Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Impression et activités connexes

(SCIAN 3231)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fournir des services d’impression et d’autres activités connexes, comme les services de préparation de l’impression ou de reliure. L’impression est l’une des rares activités manufacturières qui ne soit pas significativement exposée aux changements de la conjoncture économique mondiale et à la variation de la valeur du dollar canadien puisque seulement 10 % de la production est exportée, principalement aux États-Unis (74 % des exportations totales). En 2018, l’industrie comptait 61 600 travailleurs (3,6 % de l’emploi manufacturier), fortement concentrés en Ontario (43 %) et au Québec (31 %). La main-d’œuvre est majoritairement composée de travailleurs masculins (67 %) et les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Opérateurs/opératrices de presses à imprimer (7381)
  • Designers graphiques et illustrateurs/illustratrices (5241)
  • Surveillants/surveillantes de l’imprimerie et du personnel assimilé (7303)
  • Autres manœuvres des services de transformation, de fabrication et d’utilité publique (9619)
  • Opérateurs/opératrices de machines à relier et de finition (9473)
  • Photograveurs-clicheurs/photograveuses-clicheuses, photograveurs-reporteurs/ photograveuses-reporteuses et autre personnel de prépresse (9472)
  • Opérateurs/opératrices d’équipement d’impression sans plaque (9471)
  • Techniciens/techniciennes en graphisme (5223)

La production et l’emploi dans l’industrie ont diminué de façon considérable depuis le début des années 2000, ce qui s’explique principalement par la baisse de la demande pour des documents imprimés causée par la transition vers les médias numériques. Plus précisément, les activités d’impression ont subi les contrecoups de l’utilisation accrue de technologies novatrices, comme les documents électroniques et les applications numériques. L’Internet a détourné les lecteurs des journaux, magazines et autres produits médiatiques imprimés sur papier. L’intensification des préoccupations environnementales a également incité les entreprises et les consommateurs à réduire leur utilisation de papier, notamment en éliminant les factures imprimées et les dépliants publicitaires. Le commerce et la facturation électroniques représentent des alternatives moins coûteuses pour les entreprises qui cherchent à réduire leurs dépenses, alors que les livres numériques continuent à gagner en popularité, réduisant la demande pour les produits imprimés traditionnels. L’impression de formulaires corporatifs est en déclin depuis de nombreuses années, car les formulaires numériques sont moins coûteux et leur suivi est plus facile à assurer. Les avancées récentes dans le domaine des signatures et documents électroniques sécurisés ont également contribué à amplifier cette tendance. En réponse à la baisse de la demande pour des documents imprimés, la production et l’emploi dans l’industrie ont continué à diminuer entre 2009 et 2014, avant de se stabiliser entre 2015 et 2018. Ceci s’est traduit par un déclin annuel net de 2,3 % dans le PIB réel et de 4,5 % dans l’emploi pour l’ensemble de la période 2009-2018. Depuis son sommet de 2003, l’emploi dans l’industrie a été éliminé de près de moitié à travers d’importantes consolidations visant à contenir les coûts, accroître l’efficacité et concentrer davantage les opérations au sein de grandes entreprises.

Au cours de la période de projection, la plupart des difficultés rencontrées ces dix dernières années demeureront problématiques pour l’industrie, car le remplacement des documents imprimés par des documents numériques devrait continuer à restreindre les activités d’impression. Les changements structurels dans la demande inciteront l’industrie à adopter des stratégies qui vont au-delà des processus d’impression traditionnels et à envisager des domaines caractérisés par une robuste demande corporative, tels que l’étiquetage, l’emballage, la sérigraphie commerciale et l’impression multi-surfaces. Parmi les exemples de nouvelles technologies d’impression, mentionnons l’impression effaçable, l’impression numérique tridimensionnelle pour l’emballage, et l’impression par jet d’encre sur divers matériaux, comme le papier, le bois, le textile, la céramique, le métal et le verre. Les plus grandes entreprises du Québec et de l’Ontario tentent de tirer parti de ces développements à travers l’acquisition de plus petites entreprises et d’équipements sophistiqués. Grâce à la hausse de la demande pour le contenu numérique ces dernières années, les entreprises ont également la possibilité de modifier et diversifier leur modèle opérationnel afin d’offrir davantage de services à valeur ajoutée, notamment des services de graphisme, de logistique, de commercialisation, de communication et de gestion du contenu en ligne. Bien que ces nouvelles possibilités ne devraient pas nécessairement se traduire par une forte expansion de l’industrie à long terme, elles pourraient aider à contrebalancer la baisse de la demande pour l’impression traditionnelle. Ainsi, la stabilisation observée au cours des dernières années devrait se poursuivre sur la période 2019-2028, puisqu’on projette que le PIB réel augmentera à un taux marginal de 0,1 % par année. Ceci devrait contribuer à atténuer l’ampleur des déclins futurs en matière d’emploi à un taux annuel de 1,0 %, c’est-à-dire à un rythme nettement moins sévère que durant la décennie précédente. À mesure que l’industrie délaissera les techniques d’impression traditionnelles au profit de l’impression numérique, on s’attend à ce que les entreprises augmentent leurs dépenses reliées aux technologies de l’information et des communications (TIC) tout en réduisant leurs dépenses en main-d’œuvre. Il pourrait toutefois y avoir une augmentation de la demande pour des travailleurs hautement qualifiés afin d’opérer ces technologies plus complexes.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’impression et activités connexes

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans l’impression et activités connexes. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’impression et activités connexes (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 -2,3 -4,5
2019-2028 0,1 -1,0

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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