Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Activités de soutien à l'extraction minière, pétrolière et gazière

(SCIAN 2131)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est la prestation, en vertu d’ententes contractuelles ou contre rémunération, de services de soutien nécessaires à l’extraction minière et à l’extraction en carrière de minéraux de même qu’à l’extraction de pétrole et de gaz, comme les opérations de forage. Elle comprend également les établissements dont l’activité est l’exploration visant des minéraux autres que le pétrole et le gaz, comme le prélèvement d’échantillons de minerai et les observations géologiques sur les sites de prospection. L’industrie est essentiellement orientée vers le marché intérieur puisque la majorité de sa production est destinée aux activités prenant place au Canada. L’industrie comptait 91 700 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Alberta (68 %), loin devant la Colombie Britannique (9 %) et la Saskatchewan (9 %). La main-d’œuvre est caractérisée par une forte proportion de travailleurs masculins (85 %) et les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Foreurs/foreuses et personnel de mise à l’essai et des autres services reliés à l’extraction de pétrole et de gaz (8232)
  • Entrepreneurs/entrepreneuses et surveillants/ surveillantes du forage et des services reliés à l’extraction de pétrole et de gaz (8222)
  • Personnel du forage et de l’entretien des puits de pétrole et de gaz et personnel assimilé (8412)
  • Directeurs/directrices de l’exploitation des ressources naturelles et de la pêche (0811)
  • Mineurs/mineuses d’extraction et de préparation, mines souterraines (8231)
  • Manœuvres de forage et d’entretien des puits de pétrole et de gaz, et personnel assimilé (8615)
  • Surveillants/surveillantes de l’exploitation des mines et des carrières (8221)
  • Conducteurs/conductrices de camions de transport (7511)
  • Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd (7312)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311)

La performance de cette industrie est étroitement liée aux investissements destinés à l’exploration et à l’extraction minière, pétrolière et gazière. L’industrie des combustibles est le plus important contributeur, puisque le volume de production dans les activités de soutien à l’extraction pétrolière et gazière est environ quatre fois supérieur à celui des activités de soutien à l’extraction minière. Le nombre de puits en activité et les nouveaux projets de forage sont les principaux moteurs de croissance des activités de soutien et dépendent fortement des prix du pétrole, du gaz et des métaux de base, lesquels sont quant à eux déterminés par la demande mondiale de produits énergétiques et de matières premières. La flambée des prix observée avant la récession mondiale de 2008-2009 a engendré des investissements importants dans les industries des combustibles et des mines, stimulant les activités de soutien tels que le forage, l’excavation, la construction et le pompage de puits gaziers et pétroliers. Bien que la production ait fléchi temporairement en 2009 suite à une baisse cyclique du prix des matières premières et des investissements, elle s’est rapidement rétablie au cours des deux années suivantes et a continué d’afficher une croissance robuste jusqu’en 2014. Toutefois, l’industrie a été sévèrement touchée par l’effondrement des prix du pétrole brut observé en 2014-2015. En raison d’une baisse substantielle des investissements des producteurs pétroliers, la production de l’industrie a chuté radicalement en 2015-2016, enregistrant une baisse cumulative de 46 % en deux ans seulement. Bien que la production se soit partiellement redressée en 2017-2018, suite à un léger rebondissement des prix du pétrole, les investissements sont demeurés bien inférieurs aux niveaux observés en 2014. La chute des prix du pétrole et la faiblesse des prix du gaz naturel ont entraîné une croissance négative du PIB réel dans l’industrie pour l’ensemble de la période 2019-2028 au taux moyen de 1,7 % par année. L’emploi a également reculé de façon notable au cours de cette période, affichant une baisse de 1,2 % par année, suite à des licenciements massifs de 2013 à 2017. Le recul de l’emploi a toutefois été moins sévère que le recul du PIB réel, ce qui s’est traduit par une croissance négative de la productivité dans l’industrie au cours des dix dernières années.

Au cours de la période 2019-2028, la croissance de la production dans l’industrie devrait revenir en territoire positif, pour se situer à 0,4 % par année en moyenne. Même si cette amélioration semble significative par rapport aux dix années précédentes, elle est légèrement trompeuse, puisque les fortes baisses de la production enregistrées en 2015 et 2016 ont considérablement abaissé la moyenne de la dernière décennie. Après avoir augmenté modestement en 2017 et 2018, la production de l’industrie devrait diminuer à nouveau en 2019 et connaître une croissance modérée sur la période de projection, principalement en raison de perspectives peu encourageantes concernant les prix du pétrole brut et les investissements dans les sables bitumineux. En effet, le ralentissement anticipé dans la croissance économique mondiale, la montée de la production du gaz et pétrole de schiste aux États-Unis, et les contraintes de transport associées à la trop faible capacité des pipelines continueront de peser sur les prix de l’énergie et les investissements. L’investissement total dans l’industrie pétrolière et gazière a chuté de 52 % entre 2014 et 2018 et devrait diminuer de nouveau en 2019. La décision de réduire la production de pétrole en Alberta jusqu’en décembre 2020 (afin de stabiliser les prix et diminuer l’écart des prix entre les États-Unis et le Canada) devrait également venir restreindre les activités de forage et les décisions d’investissement à court terme. Certaines grandes firmes étrangères ont quitté le pays et l’incertitude entourant l’achèvement de nouveaux pipelines mine la confiance des entreprises. De plus, tout nouveau projet de grande envergure est de plus en plus à risque de faire face à l’opposition des groupes environnementaux et d’un segment de la population autochtone, ce qui rend les projets plus difficiles à justifier et provoque des délais supplémentaires. Les préoccupations de l’opinion publique se sont traduites par la récente introduction de la taxe fédérale sur le carbone et par une législation plus stricte en matière d’évaluation environnementale.

Malgré ces difficultés, cinq projets de sables bitumineux sont actuellement en cours de construction en Alberta, dont trois projets majeurs qui doivent être achevés d’ici 2023. Il existe également deux grands projets d’investissement liés à la production de gaz naturel liquéfié (GNL): le projet GNL Canada en Colombie-Britannique (40 milliards de dollars) et le projet Goldboro en Nouvelle-Écosse (10 milliards de dollars). Si ces projets s’avèrent fructueux, ils permettront au Canada d’exporter du gaz naturel liquéfié vers de nouveaux marchés, ce qui augmentera les revenus et stimulera les investissements dans l’industrie gazière. De tels développements dans l’industrie du pétrole et du gaz, ainsi que des investissements supplémentaires de la part de l’industrie minière, devraient venir soutenir la croissance des activités de soutien sur la période de projection. Le modeste redressement anticipé dans la production devrait également être accompagné par un regain de croissance de l’emploi à un taux moyen de 1,5 % par année sur la période 2019-2028. Toutefois, on projette que le PIB réel et l’emploi dans l’industrie demeureront bien en deçà des niveaux observés en 2014. Dans l’intervalle, la productivité devrait continuer à diminuer, quoiqu’à un rythme plus lent qu’au cours des dix années précédentes.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les activités de soutien à l’extraction minière et à l’extraction de pétrole et de gaz

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les activités de soutien à l’extraction minière et à l’extraction de pétrole et de gaz. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les activités de soutien à l’extraction minière et à l’extraction de pétrole et de gaz (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 -1,7 -1,2
2019-2028 0,4 0,6

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


Date de modification :