Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Construction

(SCIAN 2361-2362; 2371-2379; 2381-2389)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est la construction, la réparation et la rénovation d’immeubles et d’ouvrages de génie civil, ainsi que le lotissement et l’aménagement de terrain. Ces établissements peuvent exercer leurs activités pour leur propre compte ou pour celui d’autres établissements avec qui ils sont liés par contrat. Ils peuvent être responsables de l’exécution de l’ensemble ou d’une partie du projet de construction. L’industrie est composée des trois segments suivants : construction de bâtiments (résidentiels, commerciaux et industriels), travaux de génie civil (tels que routes, ponts, infrastructures publiques, installations minières, pétrolières et gazières), entrepreneurs spécialisés (tels que maçonnerie, peinture et électricité). Les activités de construction reposent sur le marché intérieur et dépendent principalement de l’investissement résidentiel et non résidentiel, lequel est particulièrement sensible aux fluctuations des conditions économiques et financières ainsi qu’aux tendances démographiques au Canada. L’industrie comptait 1,4 million de travailleurs en 2018 (7,7 % de l’emploi total dans l’économie), dont 57 % dans les entrepreneurs spécialisés, 32 % dans la construction résidentielle et non résidentielle et 11 % dans les travaux de génie civil (voir la note en bas de page pour les données sur le PIB)[2]. L’emploi est principalement concentré en Ontario (37 %), Québec (17 %), Alberta (17 %) et Colombie-Britannique (17 %). La main-d’œuvre est caractérisée par une forte proportion de travailleurs masculins (87 %) et de travailleurs autonomes (27 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses du personnel des métiers industriels, de la construction, de l’électricité et du personnel assimilé (7201-7205)
  • Gestionnaires en construction et rénovation domiciliaire (0712)
  • Charpentiers-menuisiers/charpentières-menuisières (7271)
  • Aides de soutien des métiers et manœuvres en construction (7611)
  • Électriciens/électriciennes (7241)
  • Directeurs/directrices de la construction (0711)
  • Conducteurs/conductrices d’équipement lourd (7521)
  • Plombiers/plombières (7251)
  • Peintres et décorateurs/décoratrices (7294)
  • Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses des équipes d’opérateurs d’équipement lourd (7302)
  • Plâtriers/plâtrières, poseurs/poseuses et finisseurs/finisseuses de systèmes intérieurs et latteurs/latteuses (7284)
  • Personnel d’installation, d’entretien et de réparation d’équipement résidentiel et commercial (7441)
  • Mécaniciens/mécaniciennes en chauffage, réfrigération et en climatisation (7313)
  • Couvreurs/couvreuses et poseurs/poseuses de bardeaux (7291)
  • Monteurs/monteuses de charpentes métalliques (7236)
  • Conducteurs/conductrices de camions de transport (7511)
  • Estimateurs/estimatrices en construction (2234)
  • Tuyauteurs/tuyauteuses, monteurs/monteuses d’appareils de chauffage et poseurs/poseuses de gicleurs (7252)
  • Poseurs/poseuses de revêtements d’intérieur (7295)
  • Finisseurs/finisseuses de béton (7282)
  • Briqueteurs-maçons/briqueteuses-maçonnes (7281)
  • Tôliers/tôlières (7233)
  • Carreleurs/carreleuses (7283)
  • Calorifugeurs/calorifugeuses (7293)
  • Grutiers/grutières (7371)
  • Inspecteurs/inspectrices en construction (2264)
  • Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd (7312)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens/mécaniciennes industrielles (7311)
  • Constructeurs/constructrices et mécaniciens/mécaniciennes d’ascenseurs (7318)
  • Ébénistes (7272)
  • Vitriers/vitrières (7292)
  • Ingénieurs civils/ingénieures civiles (2131)
  • Foreurs/foreuses et dynamiteurs/dynamiteuses de mines à ciel ouvert, de carrières et de chantiers de construction (7372)
  • Monteurs/monteuses de lignes et de câbles de télécommunications (7245)
  • Monteurs/monteuses d’installations au gaz (7253)
  • Personnel d’entretien des canalisations d’eau et de gaz (7442)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie civil (2231)
  • Monteurs/monteuses de lignes électriques et de câbles (7244)
  • Installateurs/installatrices de brûleurs à l’huile et à combustibles solides (7331)
  • Chaudronniers/chaudronnières (7234)
  • Foreurs/foreuses de puits d’eau (7373)

L’industrie de la construction a affiché une croissance plutôt modérée au sein de l’économie canadienne au cours des dix dernières années, puisque la production a connu des fluctuations considérables. Avant la récession de 2008 2009, l’industrie était en plein essor, stimulée par une forte augmentation de l’investissement non résidentiel, particulièrement dans le secteur énergétique pour le développement des sables bitumineux en Alberta, ainsi que par une hausse appréciable de l’investissement résidentiel, incluant les dépenses de rénovation. En 2009, le PIB et l’emploi de l’industrie ont été durement touchés par la récession, puisque l’investissement non résidentiel et l’investissement résidentiel ont chuté de 20 % et 7 % respectivement. L’industrie s’est rapidement rétablie en 2010 et a affiché une croissance robuste jusqu’en 2014, stimulée par une hausse substantielle des dépenses en capital dans le secteur énergétique et par des taux hypothécaires historiquement bas. Cependant, les activités de construction ont accusé un nouveau recul en 2015 et 2016, en raison d’une baisse marquée de l’investissement non résidentiel, causée principalement par la chute des investissements dans les ouvrages de génie liés aux installations pétrolières et gazières suite à l’effondrement des prix du pétrole brut et à la faiblesse des prix du gaz naturel. Cette situation a entraîné des retards ou des annulations dans les projets énergétiques de grande envergure, incluant les projets associés aux sables bitumineux en Alberta et à la construction de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) en Colombie-Britannique. Bien que les activités de construction se soient partiellement redressées en 2017-2018, elles sont demeurées inférieures à leur niveau de 2014 en raison de la faiblesse de l’investissement non résidentiel et, plus récemment, d’une diminution de l’investissement résidentiel. En moyenne, le PIB réel dans l’industrie de la construction a progressé à un taux annuel de 1,8 % au cours de la période 2009-2018, comparativement à 1,6 % pour l’emploi. La faible croissance de la productivité s’explique par le fait que l’industrie est passée à la réalisation de projets de moindre envergure effectués par des firmes de plus petites tailles, donc moins productives. Cette situation reflète également le fait que la construction est une industrie très intensive en main d’œuvre, employant 50 % plus de travailleurs par unité de production que la moyenne de l’ensemble des industries productrices de biens.

Au cours de la période 2019-2028, la croissance du PIB réel dans l’industrie de la construction devrait ralentir considérablement par rapport à la décennie précédente, en raison d’une croissance plus lente de l’investissement résidentiel et non résidentiel. Le ralentissement anticipé dans la croissance de l’investissement résidentiel reflète un certain nombre de facteurs qui influencent la construction de maisons neuves, les dépenses de rénovation et les coûts de transfert de propriété (liés à la revente de maisons existantes). Des règles plus strictes en matière d’hypothèques, le lourd endettement des ménages, le déclin anticipé dans le taux de formation des ménages et les mises en chantier, ainsi qu’une diminution de la construction de maisons unifamiliales au profit d’habitations multifamiliales sont autant de facteurs qui devraient venir freiner l’investissement dans le logement neuf. Les dépenses de rénovation et les coûts de transfert de propriété devraient également croître à un rythme plus lent, en raison d’un marché de la revente moins dynamique (en 2018, les prix de revente des maisons au Canada ont chuté pour la première fois depuis dix ans). Bien que les taux hypothécaires demeurent bas, toute hausse éventuelle des taux à plus long terme (en réponse aux pressions inflationnistes découlant du resserrement du marché du travail) viendrait freiner davantage l’investissement résidentiel.

Le ralentissement anticipé dans l’investissement non résidentiel est un autre facteur qui viendra limiter les activités de construction. Toutefois, cette situation reflète essentiellement la croissance anémique des investissements dans les ouvrages de génie reliés au secteur des ressources en réponse aux perspectives peu encourageantes concernant les prix du pétrole brut. En revanche, la croissance des investissements non résidentiels liés à la construction de bâtiments industriels et commerciaux devrait accélérer, stimulée par la nécessité d’augmenter la capacité de production industrielle, les faibles taux d’inoccupation des bureaux dans les régions de Toronto et Vancouver (les plus faibles de toute l’Amérique du Nord), et la demande accrue pour des espaces d’entreposage reliée à l’adoption grandissante du commerce électronique. Le programme d’infrastructure du gouvernement fédéral (186 milliards de dollars sur 12 ans) devrait également venir augmenter la construction d’ouvrages de génie publiques et de bâtiments institutionnels. Outre les infrastructures de transport conventionnel et de transport en commun et les infrastructures environnementales et rurales, ce programme comprend également des dépenses pour les "infrastructures sociales" telles que les établissements d’éducation préscolaire et de services de garde, les logements abordables, les soins à domicile et les infrastructures culturelles et récréatives. Enfin, malgré des perspectives peu encourageantes concernant les investissements du secteur privé dans les ouvrages de génie, l’industrie de la construction pourrait bénéficier d’un certain nombre de projets potentiels dans le secteur énergétique, notamment pour le développement de nouveaux pipelines et la construction de terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL).

En moyenne, le taux de croissance du PIB réel pour l’ensemble de l’industrie de la construction devrait se chiffrer à 1,1% par année sur la période 2019-2028, comparativement à 1,8 % au cours des dix années précédentes. Une croissance plus faible de la production et une croissance plus forte de la productivité se traduiront par un ralentissement considérable de la croissance de l’emploi au taux moyen de 0,5 % par année. L’accélération de la productivité devrait provenir de la composante résidentielle, plus précisément d’un changement dans la composition des mises en chantiers. En effet, en raison des changements démographiques et d’une plus grande urbanisation, on a observé une diminution de la construction de maisons unifamiliales au profit d’habitations à logements multiples (appartements et copropriétés). Les deux tiers des habitations construites au Canada sont maintenant de type multifamilial, comparativement à la moitié au milieu des années 2000. Puisque les habitations à logements multiples requièrent davantage de machinerie et moins de main-d’œuvre par unité de production, la productivité devrait croître à un rythme plus rapide dans l’industrie de la construction.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la construction

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans la construction. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la construction (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,8 1,6
2019-2028 1,1 0,5

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[2]La ventilation pour le PIB réel de l’industrie de la construction ne correspond pas aux codes SCIAN puisque les données sur le PIB reposent sur les dépenses en immobilisations. Selon cette ventilation particulière, la construction d’immeubles résidentiels et non résidentiels représentait 51% du PIB réel de l’industrie en 2018, comparativement à 18% pour les activités de rénovation et 31% pour les ouvrages de génie et autres activités de construction. Retourner au texte.


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