Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Fabrication de produits en bois

(SCIAN 3211; 3212; 3219)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer différents produits à partir du bois. Elle se divise en trois segments distincts : scieries et préservation du bois (39 % de la production totale en 2018); fabrication de placages, de contreplaqués et de produits en bois reconstitués (29 %); et fabrication d’autres produits en bois (32 %). Dans l’ensemble, environ 50 % de la production est expédiée à l’étranger, en grande partie aux États-Unis qui représentent 79 % des exportations. La Chine est le deuxième plus grand marché d’exportation, quoique la part de ce pays dans les exportations canadiennes de produits en bois a diminué de 14 % à 7 % entre 2011 et 2018. Les trois segments de l’industrie sont caractérisés par des degrés différents d’exposition aux conditions économiques intérieures et extérieures. Les activités des scieries et de préservation du bois, ainsi que la fabrication de placages, de contreplaqués et de produits en bois reconstitués dépendent fortement de la demande étrangère car les exportations représentent 64 % et 55 % de leur production respective. À l’opposé, la fabrication d’autres produits en bois est davantage dépendante de la demande domestique puisque 77 % de sa production est vendue à l’intérieur du pays. L’industrie comptait 106 500 travailleurs en 2018 (6,2 % de l’emploi manufacturier), dont 36 % dans les scieries et la préservation du bois, 17 % dans la fabrication de placages, de contreplaqués et de produits en bois reconstitués, et 47 % dans la fabrication d’autres produits en bois. L’emploi est fortement concentré au Québec (33 %), en Ontario (25 %) et en Colombie Britannique (22 %), et la main d’œuvre est essentiellement composée de travailleurs masculins (81%). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Manœuvres dans le traitement des pâtes et papiers et la transformation du bois (9614)
  • Monteurs/monteuses et contrôleurs/contrôleuses d’autres produits en bois (9533)
  • Surveillants/surveillantes dans la transformation des produits forestiers (9215)
  • Opérateurs/opératrices de machines à scier dans les scieries (9431)
  • Autres opérateurs/opératrices de machines dans la transformation du bois (9434)
  • Classeurs/classeuses de bois d’œuvre et autres vérificateurs/vérificatrices et classeurs/classeuses dans la transformation du bois (9436)
  • Opérateurs/opératrices de machines à travailler le bois (9437)

L’effondrement du marché immobilier américain et la récession mondiale qui a suivi ont durement touché l’industrie canadienne des produits en bois de 2006 à 2009, alors que le PIB réel et l’emploi ont enregistré des reculs cumulatifs de 32 % et 26 % respectivement, en grande partie causés par la baisse substantielle des exportations. L’industrie a connu d’importantes restructurations durant cette période, puisque de nombreuses entreprises n’ont pu demeurer concurrentielles et ont été contraintes de cesser leurs activités. La production s’est progressivement redressée de 2010 à 2017, puisque l’amélioration des mises en chantiers aux États-Unis et l’essor du marché chinois sont venus stimuler la demande pour les produits en bois. La production s’est toutefois repliée légèrement en 2018 suite à la baisse de l’investissement résidentiel au Canada. Quant à l’emploi, celui-ci a continué de reculer en 2010 et est demeuré relativement stable de 2011 à 2015, avant de chuter à nouveau de 2016 à 2018, accusant une baisse de 28 %. En moyenne, le PIB réel a augmenté de 1,0 % par année au cours de la période 2009-2018, alors que l’emploi a diminué de 4,3 %. Durant cette période, l’industrie a perdu 59?400 travailleurs, soit 36 % de sa main d’œuvre. Cela signifie que la croissance de la production est entièrement provenue d’une hausse substantielle de la productivité, alimentée par une augmentation considérable de l’investissement en machines et équipements, une amélioration des technologies utilisées dans les scieries, une plus forte concentration des entreprises, des économies d’échelle plus importantes, ainsi qu’une plus grande valeur ajoutée associée au développement de nouveaux produits, notamment pour les fibres de bois.

Au cours de la période 2019-2028, la croissance du PIB réel dans l’industrie des produits du bois devrait ralentir légèrement par rapport aux dix années précédentes, alors que l’emploi devrait continuer à reculer, quoiqu’à un rythme beaucoup plus lent. On peut évidemment s’attendre à ce que les facteurs qui influencent cette industrie soient très similaires à ceux qui influencent l’industrie forestière. La demande pour les différents produits en bois, comme le bois d’œuvre, les panneaux, les fenêtres et les portes, continuera d’être alimentée par la construction de maisons et les activités de rénovation au Canada et aux États-Unis. Toutefois, la demande pour ces produits sera de plus en plus contrainte par le ralentissement anticipé dans l’investissement résidentiel en Amérique du Nord et par le changement dans la composition des mises en chantier, puisqu’on prévoit un déclin dans la construction de maisons unifamiliales au profit d’habitations à logements multiples (appartements et copropriétés) et que ces dernières nécessitent moins de bois par unité de production. Suite à la récente baisse des prix et au retour des tarifs américains sur le bois d’œuvre canadien, les scieries domestiques éprouvent également plus de difficultés à exporter de manière rentable vers le marché américain. De tels développements impliquent que la croissance future de l’industrie repose sur sa capacité à diversifier ses marchés d’exportation. Bien que la Colombie-Britannique ait réussi à pénétrer le marché chinois au cours de la dernière décennie, les autres provinces ont difficilement réussi à percer des marchés en dehors de l’Amérique du Nord et la montée de l’industrie forestière en Russie ne fera qu’intensifier la concurrence sur le marché chinois. Par ailleurs, les contraintes d’approvisionnement en bois, notamment en Colombie-Britannique et au Québec, devraient également venir peser sur les décisions d’investissement des entreprises canadiennes, réduisant ainsi le potentiel de l’industrie à produire et à exporter davantage.

Sur une note plus positive, l’utilisation croissante du bois comme matériau de rechange écologique dans la construction de bâtiments devrait venir supporter la demande de produits en bois à plus long terme. En effet, la construction en bois massif représente une opportunité importante pour l’industrie, en particulier lorsqu’on considère le ralentissement anticipé dans la construction de maisons unifamiliales en Amérique du Nord. Divers facteurs favorisent une plus grande utilisation du bois dans les immeubles de moyenne et de grande dimension, notamment les avancées technologiques dans les produits du bois, les préoccupations environnementales et les nouveaux standards de construction. Sous cette perspective, l’industrie pourrait bénéficier de l’accélération anticipée dans la construction de bâtiments non résidentiels au cours de la période de projection, contrebalançant en partie le ralentissement anticipé dans la construction résidentielle. En moyenne, la production devrait augmenter de 0,8 % annuellement sur la période 2019-2028, alors que l’emploi devrait continuer à diminuer, bien qu’à un rythme beaucoup plus lent de 0,4 % par année, puisque des perspectives plus faibles en matière d’investissement devraient se traduire par une croissance moins rapide de la productivité par rapport à la décennie précédente. Les progrès réalisés dans les technologies forestières, la gestion du transport et l’analyse des données continueront à restreindre la croissance de l’emploi et permettront de conserver un avantage concurrentiel sur les marchés intérieurs et extérieurs.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la fabrication de produits en bois

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans la fabrication de produits en bois. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la fabrication de produits en bois (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,0 -4,3
2019-2028 0,8 -0,4

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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