Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Activités diverses de fabrication

(SCIAN 3391-3399)

Cette industrie comprend les établissements qui ne figurent dans aucune autre industrie manufacturière. Ces établissements fabriquent une vaste gamme de produits, incluant les fournitures et matériel médicaux (tel que l’équipement de transfusion sanguine, instruments chirurgicaux, équipement de fournitures dentaires, lunettes, lentilles cornéennes, prothèses et chaises roulantes), ainsi que des produits divers (tel que bijoux et pièces d’argenterie, articles de sport et d’athlétisme, jouets et jeux, et fournitures de bureau). Les produits divers représentent le plus important des deux segments, totalisant les deux tiers de la production en 2018. Dans l’ensemble, environ 50 % de la production est destinée à l’étranger, principalement aux États-Unis (70 % des exportations totales). L’industrie comptait 116 600 travailleurs en 2018 (6,7 % de l’emploi manufacturier), dont 82 % dans les produits divers et 18 % dans les fournitures et matériel médicaux. L’emploi est largement concentré en Ontario (55 %), au Québec (18 %) et en Colombie-Britannique (11 %), et la main-d’œuvre est majoritairement composée de travailleurs masculins (63 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :[3]

  • Monteurs/monteuses, finisseurs/finisseuses et contrôleurs/contrôleuses de produits divers (9537)
  • Surveillants/surveillantes dans la fabrication et le montage de produits divers (9227)
  • Autres manœuvres des services de transformation, de fabrication et d’utilité publique (9619)
  • Technologues et techniciens/techniciennes dentaires et auxiliaires dans les laboratoires dentaires (3223)
  • Autres technologues et techniciens/techniciennes des sciences de la santé (sauf soins dentaires) (3219)
  • Denturologistes (3221)

Puisque les produits fabriqués par l’industrie sont largement utilisés par les ménages et les entreprises, la production est fortement influencée par la consommation des ménages et les dépenses des entreprises. Aussi, plusieurs des produits de l’industrie peuvent être classifiés dans la catégorie des biens récréatifs, et la demande pour de tels produits est fortement sensible aux dépenses discrétionnaires et aux fluctuations cycliques de l’économie. La production et l’emploi dans l’industrie ont chuté de façon marquée durant la récession mondiale de 2008-2009, reflétant une contraction de la demande dans le segment des produits divers engendrée par une baisse rapide du revenu discrétionnaire et des profits corporatifs. Après s’être redressée en 2010-2011, sous l’effet du dégel de la demande refoulée accumulée pendant la récession, la production de l’industrie a encore chuté de 2012 à 2014, en partie en raison de la hausse de l’endettement des ménages et du recul du niveau de confiance des entreprises. La production a augmenté de nouveau de 2015 à 2018, stimulée par une hausse des exportations suite à la baisse de la valeur du dollar canadien, et par une forte accélération de la consommation des ménages attribuable à la robustesse du marché du travail au Canada et aux États-Unis. Toutefois, les fluctuations importantes de la production durant les dix dernières années se sont traduites par une croissance anémique (0,0 %) du PIB réel de l’industrie pour l’ensemble de la période 2009-2018. En comparaison, l’emploi a augmenté de 3,5 % par année, les deux tiers des gains ayant été enregistrés lors de la reprise notable de la production entre 2015 et 2018. La croissance négative de la productivité s’explique principalement par la faiblesse des investissements en capital au sein de l’industrie et par le fait qu’un grand nombre d’entreprises sont relativement petites et très intensives en main-d’œuvre.

On projette que l’industrie bénéficiera d’un raffermissement de la croissance de sa production sur la période 2019-2028, principalement alimenté par une hausse de la demande pour les produits médicaux et par une augmentation des exportations. La valeur relativement faible du dollar canadien devrait aider l’industrie à demeurer concurrentielle sur les marchés d’exportation, en particulier aux États-Unis. La devise devrait également favoriser les ventes domestiques en augmentant le prix des importations et en renforçant la compétitivité de l’industrie par rapport aux pays à faibles coûts, en particulier la Chine, qui accapare la plus grande part des importations canadiennes de produits récréatifs. La signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) représente un levier supplémentaire, étant donné le grand volume d’exportations de l’industrie qui est destiné au marché américain. On anticipe que le segment du matériel médical sera un important contributeur à la croissance de la production, puisque le vieillissement de la population entraînera une augmentation de la demande en soins de santé. Les entreprises canadiennes disposent d’une expertise unique dans le développement et la production de matériel médical de pointe et sont bien positionnées pour prendre avantage des nouveaux débouchés commerciaux, en particulier dans les pays développés qui souhaitent améliorer leur infrastructure en soins de santé. En revanche, l’industrie devra faire face au fait que la croissance des dépenses de consommation faiblira graduellement au Canada et aux États-Unis suite à une croissance plus modérée du revenu disponible (attribuable au ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler et aux retraites massives des baby-boomers). Le lourd endettement des ménages devrait également venir restreindre les dépenses discrétionnaires destinées à l’achat de produits récréatifs. Néanmoins, on projette que la croissance du PIB réel de l’industrie reviendra en territoire positif sur la période 2019-2028, pour se situer à 1,8 % par année en moyenne. Le regain de croissance de la production devrait entraîner des gains d’emploi supplémentaires au taux annuel moyen de 0,7 % par année. Le ralentissement de la croissance de l’emploi par rapport à la période 2009-2018 reflète un revirement de la productivité, car l’amélioration des conditions commerciales devrait entraîner une hausse des dépenses en capital au cours de la prochaine décennie. On s’attend à ce que les entreprises utilisent de plus en plus les techniques de fabrication additive qui permettent de synthétiser des objets tridimensionnels. Puisque ces technologies peuvent être appliquées à une grande variété de produits, ceci devrait améliorer la productivité au sein de l’industrie.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les activités diverses de fabrication

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les activités diverses de fabrication. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les activités diverses de fabrication (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 0,0 3,5
2019-2028 1,8 0,7

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

[3]Les professions clés dans la plupart des industries manufacturières incluent également : Directeurs/directrices de la fabrication (0911); Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens industriels/mécaniciennes industrielles (7311); Manutentionnaires (7452); Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521); Conducteurs/conductrices de camion de transport (7511); Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel de fabrication (2233); Électriciens industriels/électriciennes industrielles (7242); et Ingénieurs/ingénieuses d’industrie et de fabrication (2141). Retourner au texte.


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