Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Services de transport aérien, maritime, ferroviaire et pipelines

(SCIAN 4811-4812, 4821, 4831-4832, 4861-4869, 4871-4879, 4881-4889)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fournir des services de transport aérien, ferroviaire ou maritime de passagers et de marchandises. Elle comprend également les établissements qui transportent des biens par pipeline (comme du pétrole brut, gaz naturel et pétrole raffiné), ceux qui offrent des services de transport récréatif (comme des croisières de plaisance, croisières-restaurants et excursions en train à vapeur), et ceux qui offrent des services de soutien à divers établissements de transport (propres à un mode de transport spécifique ou multimodaux). Les services de soutien représentent le plus important des six segments, totalisant 36 % de la production et 44 % de l’emploi en 2018. Les autres segments clés comprennent le transport aérien (21 % de la production et 30 % de l’emploi), le transport ferroviaire (18 %, 13 %) et le transport par pipeline (21 %, 7 %). Dans l’ensemble, l’industrie comptait 264 700 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Ontario (27 %), au Québec (23 %), en Colombie-Britannique (19 %) et en Alberta (17 %). La main-d’œuvre est en grande partie composée de travailleurs masculins (69 %) et les professions clés (CNP de 4 chiffres) incluent :

  • Pilotes, navigateurs/navigatrices et instructeurs/instructrices de pilotage du transport aérien (2271)
  • Conducteurs/conductrices de camions de transport (7511)
  • Agents/agentes à la billetterie et aux services aériens (6523)
  • Commissaires et agents/agentes de bord (6522)
  • Mécaniciens/mécaniciennes et contrôleurs/contrôleuses d’aéronefs (7315)
  • Conducteurs/conductrices de machinerie d’entretien public et personnel assimilé (7522)
  • Directeurs/directrices des transports (0731)
  • Superviseurs/superviseuses du personnel de coordination de la chaîne d’approvisionnement, du suivi et des horaires (1215)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de locomotive et de cour de triage (7361)
  • Agents/agentes de piste dans le transport aérien (7534)
  • Officiers/officières de pont du transport par voies navigables (2273)
  • Courtiers/courtiers en douanes, courtiers maritimes/courtiers maritimes et autres courtiers/courtières (1315)
  • Débardeurs/débardeuses (7451)
  • Ouvriers/ouvrières de gares de triage et à l’entretien de la voie ferrée (7531)
  • Chefs de train et serre-freins (7362)
  • Matelots de pont et matelots de salle des machines du transport par voies navigables (7532)
  • Surveillants/surveillantes des opérations du transport ferroviaire (7304)
  • Réparateurs/réparatrices de wagons (7314)
  • Opérateurs/opératrices de bateau à moteur, de bac à câble et personnel assimilé (7533)
  • Agents/agentes à la billetterie, représentants/représentantes du service en matière de fret et personnel assimilé dans le transport routier et maritime (6524)
  • Manœuvres dans le transport ferroviaire et routier (7622)
  • Contrôleurs/contrôleuses de la circulation ferroviaire et régulateurs/régulatrices de la circulation maritime (2275)
  • Officiers mécaniciens/officières mécaniciennes du transport par voies navigables (2274)
  • Contrôleurs aériens/contrôleuses aériennes et personnel assimilé (2272)

L’industrie est étroitement liée à la demande domestique et étrangère pour les voyages, ainsi qu’au transport et au commerce international de marchandises. Après avoir subi les contrecoups de la récession de 2008-2009, la production dans l’industrie s’est rapidement rétablie en 2010 et 2011, alimentée par l’amélioration de la conjoncture économique à l’intérieur et à l’extérieur du Canada, ce qui s’est traduit par une hausse des dépenses discrétionnaires associées aux voyages et au tourisme et par une reprise du commerce international. La croissance de la production est demeurée solide durant les années qui ont suivi et a été particulièrement forte de 2014 à 2018, puisque l’industrie a bénéficié de l’effondrement des prix du pétrole brut en 2014-2015, ce qui a entraîné une diminution des coûts du carburant et une dépréciation de la valeur du dollar canadien. Plus précisément, la réduction des coûts du carburant a permis aux compagnies aériennes de réduire les prix des billets d’avion, stimulant la demande pour leurs services, alors que la dépréciation de la devise a attiré un plus grand nombre de voyageurs internationaux au Canada et incité davantage de Canadiens à demeurer au pays pour leurs vacances et à choisir des destinations desservies par les compagnies aériennes nationales. La dépréciation de la devise a aussi contribué à augmenter les exportations canadiennes, soutenant la demande pour le transport de marchandises par train, bateau ou cargo aérien. En moyenne, le PIB réel et l’emploi dans l’industrie ont augmenté à des taux annuels respectifs de 3,6 % et de 1,7 % au cours de la période 2009-2018, surpassant l’ensemble de l’économie sur le plan de la croissance de la production et de l’emploi, principalement en raison de la solide performance des segments du transport aérien et des services de soutien. Outre les faibles prix du carburant et la situation favorable de la devise, la robustesse des marchés du travail aux États-Unis et au Canada a également contribué à augmenter la demande de transport aérien à des niveaux records au cours des dernières années, quoique le rythme de croissance a commencé à ralentir en 2018.

Bien que la conjoncture économique demeure favorable pour l’industrie sur la période de projection, les facteurs ayant propulsé l’industrie vers de nouveaux sommets commenceront à s’atténuer, ce qui devrait se traduire par une croissance plus lente de la production par rapport à la période 2009-2018. Les ajustements des voyageurs vis-à-vis la faiblesse du dollar canadien sont en grande partie réalisés et bien que les hausses des prix du pétrole devraient être modestes, celles-ci engendreront des pressions à la hausse sur les tarifs et des pressions à la baisse sur la demande. Le niveau élevé d’endettement des ménages et le ralentissement anticipé dans la croissance du revenu disponible au Canada (attribuable au ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler et aux retraites massives des baby-boomers) viendront également exercer des pressions sur les budgets des ménages, limitant les dépenses discrétionnaires pour les voyages et le tourisme. L’activisme relié au changement climatique représente un autre facteur susceptible de restreindre les dépenses reliées au transport aérien. En revanche, la demande pour le transport aérien augmentera avec la croissance des revenus dans les marchés émergents, notamment en Asie, alors que la connectivité grandissante de l’économie mondiale viendra stimuler les voyages d’affaires entre le Canada et le reste du monde. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA)(6), le nombre de passagers aériens dans le monde pourrait doubler au cours des 20 prochaines années, passant de 4,1 à 8,2 milliards de passagers par année, soit l’équivalent de la population mondiale.

L’accélération anticipée dans la croissance des exportations (alimentée par la vigueur de l’économie américaine et une plus grande diversification des marchés d’exportation découlant de nouveaux accords commerciaux avec l’Union européenne et la région d’Asie-Pacifique) devrait également venir augmenter le nombre de voyages d’affaires et le transport de marchandises par voie aérienne, ferrée ou maritime. Toutefois, le ralentissement anticipé dans la croissance économique mondiale ainsi que la menace d’une montée du protectionnisme et d’un contrôle plus serré des frontières risquent d’entraver le commerce et les voyages entre les pays. Le développement de nouveaux pipelines, dont l’extension de la ligne 3 d’Enbridge qui doit être achevée durant la deuxième moitié de 2020, est un autre facteur qui devrait favoriser la croissance de l’industrie, quoique plusieurs projets notables, comme l’extension de Trans Mountain et le projet Keystone XL, soient contestés sur la scène politique, juridique, sociale et environnementale. On projette que le PIB réel de l’industrie progressera à un taux moyen de 1,8 % par année sur l’horizon 2019-2028, soit un ralentissement considérable par rapport à la décennie précédente. La croissance de l’emploi devrait également ralentir, pour se situer à 1,0 % par année en moyenne. Le nombre croissant de concurrents sur les marchés nationaux et internationaux obligera inévitablement les compagnies aériennes canadiennes à augmenter leur efficacité et leur productivité au détriment de l’emploi. L’introduction de bornes libre-service dans les aéroports du monde entier a permis d’accroître l’efficacité des systèmes d’enregistrement et de traitement des passagers. Parmi les autres facteurs permettant d’améliorer la productivité, mentionnons les mesures visant à accélérer les travaux d’entretien et la commercialisation des services aériens, de même que les changements dans la structure de l’industrie par le biais de fusions et d’acquisitions. Au Canada, deux acquisitions majeures sont présentement à l’étude : soient l’acquisition d’Air Transat par Air Canada et celle de WestJet par Onex Corporation.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services de transport aérien, ferroviaire, maritime et pipelines

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les services de transport aérien, ferroviaire, maritime et pipelines. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services de transport aérien, ferroviaire, maritime et pipelines (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 3,6 1,7
2019-2028 1,8 1,0

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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