Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Textiles, vêtements, cuir et meubles

(SCIAN 3131-3133; 3141-3149; 3151-3159; 3161-3169; 3371-3379)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fabriquer des produits du textile, des vêtements, des produits en cuir, ainsi que des meubles et produits connexes (tels que des armoires et des comptoirs de cuisine et de salle de bains). Les meubles et produits connexes représentent le plus important segment, totalisant 65 % de la production en 2018, suivis de loin par les textiles (18 %) et les vêtements (17 %). Dans l’ensemble, plus de 50 % de la production est destinée à l’étranger, essentiellement aux États-Unis (90 % des exportations totales). Le segment des vêtements est celui qui exporte la plus grande partie de sa production (88 %), suivi des produits du textile (52 %) et des meubles et produits connexes (44 %). Tous les segments de l’industrie ont dû composer avec une hausse marquée des importations en provenance des producteurs à faibles coûts, notamment de la Chine, à la fois sur le marché canadien et américain. L’industrie comptait 128 600 travailleurs en 2018 (7,4 % de l’emploi manufacturier), dont 62 % dans les meubles et produits connexes, 26 % dans les vêtements et 12 % dans les produits textiles. L’emploi est largement concentré en Ontario (42%) et au Québec (34 %), et la main-d’œuvre est majoritairement composée de travailleurs masculins (60 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Monteurs/monteuses et contrôleurs/contrôleuses de meubles et d’accessoires (9532)
  • Opérateurs/opératrices de machines à coudre industrielles (9446)
  • Surveillants/surveillantes dans la fabrication de meubles et d’accessoires (9224)
  • Surveillants/surveillantes dans la transformation et la fabrication de produits textiles, de tissus, de fourrure et de cuir (9217)
  • Finisseurs/finisseuses et restaurateurs/restauratrices de meubles (9534)
  • Autres manœuvres des services de transformation, de fabrication et d’utilité publique (9619)
  • Opérateurs/opératrices de machines à travailler le bois (9437)
  • Tisseurs/tisseuses, tricoteurs/tricoteuses et autres opérateurs/opératrices de machines textiles (9442)
  • Designers industriels/designers industrielles (2252)
  • Manœuvres des produits du textile (9616)
  • Contrôleurs/contrôleuses et trieurs/trieuses dans la fabrication de produits textiles, de tissus, de fourrure et de cuir (9447)
  • Opérateurs/opératrices de machines et travailleurs/travailleuses de traitement des fibres et des fils textiles, de cuir et des peaux (9441)
  • Ébénistes (7272)
  • Coupeurs/coupeuses de tissu, de fourrure et de cuir (9445)

Après avoir atteint un sommet à la fin des années 90, la production et l’emploi dans l’industrie a chuté radicalement de 2000 à 2010. Cela s’explique par les nombreuses difficultés rencontrées par l’industrie durant cette période, incluant l’intensification de la concurrence en provenance des producteurs à faibles coûts sur le marché intérieur et les marchés d’exportation; la réduction des barrières commerciales (en particulier la suppression des quotas d’importation visant les textiles, vêtements et produits en cuir en 2005); la forte appréciation du dollar canadien (qui a contribué à affaiblir les exportations et à augmenter les importations); ainsi que la récession mondiale de 2008-2009. La production et l’emploi ont continué à diminuer de 2011 à 2014, mais à un rythme beaucoup plus lent, avant de rebondir modestement de 2015 à 2018. Au cours de ces années, l’activité dans l’industrie a été largement soutenue par la reprise graduelle de l’investissements résidentiel aux États-Unis et son impact positif sur le segment des meubles. La baisse de la valeur du dollar canadien qui a suivi l’effondrement des prix du pétrole brut a également contribué à la hausse des exportations de textiles, de vêtements et de meubles vers les États-Unis ces dernières années, ce qui s’est traduit par un regain de croissance dans la production et l’emploi. En moyenne, le PIB réel et l’emploi ont reculé respectivement de 1,3 % et 0,5 % par année au cours de la période 2009-2018. Bien que la baisse de l’emploi ait été moins sévère durant la dernière décennie, l’industrie a réduit ses effectifs d’environ la moitié depuis le début des années 2000, en réponse à la baisse de la production, largement attribuable à la présence accrue de producteurs à faibles coûts sur le marché intérieur et les marchés d’exportation. Par exemple, de 2002 à 2018, la part des importations dans le marché intérieur est passée de 55 % à 89 % pour les textiles et vêtements et de 37 % à 47 % pour les meubles et produits connexes, ce qui s’explique principalement par la montée des importations en provenance de la Chine. Au cours de la même période, la part canadienne des importations américaines est tombée de 21 % à 7 % pour les meubles et produits connexes et de 4,2 % à 1,6 % pour les textiles et vêtements.

Le regain de croissance de la production observé dans l’industrie ces récentes années devrait se poursuivre sur la période de projection. L’industrie continuera de bénéficier de la faible valeur du dollar canadien, qui rend les produits fabriqués au Canada plus concurrentiels par rapport aux importations et contribue à soutenir les exportations et les ventes domestiques. La demande étrangère pour les textiles, vêtements et meubles devrait être soutenue par la croissance des dépenses de consommation et de l’investissement résidentiel aux États-Unis, du moins à court et moyen terme, car le rythme de croissance devrait ralentir progressivement. L’expansion de la classe moyenne dans les économies émergentes pourrait mener à de nouvelles opportunités d’affaires, notamment pour les meubles hauts de gamme et de luxe. L’expertise unique du Canada dans le développement et la production de textiles technologiques et intelligents utilisés par des industries comme la construction, les services de santé, la défense et l’aérospatial représente également des opportunités prometteuses. Cela dit, bien que les nombreuses restructurations aient incité l’industrie à se tourner vers la fabrication de produits à plus grande valeur ajoutée et à développer des produits dans des niches plus spécialisées, la pénétration de nouveaux marchés d’exportation demeurera un défi pour cette industrie qui évolue dans un environnement hautement compétitif. Alors que la signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) devrait garantir un libre accès au marché nord-américain, le différend commercial entre la Chine et les États-Unis pourrait également venir troubler les perspectives commerciales du Canada. Par exemple, les exportations chinoises de vêtements et de meubles vers les États-Unis pourraient être détournées vers le Canada afin d’éviter les tarifs douaniers américains et potentiellement nuire à la production domestique au Canada. Les douanes américaines pourraient également imposer des tarifs sur les exportations canadiennes de vêtements et de meubles si elles estiment que certains de ces produits ont été partiellement fabriqués en Chine.

Du côté du marché canadien, l’industrie devra faire face au fait que la croissance des dépenses de consommation en biens durables et semi-durables faiblira graduellement suite à une croissance plus modérée du revenu disponible (attribuable au ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler et aux retraites massives des baby-boomers). Le lourd endettement des ménages devrait également venir réduire la capacité des consommateurs à financer l’achat de nouveaux meubles. Le ralentissement anticipé dans les activités de construction résidentielle au Canada est un autre facteur qui devrait venir limiter la demande domestique pour les meubles et produits connexes. Sur une note plus positive, l’expansion continue du commerce électronique permettra aux fabricants de vêtements de commercialiser leurs produits directement auprès des consommateurs, ce qui éliminera les marges bénéficiaires du commerce de détail et certains des facteurs négatifs auxquels l’industrie est actuellement confrontée. On projette que la croissance du PIB réel de l’industrie reviendra en territoire positif sur la période 2019-2028, pour se chiffrer à 1,0 % par année en moyenne. Bien que des perspectives plus optimistes en matière de production contribueront à stabiliser l’emploi dans l’industrie (croissance de 0,0 %), la nécessité d’augmenter la productivité et de réduire les coûts de production dans un environnement hautement concurrentiel continuera de restreindre la demande de main-d’œuvre.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les textiles, vêtements, cuir et meubles

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les textiles, vêtements, cuir et meubles. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les textiles, vêtements, cuir et meubles (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 -1,3 -0,5
2019-2028 1,0 0,0

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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