Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Extraction de pétrole et de gaz

(SCIAN 2111)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est l’exploitation de champs de pétrole ou de gaz, notamment l’exploration pétrolière et gazière, le forage, la complétion et l’équipement des puits ainsi que d’autres activités de préparation du pétrole et du gaz. Elle inclut l’exploitation de puits de pétrole par des techniques conventionnelles de pompage ainsi que l’exploitation de schiste argileux de surface ou de sables bitumineux par des méthodes non conventionnelles. La production non conventionnelle représente aujourd’hui environ 70 % de la production intérieure totale. Le Canada est le cinquième plus important producteur de pétrole brut au monde et le quatrième plus important producteur de gaz naturel. L’Alberta a toujours été le principal producteur au pays, s’appropriant environ 75 % de la production totale de pétrole et de gaz, suivie de la Colombie Britannique (principalement du gaz), la Saskatchewan (principalement du pétrole), et Terre Neuve et Labrador (pétrole). Environ 80 % du pétrole brut et près de la moitié du gaz naturel produits au Canada sont exportés, principalement vers les États-Unis. D’autre part, plus du tiers du pétrole brut utilisé dans les raffineries domestiques et environ 20 % du gaz naturel consommé dans le pays sont importés. L’industrie comptait 92 000 travailleurs en 2018, largement concentrés en Alberta (84 %). La main-d’œuvre est en grande partie composée de travailleurs masculins (77 %) et les salaires sont parmi les plus élevés au pays, soit plus du double de la moyenne de l’ensemble des industries. Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Foreurs/foreuses et personnel de mise à l’essai et des autres services reliés à l’extraction de pétrole et de gaz (8232)
  • Entrepreneurs/entrepreneuses et surveillants/surveillantes du forage et des services reliés à l’extraction de pétrole et de gaz (8222)
  • Ingénieurs/ingénieures de l’extraction et du raffinage du pétrole (2145)
  • Opérateurs/opératrices de salle de commande centrale et de conduite de procédés industriels dans le raffinage du pétrole et le traitement du gaz et des produits chimiques (9232)
  • Directeurs/directrices de l’exploitation des ressources naturelles et de la pêche (0811)
  • Agents/agentes aux achats (1225)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de centrales et opérateurs/opératrices de réseaux électriques (9241)
  • Géoscientifiques et océanographes (2113)
  • Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd (7312)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311)
  • Techniciens/techniciennes et mécaniciens/ mécaniciennes d’instruments industriels (2243)
  • Tuyauteurs/tuyauteuses, monteurs/monteuses d’appareils de chauffage et poseurs/poseuses de gicleurs (7252)
  • Manœuvres de forage et d’entretien des puits de pétrole et de gaz, et personnel assimilé (8615)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en géologie et en minéralogie (2212)

L’industrie canadienne de l’extraction du pétrole et du gaz a prospéré et a perduré à une époque où le marché de l’énergie a évolué sous différentes forces. Entre 2003 et 2008, le prix du pétrole brut a augmenté de façon marquée puisque la forte croissance économique en Chine et dans d’autres marchés émergents est venue accroître la demande mondiale de produits énergétiques. La hausse des prix a stimulé les investissements dans l’industrie et a contribué à l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Bien que la production et les prix ont fortement diminué pendant la récession de 2008-2009 en raison de la chute de la demande mondiale, ceux-ci se sont rapidement rétablis durant les deux années subséquentes. Par la suite, l’amélioration des technologies de forage et de fracturation a permis de débloquer d’énormes réserves de pétrole et de gaz de schiste en Amérique du Nord, particulièrement aux États-Unis qui ont réduit de façon considérable leur dépendance en matière d’importation énergétique. L’augmentation de la production américaine a incité les pays membres de l’OPEP à assouplir leurs quotas de production pour regagner des parts de marché, ce qui a entraîné une offre excédentaire sur le marché mondial et un effondrement des prix du pétrole brut en 2014-2015. Les prix du pétrole ont atteint un plancher en 2016, avant d’augmenter légèrement en 2017-2018. Malgré la faiblesse des prix, la production a continué de croître, principalement soutenue par une plus grande capacité de production dans les sables bitumineux suite à de nombreuses années d’investissements. Ceci s’est traduit par un taux de croissance moyen du PIB réel de 3,6 % par année sur l’ensemble de la période 2009-2018. Cependant, la croissance de l’emploi a été beaucoup plus modeste, enregistrant une moyenne annuelle de 0,6 %. Cela reflète des pertes d’emplois importantes en réponse à la baisse des investissements et des activités de forage découlant du choc pétrolier de 2014-2015. La productivité a également augmenté de manière significative au cours de la dernière décennie en raison des progrès remarquables réalisés dans les techniques de fracturation hydraulique et de forage à direction horizontale et le fait que la capacité de production dans les sables bitumineux a augmenté tout en devenant moins intensive en main-d’œuvre. Selon Suncor[1], les coûts d’opération de l’entreprise par baril de pétrole sont passés de 30 dollars en 2012 à 24 dollars en 2018, soit une baisse de 20 %.

Le PIB réel dans l’industrie du pétrole et du gaz devrait augmenter de 2,0 % par année en moyenne sur la période 2019-2028, soit un ralentissement considérable par rapport aux dix années précédentes. Bien que les prix se soient redressés pour atteindre un niveau plus stable ces dernières années, ils demeurent largement inférieurs à leur niveau de 2014. Le ralentissement anticipé dans la croissance économique mondiale, la montée de la production du gaz et pétrole de schiste aux États-Unis, et les contraintes de transport associées à la trop faible capacité des pipelines continueront de peser sur les prix, les investissements et la production dans l’industrie. La décision de réduire la production de pétrole en Alberta jusqu’en décembre 2020, afin de stabiliser les prix et diminuer l’écart des prix entre les États-Unis et le Canada, est un autre facteur qui devrait venir restreindre les investissements du secteur énergétique au Canada à court terme. En raison du bas niveau des prix et des faibles perspectives en matière de forage, on anticipe également une croissance plutôt modeste dans l’industrie gazière.

Sur une note plus positive, trois grands projets de sables bitumineux devraient être achevés en Alberta d’ici 2023 : Le projet Aspen de l’Imperial Oil; l’expansion des activités de Syncrude à Mildred Lake; et le projet Meadow Creek de Suncor. À eux seuls, ces trois projets viendront ajouter près de 300 000 barils par jour à la production. D’ici là, la production conventionnelle bénéficiera de la construction de projets de drainage par gravité en Saskatchewan et du projet pétrolier et gazier de Bay du Nord à Terre-Neuve-et-Labrador. En outre, l’achèvement de GNL Canada et d’autres projets de gaz naturel liquéfié (GNL), tels que ceux de Goldboro en Nouvelle-Écosse et de Woodfibre en Colombie-Britannique, devraient venir stimuler les exportations et faire monter les prix du gaz naturel, ce qui permettra à l’industrie gazière de renouer avec la rentabilité à long terme. On prévoit donc que la croissance du PIB réel dans l’extraction de pétrole et de gaz proviendra en grande partie des sables bitumineux et de la production de gaz naturel liquéfié pour répondre à la demande étrangère, et ce, à partir de la deuxième moitié de la période de projection. La croissance de l’emploi devrait demeurer modeste, se situant à 0,5 % par année en moyenne sur la période 2019-2028. Les producteurs de pétrole continueront à réduire leurs coûts et tenteront d’augmenter l’efficacité de leurs opérations, alors que les producteurs de gaz naturel devraient réduire leurs effectifs afin de revenir à la rentabilité. Par conséquent, la productivité demeurera la plus importante source de croissance de la production au sein de l’industrie.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’extraction de pétrole et de gaz

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans l’extraction de pétrole et de gaz. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’extraction de pétrole et de gaz (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 3,6 0,6
2019-2028 2,0 0,5

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[1]Suncor, Report to Shareholders for the Fourth Quarter of 2018. Retourner au texte.


Date de modification :