Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Services d'hébergement

(SCIAN 7211; 7212; 7213)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à offrir des services d’hébergement de courte durée à des voyageurs et à des vacanciers dans des installations comme des hôtels, des centres de villégiature, des motels, des gîtes touristiques, des chalets et des cabines. Ces établissements peuvent offrir des services complémentaires, tels que des services de restauration, des activités récréatives, des salles de conférence et la tenue de congrès, ainsi que des services de blanchisserie et de stationnement. L’industrie comprend également les établissements qui exploitent des parcs pour véhicules récréatifs (RV) et des camps de loisirs (y compris des terrains de camping et des camps de chasse et de pêche); et les établissements qui exploitent des maisons de chambres et des pensions de familles, qui peuvent servir de résidence principale durant la période d’occupation. L’hébergement des voyageurs représente de loin le plus important des trois segments, totalisant 91 % de l’emploi en 2018, suivi des parcs pour véhicules récréatifs et camps de loisirs (8 %), et des maisons de chambres et pensions de famille (1 %). La ventilation des SCIAN à 4 chiffres pour le PIB n’est pas disponible. Dans l’ensemble, l’industrie comptait 189 300 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Ontario (34 %), au Québec (21 %), en Colombie-Britannique (16 %) et en Alberta (12 %). La main-d’œuvre est composée d’une majorité de travailleurs féminins (58 %) et caractérisée par des salaires passablement inférieurs à la moyenne de l’ensemble de l’économie et par une proportion importante de travailleurs à temps partiel (22 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Préposés/préposées à l’entretien ménager et au nettoyage – travaux légers (6731)
  • Réceptionnistes d’hôtel (6525)
  • Directeurs/directrices des services d’hébergement (0632)
  • Concierges et surintendants/surintendantes d’immeubles (6733)
  • Superviseurs/superviseuses des services d’hébergement, de voyages, de tourisme et des services connexes (6313)
  • Gouvernants principaux/gouvernantes principales (6312)
  • Personnel de soutien en services d’hébergement, de voyage et en services de montage d’installation (6721)

* Incluent également plusieurs professions reliées à l’industrie des services de restauration :

  • Cuisiniers/cuisinières (6322)
  • Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien assimilé (6711)
  • Chefs (6321)
  • Barmans/barmaids (6512)
  • Maîtres d’hôtel et hôtes/hôtesses (6511)

Les services d’hébergement reposent en grande partie sur les activités touristiques et les voyages d’affaires, qui a leur tour reposent sur les dépenses de consommation et les activités des entreprises au pays et à l’étranger (le tourisme intérieur représente environ 60 % des revenus totaux). Par conséquent, l’industrie est particulièrement sensible aux fluctuations économiques sur la scène nationale et internationale, aux frais de voyage, et à la valeur du dollar canadien. Après avoir subi les effets négatifs de la récession mondiale de 2008-2009, la production dans l’industrie s’est pleinement rétablie en 2010 et a augmenté continuellement au cours des huit années suivantes, à l’exception d’un recul temporaire en 2015 qui fut entièrement renversé en 2016. La croissance de la production fut particulièrement forte en 2017-2018, puisque l’activité touristique a bénéficié d’un certain nombre de facteurs positifs, incluant une accélération considérable des dépenses de consommation attribuable à robustesse du marché du travail au Canada et aux États-Unis; plusieurs événements d’envergure reliés au 150e anniversaire de la Confédération canadienne et au 375e anniversaire de la ville de Montréal; et le fait que le Canada a été reconnu comme la meilleure destination touristique par Lonely Planet et le New York Times en 2017. La réduction des coûts du carburant et la forte dépréciation du dollar canadien en 2014-2015 ont également contribué à stimuler l’activité touristique et à augmenter la demande domestique et étrangère pour les services d’hébergement. En effet, la réduction des coûts du carburant a entraîné une baisse des tarifs du transport aérien et terrestre, alors que la dépréciation du dollar a attiré un grand nombre de touristes étrangers au Canada, surtout des Américains, et incité davantage de Canadiens à demeurer au pays pour leurs vacances.

En moyenne, le PIB réel de l’industrie a augmenté de 1,6 % par année au cours de la dernière décennie. Après avoir atteint un sommet en 2011, l’emploi dans l’industrie a fluctué considérablement d’année en année, mais est demeuré sur une tendance baissière, entraînant un recul annuel net de 0,5 % sur l’ensemble de la période 2009-2018. Les innovations technologiques, comme les réservations d’hôtel en ligne, ont contribué à diminuer la demande de main-d’œuvre et augmenter la productivité. L’intensification de la concurrence en provenance de nouveaux modèles d’affaires comme Airbnb, Vrbo, HomeAway et FlipKey a également incité l’industrie à réduire ses coûts d’opération. Selon Statistique Canada[10], les revenus provenant de ce type d’hébergement privé de court terme ont bondi ces dernières années, passant de 265 millions de dollars en 2015 à 2 760 millions de dollars en 2018. Les entreprises de type Airbnb représentent désormais 18 % de l’ensemble des inventaires associés à l’hébergement au Canada.

Au cours de la période 2019-2028, la production dans les services d’hébergement devrait augmenter à un rythme similaire à celui de la dernière décennie, soutenue en grande partie par une croissance additionnelle de l’activité touristique et une reprise des voyages d’affaires. L’activité touristique continuera à bénéficier de la faiblesse de la devise, des bas coûts de transport, et de la robustesse du marché du travail aux États-Unis et au Canada, du moins à court et moyen terme. À plus long terme, le Canada sera parmi les trois pays qui accueillera la Coupe du monde de la FIFA 2026 (avec les États-Unis et le Mexique), ce qui devrait également venir augmenter le nombre de visiteurs internationaux. Dans l’intervalle, l’industrie devrait bénéficier du retrait massif des baby-boomers du marché du travail, puisque ce groupe démographique imposant et relativement aisé aura plus de temps à consacrer aux activités touristiques. On prévoit que les baby-boomers hériteront de 750 milliards de dollars en richesse et en actifs au cours des dix prochaines années, ce qui représente une source additionnelle de revenus à consacrer aux voyages et aux services d’hébergement. Cette situation aidera à contrebalancer le ralentissement anticipé dans la croissance du revenu disponible et des dépenses de consommation suite au ralentissement graduel de la population en âge de travailler. Le niveau élevé d’endettement des consommateurs (et toute hausse éventuelle des taux d’intérêt à plus long terme en réponse aux pressions inflationnistes découlant du resserrement du marché du travail) viendra aussi exercer des pressions sur les budgets des ménages, limitant les dépenses discrétionnaires pour les activités touristiques. Compte tenu du ralentissement anticipé dans les dépenses de consommation au Canada et aux États-Unis, l’activité touristique reposera de plus en plus sur les voyageurs en provenance des pays d’outre-mer, en particulier ceux provenant des économies émergentes où les dépenses de voyages ont augmenté grâce à la hausse des revenus. En comparaison avec les touristes américains, les voyageurs en provenance des pays d’outre-mer ont tendance à demeurer plus longtemps au Canada et à y dépenser davantage. Par exemple, le nombre de touristes en provenance de la Chine a augmenté de façon spectaculaire ces dernières années et a surpassé tous les autres pays d’outre-mer en matière de dépenses (on estime qu’un dollar sur cinq dépensé par les touristes d’outre-mer provient désormais de la Chine). Le Canada a également enregistré une forte croissance du nombre de visiteurs en provenance du Mexique, de l’Inde et de la Corée du Sud au cours des cinq dernières années. En plus de l’activité touristique, les voyages d’affaires viendront également alimenter la demande pour les services d’hébergement, stimulés par un regain de croissance dans les profits corporatifs au Canada, par la vigueur de l’économie américaine, et par différents accords commerciaux, comme l’Accord économique et commercial global (AECG) conclu avec l’Union européenne. Toutefois, le ralentissement anticipé dans la croissance économique mondiale ainsi que la menace d’une montée du protectionnisme et d’un contrôle plus serré des frontières risquent d’entraver le commerce et les voyages entre les pays.

On projette que le PIB réel de l’industrie augmentera à un taux moyen de 1,6 % par année sur l’horizon 2019-2028, alors que la croissance de l’emploi devrait revenir en territoire positif, pour se situer à 0,6 % par année. Ce modeste rebond de l’emploi reflète le fait que l’industrie est fortement intensive en main-d’œuvre et que la plupart des ajustements aux innovations technologiques (comme la réservation en ligne) et aux nouveaux modèles d’affaires (comme Airbnb) devraient être complétés. Toutefois, le grand roulement du personnel suggère qu’il est difficile d’attirer et de retenir les travailleurs en raison de la nature saisonnière des activités et la faiblesse des salaires par rapport aux autres industries. En effet, les salaires hebdomadaires moyens sont environ 50 % inférieurs à ceux de l’ensemble du secteur des services. Par ailleurs, le ralentissement anticipé dans la croissance de l’offre de main-d’œuvre au Canada et le resserrement graduel du marché du travail viendront limiter le nombre d’individus à la recherche d’un emploi, particulièrement pour les emplois faiblement rémunérés et/ou les emplois à temps partiel. Par conséquent, il sera de plus en plus difficile pour les fournisseurs de services d’hébergement de concurrencer les autres industries afin d’attirer des travailleurs, obligeant les entreprises à augmenter leur niveau de productivité. Les firmes de type Airbnb opèrent avec un effectif beaucoup plus petit et sont donc moins soucieuses d’attirer ou de retenir la main-d’œuvre.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services d’hébergement

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les services d’hébergement. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services d’hébergement (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,6 -0,5
2019-2028 1,6 0,6

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[10]Statistique Canada, Les nouveautés en matière de comptes économiques canadiens; Mesure de l’hébergement privé à court terme au Canada, Catalogue no. 13-605-X, Mars 2019. Retourner au texte.


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