Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Commerce de gros

(SCIAN 4111-4191)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à vendre en gros des marchandises et à fournir des services connexes de logistique, de marketing et de soutien. En général, la vente en gros est une étape intermédiaire de la distribution de marchandises en grandes quantités à des détaillants, à des entreprises et à des établissements. La vente en gros de machines, matériaux et fournitures représente le plus important segment de l’industrie, totalisant 29 % de la production et 30 % de l’emploi en 2018. Les autres segments clés comprennent les matériaux et fournitures de construction (16 % de la production et 12 % de l’emploi), les articles personnels et ménagers (14 %, 16 %), les produits alimentaires et boissons (11 %, 14 %), ainsi que les véhicules et pièces automobiles (10 %, 7 %). L’industrie comptait 656 300 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Ontario (40 %), au Québec (24 %), en Colombie-Britannique (13 %) et en Alberta (13 %). La main-d’œuvre est majoritairement composée de travailleurs masculins (69 %) et les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Représentants/représentantes des ventes et des comptes – commerce de gros (non-technique) (6411)
  • Spécialistes des ventes techniques – commerce de gros (6221)
  • Directeurs/directrices – commerce de détail et de gros (0621)
  • Manutentionnaires (7452)
  • Conducteurs/conductrices de camions de transport (7511)
  • Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521)
  • Magasiniers/magasinières et commis aux pièces (1522)
  • Superviseurs/superviseuses du personnel de coordination de la chaîne d’approvisionnement (1215)
  • Mécaniciens/mécaniciennes d’équipement lourd (7312)
  • Commis à la comptabilité et personnel assimilé (1431)
  • Acheteurs/acheteuses des commerces de détail et de gros (6222)
  • Garnisseurs/garnisseuses de tablettes, commis et préposés/préposées aux commandes dans les magasins (6622)
  • Commis aux achats et au contrôle de l’inventaire (1524)

Le commerce de gros dépend principalement de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises, rendant l’industrie particulièrement sensible aux fluctuations de la conjoncture économique au pays et à l’étranger. La production de l’industrie a été sévèrement affaiblie par la récession de 2008-2009, en raison d’une croissance anémique dans les dépenses de consommation au Canada et d’une baisse considérable de l’investissement des entreprises, plus particulièrement dans les structures non résidentielles et les machines et équipements. Le déclin des exportations est un autre facteur ayant contribué à la baisse de la production, puisque plusieurs grossistes sont impliqués dans le commerce international. Bien que l’impact négatif de la récession ait été plus sévère que pour les autres industries de services, le fait que les grossistes soient profondément intégrés aux chaînes d’approvisionnement de différents secteurs de l’économie a aussi contribué à accélérer la reprise de la production après la récession. En effet, après avoir reculé de façon marquée en 2009, le PIB réel s’est redressé rapidement en 2010 et a continué de croître à un rythme soutenu durant les huit années subséquentes, à l’exception d’un déclin temporaire en 2015, suite au ralentissement de l’économie canadienne découlant de la chute des prix du pétrole brut. L’emploi a atteint un sommet en 2016, avant de reculer légèrement en 2017-2018, reflétant principalement des pertes d’emplois dans le segment des machines, matériaux et fournitures. En moyenne, le PIB réel dans l’industrie a progressé à un taux de 2,4 % par année au cours de la période 2009-2018, comparativement à 0,5 % pour l’emploi. Cela signifie qu’une part importante de la croissance de la production est provenue d’une hausse de la productivité puisque les nouvelles technologies, comme les dispositifs d’identification par radiofréquence, ont permis aux grossistes de faire un suivi plus précis de leurs inventaires en utilisant un effectif restreint. L’intensification de la concurrence occasionnée par le commerce électronique a également permis aux consommateurs de mieux comparer les prix des grossistes, exerçant des pressions à la baisse sur les marges de profit et limitant l’embauche de nouveaux travailleurs.

Au cours de la période de projection, on anticipe que la croissance de la production ralentira dans le commerce de gros par rapport à la période 2009-2018, en raison d’une croissance plus modérée des dépenses de consommation et de l’investissement résidentiel. Plus spécifiquement, le ralentissement graduel de la population en âge de travailler au Canada et le retrait massif des baby-boomers du marché du travail viendront restreindre la croissance du revenu disponible, alors que la baisse du taux de formation des ménages viendra freiner l’investissement dans le logement neuf. Le lourd endettement des ménages et toute hausse éventuelle des taux d’intérêt et des taux hypothécaires à plus long terme (en réponse aux pressions inflationnistes découlant du resserrement du marché du travail) pourraient également venir restreindre la croissance des dépenses de consommation et de l’investissement résidentiel. En revanche, l’industrie devrait bénéficier d’un redressement considérable de l’investissement des entreprises en machines et équipements et d’une croissance plus rapide dans la construction de bâtiments commerciaux, industriels et institutionnels, contrebalançant en partie la faiblesse des investissements reliés aux ouvrages de génie, particulièrement dans les industries de l’extraction pétrolière et gazière. On projette que ces facteurs supporteront les achats de machinerie et les achats de matériaux et fournitures de construction, qui représentent les plus importants segments de l’industrie. La faible valeur du dollar canadien devrait avoir un impact mitigé sur les grossistes, augmentant la compétitivité des prix pour les exportateurs, mais réduisant la compétitivité des prix pour les importateurs. Toutefois, la signature de l’Accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM) représente un avantage considérable pour les grossistes impliqués dans le commerce international de marchandises.

On projette que le PIB réel de l’industrie progressera à un taux moyen de 1,4 % par année sur l’horizon 2019-2028, comparativement à 0,6 % pour l’emploi. Les technologies permettant d’améliorer la productivité dans la gestion des inventaires et autres services logistiques devraient continuer à limiter la création d’emplois au sein de l’industrie (notamment pour les emplois associés à des tâches répétitives), alors que les dispositifs de détection utilisés dans la robotique de pointe pourraient menacer les emplois sur le plancher (comme les conducteurs de chariots élévateurs). L’intensification de la concurrence occasionnée par le commerce électronique, la production sur demande et les autres opérations de vente directe aux consommateurs auront également des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement et sur l’entreposage, incitant les grossistes à restructurer leurs opérations en réduisant leurs coûts de main-d’œuvre et en adoptant des machines facilitant l’automatisation.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans le commerce de gros

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans le commerce de gros. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans le commerce de gros (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 2,4 0,5
2019-2028 1,4 0,6

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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