Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Transformation des métaux et produits minéraux

(SCIAN 3241; 3271-3279; 3311-3315)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à transformer le pétrole brut et le charbon en produits intermédiaires et en produits finis (tels que des carburants, des liquides hydrauliques et de l’asphalte), à fabriquer des produits minéraux non-métalliques (tels que de briques, de la céramique, du ciment et du verre), ainsi qu’à fondre et à affiner des métaux de première transformation (comme le fer, l’acier, le cuivre et l’aluminium) pour la production de barres, de feuilles, de tuyaux, de tubes ou de câbles. Les métaux de première transformation représentent le plus important des trois segments, totalisant 40 % de la production en 2018, suivis de près par les produits du pétrole et du charbon (38 %) et les produits minéraux non métalliques (22 %). L’industrie exporte environ 40 % de sa production. Cependant, le segment des métaux de première transformation est le plus exposé aux conditions économiques internationales, car 70 % de sa production est destinée aux marchés extérieurs, dans une large mesure aux États Unis (76 % des exportations totales). L’industrie comptait 125 000 travailleurs en 2018 (7,2 % de l’emploi manufacturier), dont 55 % dans les métaux de première transformation, 34 % dans les produits minéraux non métalliques et 11 % dans les produits du pétrole et du charbon. L’emploi est largement concentré en Ontario (38 %) et au Québec (34 %), et la main-d’œuvre est essentiellement composée de travailleurs masculins (85 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Surveillants/surveillantes dans la transformation des métaux et des minerais (9211)
  • Opérateurs/opératrices de machines dans le traitement des métaux et des minerais (9411)
  • Opérateurs/opératrices de machines dans le façonnage et la finition des produits en béton, en argile ou en pierre (9414)
  • Manœuvres dans le traitement des métaux et des minerais (9611)
  • Grutiers/grutières (7371)
  • Opérateurs/opératrices de machines à former et à finir le verre et coupeurs/coupeuses de verre (9413)
  • Contrôleurs/contrôleuses et essayeurs/ essayeuses dans la transformation des métaux et minerais (9415)
  • Opérateurs/opératrices de poste centrale de contrôle et de conduite de procédés industriels dans le traitement des métaux et minerais (9231)
  • Ouvriers/ouvrières de fonderies (9412)
  • Opérateurs/opératrices de machines d’usinage (9417)

Puisque les plus grands utilisateurs de métaux de première transformation et de produits minéraux sont la fabrication manufacturière et la construction, l’industrie dépend étroitement du niveau d’activité dans ces deux secteurs. Le principal facteur à l’origine du léger recul de la production au cours des dix dernières années est l’impact négatif de la récession de 2008-2009 sur l’activité industrielle nord-américaine. En effet, plusieurs des produits de l’industrie servent d’intrants aux industries manufacturières telles que les véhicules motorisés, remorques et pièces, les produits chimiques, et les produits métalliques et machines, et ces trois industries ont été sévèrement touchées par la récession. Bien que la production de métaux primaires et de produits minéraux ait augmenté progressivement après la récession, le secteur de la construction a considérablement restreint la croissance de l’industrie en 2015-2016, car la forte baisse de l’investissement non résidentiel, plus particulièrement dans les ouvrages de génie liés aux installations pétrolières et gazières, est venu réduire la demande pour les produits de l’industrie utilisés comme matériaux de construction. Ceci s’est traduit par un léger recul du PIB réel de 0,1 % par année sur l’ensemble de la période 2009-2018. En comparaison, l’emploi a enregistré une baisse beaucoup plus prononcée de 2,0 % par année, laissant le nombre total d’emplois dans l’industrie bien en deçà des niveaux atteints au début des années 2000. Après avoir chuté radicalement pendant et peu après la récession, l’emploi est demeuré relativement stable dans les années qui ont suivi, malgré la reprise graduelle de la production. En effet, la nécessité d’améliorer la productivité et la compétitivité s’est traduite par des consolidations importantes et la fermeture des usines les moins productives.

Au cours de la période 2019-2028, on projette un regain de croissance dans l’industrie, en partie alimentée par l’accélération anticipée dans l’activité manufacturière au Canada, notamment dans la fabrication de produits chimiques, de produits métalliques et de machines. Une croissance plus lente, mais positive, des activités de construction devrait également venir augmenter la demande pour les métaux de première transformation et les produits minéraux. Malgré le ralentissement anticipé dans l’investissement résidentiel et les investissements des entreprises reliés aux ouvrages de génie, l’accélération projetée dans la construction d’immeubles commerciaux, industriels et institutionnels ainsi que l’ampleur des investissements du gouvernement fédéral dans les infrastructures publiques sont tous des facteurs qui viendront augmenter la demande pour la brique, la céramique, le verre, le ciment, le béton, l’asphalte, le fer, l’acier et l’aluminium. Les exportations devraient bénéficier d’une croissance économique saine aux États-Unis, de la valeur relativement faible du dollar canadien, et de la récente décision de l’administration américaine de supprimer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada. La signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait également garantir un libre accès au marché américain à long terme. Bien que les bas niveaux des prix du pétrole puissent aider les entreprises à réduire leurs coûts et augmenter leurs profits, l’industrie est très énergivore et sera donc contrainte d’adopter des méthodes de production plus écologiques en réponse à la mise en œuvre de la taxe fédérale sur le carbone.

On projette que la croissance du PIB réel de l’industrie reviendra en territoire positif sur la période 2019-2028, se chiffrant à 2,0 % par année en moyenne. Le redressement de la production devrait se traduire par un léger rebond de l’emploi à un taux moyen de 0,6 % par année. On anticipe toutefois que les gains de productivité engendrés par la modernisation de la machinerie, jumelés aux économies d’échelle découlant d’une production plus élevée, viendront freiner la croissance de l’emploi dans l’industrie. La numérisation des processus de construction peut améliorer la fabrication et l’efficacité de différents produits minéraux métalliques et non métalliques. Par exemple, la modélisation des informations sur les bâtiments qui utilise la technologie 3D permet une planification plus efficace du processus de construction de bâtiments et d’infrastructures.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la transformation des métaux et produits minéraux

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans la transformation des métaux et produits minéraux. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la transformation des métaux et produits minéraux (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 -0,1 -2,0
2019-2028 2,0 0,6

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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