Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Fabrication de produits métalliques et de machines

(SCIAN 3321-3329; 3331-3339)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer des produits en métaux ferreux et non ferreux (outils à main, produits d’architecture et éléments de charpente, chaudières, réservoirs, conteneurs d’expédition, ressorts, fils, écrous et vis) et les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer des machines industrielles et commerciales (utilisées dans les processus de production de diverses industries primaires et manufacturières ainsi que dans la construction et les services). La production de l’industrie est répartie de façon relativement égale entre ses deux segments : la fabrication de produits métalliques (48 % en 2018) et la fabrication de machines (52 %). Dans l’ensemble, l’industrie repose en grande partie sur les exportations puisqu’environ 60 % de sa production est destinée aux marchés extérieurs. Les deux segments n’ont toutefois pas le même degré d’exposition aux conditions économiques intérieures et extérieures. La fabrication de produits métalliques est largement tributaire de la demande intérieure, puisque 71 % de la production est vendue au Canada. À l’opposé, la fabrication de machines est plus sensible à la demande extérieure, puisque 90 % de la production est vendue à l’étranger, principalement aux États Unis (74% des exportations totales). L’industrie comptait 269 700 travailleurs en 2018 (15,6 % de l’emploi manufacturier), dont 56 % dans la fabrication de produits métalliques et 44 % dans la fabrication de machines. L’emploi est largement concentré en Ontario (43 %), au Québec (25 %) et en Alberta (13 %), et la main-d’œuvre est essentiellement composée de travailleurs masculins (84 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Machinistes et vérificateurs/vérificatrices d’usinage et d’outillage (7231)
  • Soudeurs/soudeuses et opérateurs/opératrices de machines à souder et à braser (7237)
  • Surveillants/surveillantes dans la fabrication d’autres produits métalliques et de pièces mécaniques (9226)
  • Manœuvres en métallurgie (9612)
  • Opérateurs/opératrices de machines d’autres produits métalliques (9418)
  • Opérateurs/opératrices de machines à forger et à travailler les métaux (9416)
  • Operateurs/opératrices de machines d’usinage (9417)
  • Monteurs/monteuses et contrôleurs/contrôleuses de matériel mécanique (9526)
  • Peintres, enduiseurs/enduiseuses et opérateurs/opératrices de procédés dans le finissage du métal – secteur industriel (9536)
  • Assembleurs/assembleuses, monteurs/ monteuses et contrôleurs/contrôleuses dans la fabrication de transformateurs et de moteurs électriques industriels (9525)
  • Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses des machinistes et du personnel des métiers du formage, du profilage et du montage des métaux et personnel assimilé (7201)
  • Assembleurs/assembleuses et ajusteurs/ ajusteuses de plaques et de charpentes métalliques (7235)
  • Ingénieurs mécaniques/ingénieures mécaniques (2132)
  • Outilleurs-ajusteurs/outilleuses-ajusteuses (7232)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie (2232)

L’industrie est étroitement liée à l’investissement des entreprises en machines et équipements, ainsi qu’à l’activité économique dans les secteurs primaire, manufacturier et de la construction, qui constituent les plus grands utilisateurs de produits métalliques et de machines. Puisque ces trois secteurs sont très sensibles aux cycles économiques, l’industrie de la fabrication des produits métalliques et de machines l’est également. Pendant la récession mondiale de 2008-2009, la production a chuté de 20 % et 37?000 emplois ont été perdus, s’ajoutant aux 24?000 licenciements enregistrés en 2006 et 2007. Stimulé par la reprise économique en Amérique du Nord et plus particulièrement par le redressement des activités manufacturières et de construction, le PIB réel s’est pleinement rétabli de 2010 à 2014, retournant aux niveaux atteints avant la récession. Cependant, le PIB a chuté de nouveau en 2015 et 2016, puisque les investissements des entreprises en machines et équipements et dans les ouvrages de génie ont fortement diminué au Canada et ont considérablement ralenti aux États-Unis, suite à l’effondrement des prix du pétrole brut. La production s’est finalement redressée en 2017-2018, stimulée par la reprise des investissements en machines et équipements en Amérique du Nord. Ceci s’est traduit par une croissance du PIB réel de 1,4 % par année en moyenne pour l’ensemble de la période 2009-2018. En comparaison, l’emploi a diminué à un taux moyen de 0,5 % par année, laissant le nombre total d’emplois dans l’industrie bien en deçà du niveau observé en 2005. Après avoir reculé pour une cinquième année consécutive en 2010, l’emploi a rebondi légèrement en 2011 et est demeuré relativement stable par la suite, malgré la hausse de la production. Cette situation peut s’expliquer par la nécessité d’améliorer la productivité en réponse à l’intensification de la concurrence mondiale, notamment en provenance de la Chine qui est devenue un exportateur important de machines et d’équipements.

Au cours de la période de projection, l’industrie devrait bénéficier d’un regain de croissance dans les investissements en machines et équipements et d’une croissance plus rapide de l’activité manufacturière au Canada. L’industrie devrait également bénéficier d’une croissance positive, quoique plus lente, des activités de construction et de perspectives encourageantes en matière d’exportations. Après avoir connu une croissance mitigée dans les investissements en machines et équipements pendant la dernière décennie, on s’attend à ce les entreprises canadiennes remplacent ou modernisent leur stock de capital en réponse aux innovations technologiques, aux pressions démographiques sur l’offre de main-d’œuvre et à la nécessité d’accroître la productivité. Ces facteurs entraîneront un redressement considérable des investissements en machines et équipements au Canada, augmentant la demande pour la machinerie industrielle et commerciale. La demande domestique pour les produits métalliques et les machines devrait également être stimulée par l’accélération anticipée dans la construction d’immeubles non résidentiels ainsi que par l’ampleur des investissements du gouvernement fédéral dans les infrastructures publiques. Ceci permettra d’atténuer en partie la faiblesse de l’investissement des entreprises relié aux ouvrages de génie, particulièrement dans les industries de l’extraction pétrolière et gazière. Par ailleurs, les exportations de produits métalliques et de machines devraient bénéficier d’une demande robuste en provenance des États-Unis, de la valeur relativement faible du dollar canadien, et de la récente décision de l’administration américaine de supprimer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada. La signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait également garantir un libre accès au marché américain à long terme, quoique le ralentissement anticipé dans les ventes de véhicules automobiles viendra tempérer la demande pour les produits métalliques.

Enfin, les efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre devraient entraîner des investissements importants pour développer des méthodes de fabrication manufacturière et de production d’électricité plus écologiques, ce qui favorisera les ventes de l’industrie au Canada et à l’étranger. À mesure que les investissements dans les machines et équipements continueront à augmenter pour améliorer la productivité, neutraliser les pénuries de main-d’œuvre et réduire les émissions de carbone, l’industrie aura l’opportunité de jouer un rôle majeur dans le développement des machines de prochaine génération. On projette que la croissance du PIB réel accélèrera considérablement sur la période 2019-2028, se chiffrant à 1,9 % par année en moyenne, soit le plus fort taux de croissance parmi les industries manufacturières. Ceci devrait se traduire par une reprise notable de l’emploi au taux moyen de 1,0 % annuellement. On anticipe toutefois qu’une part importante de la croissance de la production proviendra de gains supplémentaires dans la productivité. La fabrication additive, qui réfère aux technologies permettant de construire des objets en trois dimensions en ajoutant de multiples couches de matériaux, pourrait révolutionner le processus de production de plusieurs produits métalliques en réduisant entre autres le gaspillage et en améliorant l’efficacité. Bien que plusieurs emplois associés à des tâches répétitives et routinières pourraient être menacés par une plus grande automatisation, il pourrait également y avoir une augmentation de la demande pour des travailleurs qualifiés afin d’opérer des machines plus complexes.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la fabrication de produits métalliques et de machines

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans la fabrication de produits métalliques et de machines. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la fabrication de produits métalliques et de machines (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,4 -0,5
2019-2028 2,1 1,0

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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