Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Commerce de détail

(SCIAN 4411-4543)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à vendre des marchandises au détail, généralement sans transformation, et à fournir des services connexes. Le commerce de détail est la dernière étape dans la distribution de marchandises en petites quantités au grand public. Les magasins d’alimentation représentent le plus important segment de l’industrie, totalisant 18 % de la production et 24 % de l’emploi en 2018. Les autres segments clés comprennent les concessionnaires de véhicules et pièces automobiles (16 % de la production et 12 % de l’emploi), les magasins de produits de santé et soins personnels (12 %, 10 %), les magasins de marchandises diverses (10 %, 11 %), ainsi que les magasins de vêtements (10 %, 10 %). Avec un total de 2,1 millions de travailleurs en 2018, l’industrie du commerce de détail était le plus important employeur au Canada. La main-d’œuvre est caractérisée par une forte concentration de jeunes (27 % des travailleurs sont âgés de 15 à 24 ans) et travailleurs à temps partiel (33 %). L’emploi est réparti en fonction des populations provinciales, soit 38 % en Ontario, 24 % au Québec, 13 % en Colombie-Britannique, 12 % en Alberta, et 13 % dans les autres provinces. Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Vendeurs/vendeuses – commerce de détail (6421)
  • Caissiers/caissières (6611)
  • Directeurs/directrices – commerce de détail et de gros (0621)
  • Superviseurs/superviseuses des ventes – commerce de détail (6211)
  • Garnisseurs/garnisseuses de tablettes, commis et préposés/préposées aux commandes dans les magasins (6622)
  • Bouchers/bouchères, coupeurs/coupeuses de viande et poissonniers/poissonnières – commerce de gros et de détail (6331)
  • Autres technologues et techniciens/techniciennes des sciences de la santé (sauf soins dentaires) (3219)
  • Mécaniciens/mécaniciennes et réparateurs/réparatrices de véhicules automobiles, de camions et d’autobus (7321)
  • Manutentionnaires (7452)
  • Pharmaciens/pharmaciennes (3131)
  • Expéditeurs/expéditrices et réceptionnaires (1521)
  • Autres préposés/autres préposées aux services d’information et aux services à la clientèle (6552)
  • Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien assimilé (6711)
  • Autre personnel assimilé des ventes (6623)
  • Bijoutiers/bijoutières, réparateurs/réparatrices de bijoux, horlogers-rhabilleurs/horlogères-rhabilleuses et personnel assimilé (6344)
  • Développeurs/développeuses de films et de photographies (9474)
  • Chauffeurs-livreurs/chauffeuses-livreuses – services de livraison et de messagerie (7514)
  • Boulangers-pâtissiers/boulangères-pâtissiers (6332)
  • Acheteurs-acheteuses des commerces de détail et de gros (6222)
  • Préposées/préposées de station-service (6621)
  • Superviseurs/superviseures du personnel de coordination de la chaîne d’approvisionnement, du suivi et des horaires (1215)
  • Commis à la comptabilité et personnel assimilé (1431)
  • Nettoyeurs spécialisés/nettoyeuses spécialisées (6732)
  • Conducteurs/conductrices de camions de transport (7511)
  • Commis aux achats et au contrôle de l’inventaire (1524)
  • Opticiens/opticiennes d’ordonnances (3231)
  • Autres préposés/préposées à la poste et à l’entretien des pièces mécaniques d’automobiles (7535)
  • Magasins/magasinières et commis aux pièces (1522)
  • Autres réparateurs/réparatrices et préposés/préposées à l’entretien (7445)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de motocyclettes, de véhicules tout-terrain et personnel mécanicien assimilé (7334)

Le commerce de détail est étroitement lié au commerce de gros et dépend essentiellement des dépenses de consommation au Canada. Bien que l’industrie soit surtout orientée vers le marché intérieur, l’avènement du commerce électronique est venu augmenté le volume du commerce international de marchandises, exposant davantage les détaillants canadiens à la concurrence étrangère, mais créant aussi de nouvelles opportunités de marché à l’extérieur du pays. L’industrie a subi les contrecoups de la récession de 2008-2009, puisque la détérioration de la conjoncture économique s’est traduite par une croissance anémique des dépenses de consommation au Canada. Après avoir chuté considérablement en 2009, la production et l’emploi se sont redressés rapidement en 2010, et la production a continué de croître à un rythme soutenu durant les huit années subséquentes, à l’exception d’un déclin temporaire en 2015, suite au ralentissement de l’économie canadienne découlant de la chute des prix du pétrole brut. En moyenne, le PIB réel dans l’industrie a progressé de 1,8 % par année au cours de la période 2009-2018, alimenté par la vigueur des dépenses de consommation découlant de l’amélioration du marché du travail, de la hausse du revenu disponible et des bas taux d’intérêt. Malgré des fluctuations importantes au cours des dix dernières années, l’emploi est demeuré sur une trajectoire positive, affichant une croissance moyenne annuelle nette de 0,4 %. Cette croissance plutôt modeste de l’emploi signifie que la hausse de la production fut en grande partie attribuable à des gains de productivité. Les nouvelles technologies, comme les dispositifs d’identification par radiofréquence, les logiciels de planification des horaires, les systèmes de gestion des inventaires, les kiosques libre-service et le commerce électronique, ont remplacé un grand nombre de tâches traditionnellement exécutées par des travailleurs, particulièrement celles associées au suivi, à l’expédition et à l’entreposage des marchandises. Le haut niveau de concurrence qui caractérise l’industrie a aussi contraint plusieurs entreprises à fermer des magasins et à réduire leurs effectifs pour contenir les coûts de main-d’œuvre. Certaines chaînes de magasins bien établies auparavant ont cessé leurs activités, alors que d’autres chaînes étrangères ont pris de l’expansion à travers le Canada.

Au cours de la période 2019-2028, on projette que la croissance de la production ralentira dans le commerce de détail par rapport à la décennie précédente, principalement en raison des effets négatifs des changements démographiques sur les dépenses de consommation au Canada. En effet, le ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler devrait venir contraindre la croissance de l’emploi à long-terme, alors que le vieillissement de la population se traduira par des départs massifs à la retraite pour les baby-boomers. Ces deux facteurs viendront restreindre la hausse du revenu disponible et, par conséquent, la croissance des dépenses de consommation, incluant les dépenses en biens durables, semi-durables et non durables vendus par les détaillants. Les ménages plus âgés ont également tendance à consommer davantage de services et légèrement moins de biens, réduisant ainsi la part des biens dans l’ensemble des dépenses de consommation. Le lourd endettement des ménages et toute hausse éventuelle des taux d’intérêt à plus long terme (en réponse aux pressions inflationnistes découlant du resserrement du marché du travail) sont d’autres facteurs qui pourraient ralentir la croissance des dépenses de consommation en réduisant, par exemple, la capacité d’acheter des articles coûteux comme des automobiles et des appareils ménagers.

En revanche, la hausse des prix à l’importation occasionnée par la faiblesse de la devise encourageront les Canadiens, particulièrement ceux situés près de la frontière des États-Unis, à magasiner au Canada, ce qui contribuera à soutenir les revenus des magasins de détail au pays. Les changements dans les habitudes d’achat continueront à influencer les perspectives en matière de commerce de détail. À mesure que le commerce électronique prendra de l’expansion, les détaillants canadiens seront confrontés à une intensification de la concurrence sur les marchés mondiaux, mais ils pourront également tirer profit de nouvelles opportunités commerciales à l’extérieur du pays. De plus, les entreprises désirant exporter des marchandises à l’étranger seront dans une position concurrentielle puisqu’on anticipe que la valeur du dollar canadien demeurera relativement faible pendant encore plusieurs années. On projette que le PIB réel de l’industrie progressera à un taux moyen de 1,4 % par année sur l’horizon 2019-2028, comparativement à 0,4 % seulement pour l’emploi. Encore une fois, la croissance de la production devrait principalement provenir d’une hausse de la productivité, puisque la transition vers les achats en ligne continuera d’accroître la concurrence et de réduire les marges de profit, obligeant les détaillants à réduire leurs coûts de main-d’œuvre et à adopter de nouvelles technologies afin d’améliorer leur productivité. Une plus grande utilisation des kiosques libre-service et des points de vente automatisés devraient venir limiter l’embauche, en particulier pour les caissiers, mais aussi pour les travailleurs du commerce de détail impliqués dans la gestion des ventes, des inventaires et des clients.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans le commerce de détail

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans le commerce de détail. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans le commerce de détail (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,8 0,4
2019-2028 1,4 0,4

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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