Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Extraction minière

(SCIAN 2121; 2122; 2123)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est l’extraction ou toute autre préparation de minéraux métalliques et non métalliques. Elle se divise en trois segments : l’extraction de charbon (10 % de la production totale en 2018), l’extraction de minerais métalliques (52 %) et l’extraction de minerais non métalliques (38 %). L’industrie exporte environ les deux tiers de sa production, principalement au Royaume-Uni (25 % des exportations totales en 2018), aux États Unis (15 %), en Chine (9 %) et au Japon (8 %). Elle comptait 88 600 travailleurs en 2018, dont 53 % dans l’extraction de minerais métalliques, 21 % dans l’extraction de minerais non métalliques, 11 % dans l’extraction de charbon, alors que les 15 % restants n’étaient associés à aucun segment en particulier. L’emploi est surtout concentré en Ontario (26 %), au Québec (24 %), en Colombie Britannique (19 %) et en Saskatchewan (12 %), et la main-d’œuvre est principalement composée de travailleurs masculins (85 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Mineurs/mineuses d’extraction et de préparation, mines souterraines (8231)
  • Surveillants/surveillantes de l’exploitation des mines et des carrières (8221)
  • Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd (7312)
  • Personnel d’entretien et de soutien des mines souterraines (8411)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311)
  • Conducteurs/conductrices de camions de transport (7511)
  • Directeurs/directrices de l’exploitation des ressources naturelles et de la pêche (0811)
  • Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242)
  • Manœuvres des mines (8614)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en géologie et en minéralogie (2212)
  • Géoscientifiques et océanographes (2113)
  • Ingénieurs miniers/ingénieures minières (2143)
  • Ingénieurs géologues/ingénieures géologues (2144)

La performance de l’industrie minière est étroitement liée aux conditions économiques et géopolitiques mondiales qui influencent les prix des matières premières sur les marchés internationaux. La récession mondiale de 2008 2009 a entraîné une chute considérable de la demande et des prix pour la plupart des métaux et minéraux, ce qui a forcé de nombreuses sociétés minières canadiennes à cesser ou à réduire temporairement leur production afin d’équilibrer l’offre et la demande. En 2009, le taux d’utilisation des capacités est tombé à 55 % et le PIB réel a chuté de 27 %, atteignant son plus bas niveau depuis le milieu des années 1990. La demande en provenance de la Chine et d’autres marchés émergents, ainsi que la reprise de l’économie américaine, ont contribué à redresser les prix des métaux et minéraux en 2010 et 2011. Il aura fallu cinq années, toutefois, pour que la production de l’industrie retourne aux niveaux enregistrés avant la récession. Après avoir atteint un sommet en 2011, les prix des métaux et minéraux ont recommencé à diminuer progressivement, puisque la Chine, qui consomme environ la moitié de la production mondiale de métaux, a ralenti la cadence de son industrialisation, entraînant une diminution de la demande. En 2015, les prix étaient retombés aux niveaux observés pendant la récession, rendant le développement de nouveaux projets tout simplement non viable économiquement. En raison de la faiblesse des prix, plusieurs entreprises ont dû mettre leurs projets en attente. Néanmoins, la production dans les projets déjà en opération a continué à augmenter. Le PIB réel a ainsi progressé à un taux moyen de 1,1 % par année sur la période 2009-2018. La hausse de la production fut entièrement attribuable à la croissance de l’emploi, puisque le nombre de travailleurs a progressé de 1,6 % annuellement. Après avoir chuté en 2009 et 2010, l’emploi s’est pleinement rétabli en 2011 et a enregistré des gains relativement constants par la suite.

L’industrie minière canadienne devrait connaître une croissance plutôt modeste sur la période de projection. On anticipe que la hausse de la demande, combinée à un ralentissement de la capacité de production sur la scène mondiale, se traduira par un resserrement du marché et contribuera à soutenir les prix. Bien que ceux-ci ne devraient pas remonter aux niveaux atteints en 2011, les prix de plusieurs matières premières extraites au Canada, comme l’or et le cuivre, ont augmenté ces dernières années, stimulant de nouveaux investissements dans d’importants projets miniers à travers le pays. Alors que la Chine devrait continuer à influencer les marchés des métaux, on s’attend à ce que les métaux utilisés dans les batteries pour alimenter des appareils comme des véhicules électriques soient en forte demande, ce qui contribuera à soutenir davantage le segment métallique de l’industrie minière. Outre la hausse de la capacité de production pour l’extraction des métaux (comme l’or, le cuivre, le nickel, le zinc, l’argent, le plomb, le fer), les perspectives sont prometteuses pour l’extraction des minéraux non métalliques grâce à la croissance continue de la production de potasse, un minerai utilisé comme engrais fertilisant. En tant que premier producteur mondial de potasse grâce à des gisements massifs en Saskatchewan, l’industrie minière canadienne devrait bénéficier du fait que la population mondiale croîtra plus rapidement que le volume des terres défrichées propices à l’agriculture, augmentant la demande pour des rendements agricoles plus élevés. Le Canada détient également des réserves considérables de sable, de gravier et de pierres, notamment en Ontario et en Alberta. La demande pour ces types de minerais est largement tributaire des activités de construction en Amérique du Nord.

En moyenne, le PIB réel de l’industrie minière devrait croître à un taux annuel de 0,7 % sur la période 2019-2028, enregistrant l’essentiel de cette croissance durant la première moitié de la période de projection, ce qui coïncide avec la hausse de la production au sein de nouveaux projets d’envergure. Une croissance plus modérée de la production ainsi qu’un léger redressement de la productivité dans les cinq dernières années de la projection sont les principaux facteurs qui viendront restreindre la croissance de l’emploi au taux moyen de 0,6 % par année. Les avancées dans les techniques d’arpentage par GPS, la cartographie à trois dimensions, les technologies aéroportées, l’équipement télécommandé, les systèmes de chargement et de transport automatisés, la robotique de pointe, et la cartographie sismique devraient contribuer à redresser la productivité et à renverser le taux de croissance négatif enregistré durant la période 2009-2018.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’extraction minière

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans l’extraction minière. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’extraction minière (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,1 1,6
2019-2028 0,7 0,6

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


Date de modification :