Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Véhicules automobiles, remorques et pieces

(SCIAN 3361; 3362; 3363)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est la fabrication de véhicules automobiles (38 % de la production totale en 2018); de pièces pour véhicules automobiles, y compris les moteurs (55 %); ainsi que de carrosseries et cabines de véhicules automobiles, de remorques de camions et remorques d’usage non commercial (7%). Dans l’ensemble, l’industrie repose fortement sur les exportations puisque 80 % de la production est destinée à l’étranger, principalement aux États Unis (95 % des exportations totales). Les trois segments n’ont toutefois pas le même degré de dépendance aux exportations. La fabrication de véhicules automobiles est la plus fortement orientée vers les exportations (93 %), suivie de la fabrication de pièces pour véhicules automobiles (57 %) et la fabrication de carrosseries et de remorques (42 %). L’industrie comptait 163 800 travailleurs en 2018 (9,5 % de l’emploi manufacturier), dont 33 % dans la fabrication de véhicules automobiles, 56 % dans la fabrication de pièces pour véhicules automobiles, et 11 % dans la fabrication de carrosseries et de remorques. L’emploi est surtout concentré en Ontario (81 %) et la main-d’œuvre est en grande partie composée de travailleurs masculins (76 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Opérateurs/opératrices de machines d’autres produits métalliques (9418)
  • Assembleurs/assembleuses, contrôleurs/contrôleuses et vérificateurs/vérificatrices de véhicules automobiles (9522)
  • Surveillants/surveillantes dans la fabrication de véhicules automobiles (9221)
  • Opérateurs/opératrices de machines à travailler les métaux légers et lourds, et de machines de formage (9416)
  • Soudeurs/soudeuses et opérateurs/opératrices de machines à souder et à braser (7237)
  • Ingénieurs mécaniciens/ingénieurs mécaniciennes (2132)
  • Manœuvres en métallurgie (9612)
  • Outilleurs-ajusteurs/outilleuses-ajusteuses (7232)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie mécanique (2232)
  • Peintres, enduiseurs/enduiseuses et opérateurs/opératrices de postes de contrôle dans le finissage du métal – secteur industriel (9536)
  • Opérateurs/opératrices de machines d’usinage (9417)
  • Monteurs/monteuses et contrôleurs/contrôleuses de matériel mécanique (9526)

Au cours de la dernière décennie, l’industrie a connu des moments difficiles qui s’expliquent principalement par la hausse des importations sur le marché nord-américain et par les impacts de la récession de 2008-2009. Outre le changement dans les préférences de consommateurs vers des véhicules de fabrication asiatique plus écoénergétiques, la récession a entraîné une chute radicale des ventes de véhicules neufs aux États-Unis, qui ont atteint leur plus bas niveau en 27 ans. Les trois constructeurs automobiles de Détroit ont donc entrepris d’importantes mesures de restructuration afin d’éviter la faillite, incluant des renégociations salariales et des restrictions budgétaires visant à maîtriser les coûts liés aux pensions de retraite. Après la mise en place de ces nouvelles structures salariales, le secteur automobile canadien est redevenu un concurrent plus efficace sur le marché mondial, mais cela n’a pas suffi à contrebalancer le déplacement de la production vers le Mexique, où les salaires horaires varient de 8 à 10 dollars américains, contre 40 à 60 dollars américains au Canada. C’est ainsi que la part du Mexique dans la production de véhicules légers en Amérique du Nord s’élève dorénavant à 23 %, comparativement à 12 % pour le Canada. Après avoir chuté de façon importante en 2008 et 2009, la production et l’emploi dans l’industrie canadienne se sont partiellement rétablis de 2010 à 2014, grâce à l’accumulation d’une énorme demande refoulée aux États-Unis pendant la récession ainsi qu’à des conditions de financement plus souples. La production est demeurée relativement stagnante ces dernières années suite à l’érosion graduelle de la demande refoulée et au déplacement des préférences des consommateurs vers les camions légers (véhicules utilitaires sport (VUS) et camionnettes), qui représentent maintenant plus des deux tiers de la production de véhicules automobiles au Canada. La croissance du PIB réel s’est ainsi établie à 1,0 % par année en moyenne pour l’ensemble de la période 2009-2018, quoique le niveau actuel de production au sein de l’industrie demeure nettement inférieur à son sommet historique de 2005. Après avoir atteint un creux en 2010, l’emploi s’est légèrement redressé au cours des trois années suivantes et est demeuré relativement stable depuis 2014. Ceci s’est traduit par un déclin net de l’emploi au taux moyen de 1,0 % par année sur la période 2009-2018, laissant l’industrie avec moins des deux tiers de la main-d’œuvre observée au début des années 2000. Cette situation reflète une hausse considérable de la productivité attribuable à la forte intensité en capital de l’industrie, qui est de 66 % supérieure à la moyenne du secteur manufacturier.

Au cours de la période de projection, l’industrie devrait enregistrer une croissance légèrement plus faible de sa production suite au ralentissement anticipé dans les ventes de véhicules automobiles au Canada et aux États-Unis. En effet, la hausse du prix des véhicules, le lourd endettement des ménages, la baisse des ventes de véhicules de passagers, et le vieillissement de la population devraient venir freiner la croissance de la demande de véhicules neufs par rapport à la décennie précédente. Toutefois, le déplacement de la production vers des camions légers à haute valeur ajoutée et à marge bénéficiaire élevée dans la gamme de produits des constructeurs automobiles canadiens aidera à contrebalancer la stagnation des ventes à l’unité. Ceci profitera également aux fabricants canadiens de pièces automobiles puisque les camions légers sont plus volumineux et nécessitent davantage de composantes par véhicule que les voitures de passagers. D’autres modèles feront leur entrée dans la gamme de production canadienne, notamment les modèles RAV4 et Lexus NX de Toyota. Ces développements devraient venir augmenter la valeur et le volume d’achat de pièces automobiles au Canada à moyen terme. En plus de la transition vers des véhicules haut de gamme, les constructeurs automobiles investissent massivement dans le développement de technologies destinées aux véhicules électriques, connectés et autonomes. Des normes plus strictes en matière d’émission de gaz à effet de serre (GES) obligent les constructeurs automobiles à développer des véhicules plus économes en carburant, ce qui accélère l’allègement et l’électrification des différentes composantes qui entrent dans la fabrication des véhicules traditionnels. Ceci incitera les constructeurs automobiles à innover et à utiliser de nouveaux types de matériaux, ainsi que des procédés de design et de fabrication plus avancés.

Heureusement, le Canada est bien positionné pour tirer avantage de ces nouveaux développements grâce à son corridor de haute technologie Toronto-Waterloo, à sa main-d’œuvre hautement qualifiée, ainsi qu’aux différents programmes financiers mis en œuvre par le gouvernement fédéral et celui de l’Ontario afin d’attirer les investissements et à renforcer la compétitivité des constructeurs automobiles et fabricants de pièces. Les relations commerciales du Canada avec les États-Unis se sont également améliorées. L’administration américaine a supprimé les droits de douane sur l’acier et l’aluminium au Canada, ce qui a permis de réduire les coûts des matériaux et d’augmenter les marges de profits des constructeurs automobiles, et d’éliminer un obstacle majeur à la ratification de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM). La faible valeur du dollar canadien aidera également à stimuler les exportations et à réduire le coût de la main-d’œuvre canadienne par rapport aux États-Unis. En moyenne, le PIB réel de l’industrie devrait augmenter à un taux annuel de 0,7 % sur la période 2019-2028. Malgré une croissance plus lente de la production par rapport à la décennie précédente, la croissance de l’emploi devrait revenir en territoire positif, se chiffrant à 0,3 % par année en moyenne. Bien que la croissance de la productivité ne devrait pas être aussi robuste qu’au cours des dix dernières années, l’industrie devra continuer à améliorer son efficacité et sa compétitivité puisque les entreprises de haute technologie et les fabricants de produits électroniques sont de plus en plus présents dans les nouvelles technologies automobiles. L’industrie continuera également de développer des processus de fabrication plus avancés, comme l’utilisation de l’intelligence artificielle et l’impression 3D pour produire des pièces automobiles plus légères.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les véhicules automobiles, remorques et pièces

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les véhicules automobiles, remorques et pièces. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les véhicules automobiles, remorques et pièces (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,0 -1,0
2019-2028 0,7 0,3

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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