/conductrices de machines d’abattage d’arbres (8241)
  • Opérateurs/opératrices de scies à chaîne et d’engins de débardage (8421)
  • Surveillants/surveillantes de l’exploitation forestière (8211)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en sciences forestières (2223)
  • Manœuvres de l’exploitation forestière (8616)
  • Ouvriers/ouvrières en sylviculture et en exploitation forestière (8422)
  • Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511)
  • Techniciens/techniciennes du milieu naturel et de la pêche (2224)
  • Directeurs/directrices de l’exploitation des ressources naturelles et de la pêche (0811)
  • Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd (7312)
  • Professionnels/professionnelles des sciences forestières (2122)

L’industrie canadienne de la foresterie et de l’exploitation forestière a enregistré une croissance très modeste au cours de la période 2009-2018, qui s’explique en grande partie par l’effondrement du marché immobilier américain avant et pendant la récession de 2008-2009. Outre les baisses massives du nombre de mises en chantier aux États-Unis entre 2006 et 2009, l’utilisation de papier journal et autres formes de papier a continué à chuter puisque les éditeurs et lecteurs se sont largement convertis aux médias numériques, réduisant ainsi la demande pour les produits forestiers. Après avoir chuté sévèrement de 2005 à 2009, la production s’est progressivement redressée de 2010 à 2016, suite à une reprise lente mais ferme de l’activité immobilière aux États-Unis. Le redressement de la production a également été soutenu par une solide croissance de l’investissement résidentiel au Canada durant cette période et par l’augmentation de la récolte de bois en Colombie-Britannique afin de préserver la valeur commerciale résiduelle des arbres qui avaient été dévastés par l’épidémie du dendroctone du pin ponderosa. Toutefois, la production au sein de l’industrie est demeurée relativement stagnante ces dernières années, contrainte par les feux de forêt de 2017 et 2018 en Colombie-Britannique, le retour des tarifs américains sur les exportations canadiennes de bois d’œuvre, et la baisse considérable de l’investissement résidentiel au Canada en 2018. La croissance du PIB réel dans la foresterie s’est ainsi établie à 0,5 % par année en moyenne pour l’ensemble de la période 2009-2018, laissant le niveau actuel de production bien en deçà de son sommet de 2005. Après avoir chuté de 25 % entre 2005 et 2008, l’emploi a reculé d’un 11 % additionnel en 2009 et est demeuré relativement stable par la suite, ce qui s’est traduit par un déclin moyen de 0,3 % par année sur la période 2009-2018. L’industrie a été contrainte de fermer certaines usines et d’entreprendre des consolidations importantes en réponse à la baisse des exportations de produits en bois durant l’effondrement du marché immobilier américain. La nécessité d’améliorer la compétitivité des coûts et de renforcer la productivité en adoptant de nouvelles technologies a également limité la création d’emplois dans les années subséquentes, malgré la reprise de la production.

Le PIB réel dans la foresterie et l’exploitation forestière devrait demeurer relativement stable (croissance anémique) sur la période 2019-2028, tandis que l’emploi devrait continuer de diminuer à un rythme similaire à celui des dix années précédentes. La construction et la rénovation de maisons au Canada et aux États-Unis continueront d’être le principal moteur de croissance de l’industrie. Toutefois, au cours de la période de projection, la demande de produits en bois sera de plus en plus contrainte par le ralentissement anticipé dans l’investissement résidentiel en Amérique du Nord et par le changement dans la composition des mises en chantier, puisqu’on prévoit un déclin dans la construction de maisons unifamiliales au profit d’habitations à logements multiples (appartements et copropriétés) et que ces dernières nécessitent moins de bois par unité de production. Suite à la récente baisse des prix et au retour des tarifs américains sur le bois d’œuvre canadien, les scieries domestiques éprouvent également plus de difficultés à exporter de manière rentable vers le marché américain. De tels développements impliquent que la croissance future de la production forestière repose sur la capacité de l’industrie à diversifier ses marchés d’exportation. Bien que la Colombie-Britannique ait réussi à pénétrer le marché chinois au cours de la dernière décennie, les autres provinces ont difficilement réussi à percer des marchés en dehors de l’Amérique du Nord et la montée de l’industrie forestière en Russie ne fera qu’intensifier la concurrence sur le marché chinois. Par ailleurs, la diminution de l’offre de bois marchand causée par l’épidémie du dendroctone du pin et les feux de forêt viendra freiner la production lorsque les opérations de sauvetage de la valeur commerciale résiduelle des arbres prendront fin et que la quantité de coupes annuelles permises sera réduite. Les difficultés observées dans l’industrie des pâtes et papiers viendront également restreindre la croissance de la production dans l’industrie forestière.

Sur une note plus positive, l’émergence de l’industrie des carburants de biomasse et l’utilisation croissante du bois comme matériau de rechange écologique dans la construction de bâtiments devraient venir supporter la demande de produits forestiers à plus long terme. En effet, la construction en bois massif représente une opportunité importante pour l’industrie forestière au Canada, en particulier lorsqu’on considère le ralentissement anticipé dans la construction de maisons unifamiliales en Amérique du Nord. Divers facteurs favorisent une plus grande utilisation du bois dans les immeubles de moyenne et grande dimension, notamment les avancées technologiques dans les produits du bois, les préoccupations environnementales et les nouveaux standards de construction. Sous cette perspective, l’industrie pourrait bénéficier de l’accélération anticipée dans la construction de bâtiments non résidentiels au cours de la période de projection, contrebalançant en partie le ralentissement anticipé dans la construction résidentielle. En moyenne, la production devrait demeurer stable (croissance de 0,0 %) sur la période 2019-2028, alors que l’emploi devrait continuer à reculer à un taux annuel de 0,3 %. Cette baisse additionnelle de l’emploi reflète des gains supplémentaires en matière de productivité découlant de l’automatisation et d’une plus grande utilisation de la machinerie. L’exode des jeunes des communautés rurales et le nombre croissant de travailleurs en âge de prendre leur retraite continueront également à exercer des pressions sur la main-d’œuvre au sein de l’industrie.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la foresterie et l’exploitation forestière

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans la foresterie et l’exploitation forestière. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la foresterie et l’exploitation forestière (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 0,5 -0,3
2019-2028 0,0 -0,3

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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