Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Produits alimentaires et boissons

(SCIAN 3111-3119; 3121; 3122)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est la fabrication d’aliments, de boissons et de produits du tabac. La fabrication d’aliments représente de loin le plus important des trois segments, totalisant 81 % de la production en 2018, suivie par la fabrication de boissons (16 %) et des produits du tabac (3 %). L’industrie est fortement orientée vers le marché intérieur car environ les deux tiers de sa production est vendue au Canada. Toutefois, les marchés étrangers représentent une part croissante des ventes totales, les exportations représentant 31 % des recettes, comparativement à 24 % il y a dix ans. Avec 299 000 travailleurs en 2018, l’industrie est le plus important employeur du secteur manufacturier (17 % de l’emploi manufacturier). La plupart des travailleurs œuvrent dans le segment de la fabrication d’aliments (89 %) et l’emploi est fortement concentré en Ontario (37 %) et au Québec (29 %). La main-d’œuvre est caractérisée par une majorité de travailleurs masculins (60%) et les professions clés (CNP 4 chiffres) incluent :[3]

  • Opérateurs/opératrices de machines et de procédés industriels dans la transformation des aliments et des boissons (9461)
  • Manœuvres dans la transformation des aliments et des boissons (9617)
  • Surveillants/surveillantes dans la transformation des aliments et des boissons (9213)
  • Bouchers industriels/bouchères industrielles, dépeceurs-découpeurs/dépeceuses-découpeuses de viande, préparateurs/préparatrices de volaille et personnel assimilé (9462)
  • Boulangers-pâtissiers/boulangères-pâtissières (6332)
  • Échantillonneurs/échantillonneuses et trieurs/trieuses dans la transformation des aliments et des boissons (9465)
  • Ouvriers/ouvrières dans les usines de transformation du poisson et de fruits de mer (9463)
  • Manœuvres dans la transformation du poisson et des fruits de mer (9618)

L’industrie des produits alimentaires et boissons a été un chef de file en matière de croissance de la production manufacturière sur la période 2009-2018 (se situant au deuxième rang, derrière les produits en plastique et en caoutchouc). Cette situation s’explique en partie par le fait que la nourriture est un bien de première nécessité et est par conséquent moins sensible aux fluctuations cycliques de la demande agrégée. Contrairement à la plupart des industries manufacturières où la baisse de la production enregistrée pendant la récession de 2008-2009 a mis plusieurs années à se rétablir, la production de produits alimentaires et boissons est demeurée relativement stable de 2008 à 2013 et a augmenté fermement par la suite. Ceci s’est traduit par une croissance du PIB réel de 1,6 % par année en moyenne sur la période 2009-2018, enregistrant la plupart des gains dans le segment des produits alimentaires qui a progressé de 1,9 % annuellement. Bien que la hausse continue de la consommation intérieure ait été l’épine dorsale du segment des produits alimentaires au cours de la dernière décennie, la croissance de la production a été principalement alimentée par la hausse de la demande extérieure, en particulier celle des marchés américains et asiatiques. La baisse de la valeur du dollar canadien depuis 2014-2015 a également contribué à la hausse des exportations de produits alimentaires. En comparaison, la production dans les segments des boissons et du tabac a augmenté de seulement 0,4 % par année au cours de la période 2009-2018, puisque la croissance de la production a été contrainte par la pénétration accrue des importations de produits alcoolisés et une consommation réduite de cigarettes. Au cours des dernières années, l’intensification de la concurrence étrangère sur le marché des produits alimentaires et boissons a incité l’industrie canadienne à entreprendre un nombre important de restructurations et consolidations pour demeurer concurrentielle à l’échelle mondiale. Des usines de plus grande dimension ont permis aux fabricants de profiter d’économies d’échelle et de limiter les coûts par unité de production. Par ailleurs, les dépenses en immobilisations dans certains segments alimentaires ont recommencé à augmenter, bénéficiant de fortes entrées d’investissements directs étrangers grâce à un afflux de capitaux européens. Une plus grande utilisation de la technologie est venue accroître la productivité dans l’industrie et restreindre la croissance de l’emploi à 0,3 % par année en moyenne sur la période 2009-2018.

Au cours de la période 2019-2028, la croissance du PIB réel dans l’industrie des produits alimentaires et boissons devrait ralentir légèrement par rapport à la décennie précédente, principalement en raison de l’impact négatif du vieillissement de la population sur la consommation alimentaire, mais aussi en raison du ralentissement anticipé dans la croissance des dépenses de consommation en général. Il est largement admis que le besoin de s’alimenter tend à diminuer avec l’âge. Les données empiriques montrent d’ailleurs que les personnes âgées consacrent une proportion plus faible de leur revenu à l’alimentation et à l’habillement, en particulier lorsqu’elles sont retirées du marché du travail. En outre, le niveau élevé d’endettement des ménages et le ralentissement anticipé dans la croissance du revenu disponible (attribuable au ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler et aux retraites massives des baby-boomers) devraient également venir peser sur les dépenses de consommation. Bien que la nourriture soit une nécessité et que les dépenses alimentaires sont généralement moins sensibles aux fluctuations de la consommation des ménages, les dépenses alimentaires de nature discrétionnaire sont plus à risque de subir une baisse de la demande. Puisque l’expansion de la demande intérieure est plutôt limitée, la demande étrangère continuera d’être la principale source de croissance de la production dans l’industrie des produits alimentaires et boissons.

Le segment de l’industrie orienté vers les exportations devrait bénéficier de la valeur relativement faible du dollar canadien, de la vigueur de l’économie américaine, et de nouveaux débouchés commerciaux découlant de la récente inauguration de l’Accord économique et commercial global (AEGG) entre le Canada et l’Union européenne et de la mise en œuvre graduelle de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressif (PTPGP). On anticipe également que les exportations de produits alimentaires bénéficieront de la hausse des revenus et de l’expansion de la classe moyenne dans les marchés émergents. En général, les pays en développement affichent un taux de croissance démographique plus élevé que celui des pays développés, ainsi qu’une plus grande capacité à augmenter la consommation de produits alimentaires par habitant. En plus de renforcer la compétitivité des prix des exportations canadiennes de produits alimentaires et de boissons, la faible valeur du dollar canadien devrait venir augmenter les prix à l’importation et favoriser l’achat de produits locaux. La légalisation des produits comestibles à base de cannabis depuis octobre 2019 devrait également avoir un impact positif, quoique faible, sur les ventes de produits alimentaires à l’échelle nationale. On projette que la croissance du PIB réel de l’industrie sera de 1,2 % par année en moyenne sur la période 2019-2028, comparativement à 0,5 % pour l’emploi. Malgré la légère accélération de la croissance de l’emploi par rapport à la décennie précédente, la création d’emplois dans l’industrie continuera d’être contrainte par des gains de productivité car les innovations technologiques, notamment dans la robotique de pointe, devraient se traduire par une plus grande automatisation du processus de production.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les produits alimentaires et boissons

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les produits alimentaires et boissons. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les produits alimentaires et boissons (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,6 0,3
2019-2028 1,2 0,5

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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