Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Matériel de transport aérospatial, maritime, ferroviaire et autre

(SCIAN 3364; 3365; 3366; 3369)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est la fabrication de produits aérospatiaux; de matériel ferroviaire roulant, de navires et d’embarcations, ainsi que d’autres types de matériel de transport (tels que des véhicules militaires, motocyclettes, motoneiges, voiturettes de golf et bicyclettes). La fabrication de produits aérospatiaux représente le plus important des quatre segments, totalisant 75 % de la production en 2018. Dans l’ensemble, l’industrie repose en grande partie sur les exportations car environ 60 % de sa production est destinée à l’étranger, principalement aux États Unis (55 % des exportations totales). Le segment aérospatial est de loin le plus exposé aux conditions économiques mondiales puisque 70 % de sa production est exportée. L’industrie comptait 84 700 travailleurs en 2018 (4,9 % de l’emploi manufacturier), dont 68 % dans la fabrication de produits aérospatiaux, 15 % dans la fabrication de navires et d’embarcations, 7 % dans la fabrication de matériel ferroviaire, et 10 % dans la fabrication d’autres types de matériel de transport. L’emploi est principalement concentré au Québec (50 %) et en Ontario (27 %), et la main-d’œuvre est largement composée de travailleurs masculins (82 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Monteurs/monteuses d’aéronefs et contrôleurs/ contrôleuses de montage d’aéronefs (9521)
  • Ingénieurs/ingénieures en aérospatiale (2146)
  • Mécaniciens/mécaniciennes, techniciens/ techniciennes et contrôleurs/contrôleuses d’avionique et d’instruments et d’appareillages électriques d’aéronefs (2244)
  • Surveillants/surveillantes dans la fabrication d’autres produits métalliques et de pièces mécaniques (9226)
  • Peintres, enduiseurs/enduiseuse et opérateurs/opératrices de postes de contrôle dans le finissage du métal – secteur industriel (9536)
  • Manœuvres en métallurgie (9612)
  • Soudeurs/soudeuses et opérateurs/opératrices de machines à souder et à braser (7237)
  • Machinistes et vérificateurs/vérificatrices d’usinage et d’outillage (7231)
  • Monteurs/monteuses et contrôleurs/contrôleuses de matériel mécanique (9526)
  • Monteurs/monteuses de bateaux et contrôleurs/contrôleuses de montage de bateaux (9531)

L’industrie du matériel aérospatial, ferroviaire et maritime a connu deux cycles importants au cours de la dernière décennie, affichant des baisses de production en 2009-2010 et 2015-2017. Puisque l’industrie est hautement intégrée dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et fortement tributaire du commerce international, la demande pour les produits tels que les avions et leurs composantes (moteurs et pièces) dépend en grande partie des développements économiques sur la scène mondiale. Ainsi, le PIB réel de l’industrie a diminué pendant et peu après la récession mondiale de 2008-2009, avant de rebondir à un rythme supérieur à 5 % par année de 2011 à 2014, stimulé par la reprise économique mondiale et par une hausse marquée dans les nouvelles commandes suite à l’accumulation d’une demande refoulée pendant la récession. La production a chuté de nouveau de 2015 à 2017, en réponse aux conditions économiques incertaines suite à l’effondrement des prix du pétrole brut, du ralentissement de la croissance économique dans les marchés émergents, et des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. La production s’est redressée en 2018, stimulée par l’accélération considérable de la croissance économique sur les marchés mondiaux et américains en 2017-2018. De telles fluctuations dans la production se sont traduites par une légère baisse du PIB réel se chiffrant à 0,2 % par année en moyenne sur l’ensemble de la période 2009-2018. En comparaison, l’emploi a augmenté de 0,4 % par année, quoique le nombre de travailleurs dans l’industrie a également enregistré des fluctuations importantes au cours de la dernière décennie, lesquelles ont généralement coïncidé avec les ajustements dans la production.

On projette que l’industrie bénéficiera d’une accélération marquée de la croissance de sa production sur la période 2019-2028, principalement stimulée par la forte hausse anticipée dans le transport aérien à l’échelle mondiale. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA)[6], le nombre de passagers aériens dans le monde pourrait doubler au cours des 20 prochaines années, passant de 4,1 à 8,2 milliards de passagers par année, soit l’équivalent de la population mondiale. Plus de la moitié de cette hausse devrait provenir de la région de l’Asie-Pacifique. L’IATA s’est également engagée à réduire de moitié les émissions de carbone de l’industrie d’ici 2050 par rapport à leurs niveaux de 2005. Afin de répondre à la hausse substantielle de la demande pour le transport aérien et à des objectifs environnementaux ambitieux, les compagnies aériennes devront investir dans l’achat de nouveaux avions au cours de la prochaine décennie, ce qui stimulera la croissance de l’industrie aérospatiale mondiale et canadienne. Grâce à des bénéfices ayant atteint des niveaux historiquement élevés, en grande partie attribuables à la baisse des prix du pétrole et à la forte croissance économique des dernières années, les compagnies aériennes mondiales sont en bonne position pour investir dans de nouveaux avions plus économes en carburant. Le carnet de commandes de l’industrie aérospatiale canadienne est à la hausse et les commandes actuelles représente plus de deux ans de production. La croissance de la production et des exportations pour les nouveaux modèles d’avions, comme les biréacteurs d’affaires Global 5500 et 6500 de Bombardier, devraient venir soutenir l’industrie, tout comme l’engagement du gouvernement fédéral de remplacer la flotte vieillissante des chasseurs à réaction CF-18. Cependant, en raison de l’intensification de la concurrence aérospatiale mondiale et du déplacement de la demande pour le transport aérien vers l’Asie, l’industrie aérospatiale canadienne sera confrontées à de nombreux défis. Pour répondre à ces préoccupations, l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC) a récemment lancé le programme Vision 2025 afin d’élaborer une stratégie globale et une feuille de route pour assurer le succès à long terme de l’industrie aérospatiale.

Dans l’intervalle, le partenariat entre Airbus et Bombardier pour les avions de la famille A220 (anciennement appelée CSeries), la suppression des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada et la signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (AECUM) devraient contribuer à soutenir les exportations. Les réseaux de vente, de marketing et de soutien qu’Airbus apporte à l’échelle mondiale permettront de renforcer et d’accélérer la dynamique commerciale des A220 en élargissant le carnet de commandes et en offrant un meilleur accès aux marchés européens et asiatiques. En août 2019, Airbus a mis en place une deuxième chaîne d’assemblage pour cet avion dans son usine de Mobile, en Alabama. Les autres segments de l’industrie devraient également bénéficier d’une croissance robuste des activités de construction navale et ferroviaire. Plusieurs contrats importants ont été attribués à des entreprises canadiennes pour la construction de navires civils et de combat pour la Marine canadienne et la Garde côtière canadienne dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale du gouvernement fédéral. Les perspectives pour la fabrication de matériel ferroviaire sont également optimistes puisque le transport de pétrole par train augmente rapidement en Amérique du Nord en raison du nombre insuffisant de pipelines. De plus, les changements démographiques, l’augmentation de la congestion routière et les préoccupations environnementales devraient contribuer à soutenir la demande mondiale pour les systèmes de transport en commun et ferroviaires. En moyenne, le PIB réel et l’emploi dans l’industrie du matériel de transport aérospatial, ferroviaire et maritime devraient croître à des taux annuels respectifs de 2,0 % et 0,8 % sur la période 2019-2028, soit une amélioration considérable par rapport à la décennie précédente. La croissance de la production devrait en grande partie provenir d’une hausse de la productivité, particulièrement dans le segment aérospatial qui est fortement exposé à la concurrence de grandes entreprises comme Boeing et Embraer.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans le matériel de transport aérospatial, ferroviaire, maritime et autre

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans le matériel de transport aérospatial, ferroviaire, maritime et autre. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans le matériel de transport aérospatial, ferroviaire, maritime et autre (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 -0,2 0,4
2019-2028 2,0 0,8

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.

[6]Association internationale du transport aérien, Communiqué de presse no 62, 24 octobre 2018. Retourner au texte.


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