Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Finance, assurances et services immobiliers et de location

(SCIAN 5211-5269; 5311-5331)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à effectuer des opérations financières ou à en faciliter l’exécution (comme les banques, les sociétés d’assurance et les agences de courtage d’assurance) ainsi que les établissements dont l’activité principale consiste à vendre ou à acheter des biens immobiliers pour le compte de tiers ou à louer ou à donner à bail différents biens corporels ou incorporels. L’immobilier et les services de location représentent les plus importants segments en termes de production, totalisant 66 % du PIB réel de l’industrie en 2018, alors que la finance et les assurances représentent les plus importants segments en termes d’emploi, totalisant 71 % de l’ensemble des travailleurs. Plus précisément, l’industrie comptait 1,2 million de travailleurs en 2018, dont 49 % dans la finance, 22 % dans les assurances, 24 % dans l’immobilier et 5 % dans les services de location. L’emploi est principalement concentré en Ontario (48 %), au Québec (20 %) et en Colombie-Britannique (13 %), et la main-d’œuvre est composée d’une légère majorité de travailleurs féminins (54 %). Le segment de l’immobilier est également caractérisé par une forte proportion de travailleurs indépendants (45 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Autres agents financiers/agentes financières (1114)
  • Agents/agentes et vendeurs/vendeuses en immobilier (6232)
  • Représentantes/représentants au service à la clientèle – institutions financières (6551)
  • Agents/agentes et courtiers/courtières d’assurance (6231)
  • Directeurs/directrices de banque, du crédit et d’autres services de placements (0122)
  • Représentants/représentantes des ventes financières (6235)
  • Analystes financiers/analystes financières et analystes en placement (1112)
  • Directeurs/directrices des services d’hébergement (0632)
  • Experts/expertes en sinistres et rédacteurs/rédactrices sinistres (1312)
  • Agents/agentes de gestion immobilière (1224)
  • Commis de banque, d’assurance et d’autres services financiers (1434)
  • Directeurs/directrices des assurances, de l’immobilier et du courtage financier (0121)
  • Vérificateurs/vérificatrices et comptables (1111)
  • Analystes et consultants/consultantes en informatique (2171)
  • Superviseurs/superviseuses de commis de finance et d’assurance (1212)
  • Agents/agentes en valeurs, agents/agentes en placements et négociateurs/négociatrices en valeurs (1113)
  • Programmeurs/programmeuses et développeurs/ développeuses en médias interactifs (2174)
  • Assureurs/assureures (1313)
  • Agents/agentes de soutien aux utilisateurs (2282)
  • Gestionnaires des systèmes informatiques (0213)
  • Estimateurs/estimatrices et évaluateurs/évaluatrices (1314)
  • Commis à la saisie de données (1422)
  • Directeurs financiers/directrices financières (0111)
  • Analystes de bases de données et administrateurs/administratrices de données (2172)
  • Agents/agentes de développement économique, recherchistes et experts-conseils/expertes-conseils en marketing (4163)
  • Techniciens/techniciennes de réseau informatique (2281)
  • Économistes, recherchistes et analystes des politiques économiques (4162)
  • Ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel (2173)
  • Agents/agentes de recouvrement (1435)
  • Mathématiciens/mathématiciennes, statisticiens/statisticiennes et actuaires (2161)

Bien que les segments de la finance et des assurances tirent environ le tiers de leurs revenus en provenance de l’étranger, l’industrie dans son ensemble repose largement sur la performance de l’économie canadienne, compte tenu de l’importance du segment de l’immobilier en termes de production. De façon générale, l’industrie est particulièrement sensible aux dépenses de consommation et à l’investissement des entreprises, incluant l’investissement résidentiel et non résidentiel. La production et l’emploi dans l’industrie ont augmenté continuellement de 2009 à 2018, même pendant la récession de 2008-2009, ce qui illustre le fait que les opérations bancaires, les assurances et les autres services financiers sont souvent des services essentiels pour les ménages et les entreprises, indépendamment des fluctuations de la conjoncture économique. Le rebond considérable enregistré sur les marchés boursiers à la suite de la crise financière a stimulé le segment de la finance, alors que des taux hypothécaires historiquement bas ont stimulé le segment de l’immobilier, puisque les faibles coûts de financement ont entraîné une hausse du prix des maisons à des niveaux records. Toutefois, suite à la décision de la Banque du Canada d’augmenter les taux d’intérêt à trois reprises en 2018, plusieurs marchés immobiliers à travers le pays ont commencé à se refroidir. Le resserrement des règles hypothécaires et l’imposition de taxes sur la propriété étrangère pour éviter la spéculation immobilière sont venus freiner l’activité immobilière sur des marchés importants comme Toronto et Vancouver. Malgré un ralentissement en 2018, le taux de croissance du PIB réel dans l’industrie fut parmi les plus élevés de l’économie pour l’ensemble de la période 2009-2018, atteignant 2,8 % par année en moyenne. La croissance de l’emploi a toutefois été nettement inférieure, affichant une moyenne de 1,0 % par année. Cette situation reflète une hausse considérable de la productivité, largement attribuable à une utilisation accrue des technologies en ligne pour les services financiers, bancaires et immobiliers, qui ont permis à l’industrie d’augmenter sa production de façon marquée en dépit d’une croissance modeste de l’emploi. Par exemple, le calcul des primes et le traitement des ventes et des réclamations sont de plus en plus automatisés par les compagnies d’assurance. L’émergence de nouvelles entreprises de technologie financière (aussi dénommée fintech) joue également un rôle important en incitant les grandes banques canadiennes à adopter des technologies plus innovantes.

On projette une croissance plus modérée de la production au sein de l’industrie sur la période 2019-2028, principalement en raison de perspectives moins optimistes pour le marché immobilier. Le ralentissement anticipé dans la croissance de la demande intérieure finale, plus particulièrement dans l’investissement résidentiel et les dépenses de consommation, viendra non seulement restreindre la demande pour les services immobiliers et les prêts bancaires, mais également la demande pour les services d’assurance de biens et d’habitations. Bien que les taux hypothécaires demeurent bas, plusieurs facteurs devraient venir freiner l’investissement dans le logement neuf, incluant des règles plus strictes en matière d’hypothèques, le lourd endettement des ménages, et le déclin graduel du taux de formation des ménages. Les dépenses de rénovation et les coûts de transfert de propriété devraient également croître à un rythme plus lent, en raison d’un marché de la revente moins dynamique (en 2018, les prix de revente des maisons au Canada ont chuté pour la première fois depuis dix ans). De plus, le ralentissement anticipé dans la croissance du revenu disponible au Canada (attribuable au ralentissement de la croissance de la population en âge de travailler et aux retraites massives des baby-boomers) viendra restreindre les dépenses de consommation, particulièrement pour les articles coûteux comme les automobiles et les appareils ménagers. Cette situation pourrait être aggravée par le niveau élevé d’endettement des ménages et par toute hausse éventuelle des taux d’intérêt ou des taux hypothécaires à plus long terme (en réponse aux pressions inflationnistes découlant du resserrement du marché du travail).

Sur une note plus positive, l’industrie devrait bénéficier d’une nouvelle mesure récemment introduite par le gouvernement fédéral qui offrira aux acheteurs d’une première habitation un financement allant jusqu’à 10 % du coût d’acquisition. La demande pour les prêts aux entreprises devrait également être stimulée par le redressement des investissements en machines et équipements et par l’accélération de la construction de bâtiments commerciaux, en partie en réponse aux faibles taux d’inoccupation des bureaux dans les régions de Toronto et de Vancouver et à la demande accrue pour des espaces d’entreposage suite à l’adoption grandissante du commerce électronique. Les institutions financières sont en pleine révolution technologique, puisque les applications fintech et insurtech viennent transformer les modèles d’affaires traditionnels et ouvrent la porte à une nouvelle forme de concurrence, notamment celle de l’industrie des services informatiques. Ces technologies comprennent l’utilisation de l’intelligence artificielle, l’analyse de mégadonnées, l’automatisation et la robotisation des processus, les systèmes bancaires ouverts (open banking), et les transactions en chaînes de blocs (blockchain) pour améliorer l’efficacité de la prestation des services dans les domaines des finances et des assurances. Par exemple, les applications fintech facilitent l’utilisation des services financiers grâce aux services bancaires mobiles et aux services de conseil automatisés, alors que les applications insurtech calculent la réduction des primes en surveillant les comportements sécuritaires grâce à des dispositifs de suivi ou des capteurs biométriques. Toutefois, la hausse continue des cas de violation de données (cyberattaques) présente un risque pour les institutions financières et les régulateurs doivent s’assurer que ces nouvelles applications sont sécures pour les consommateurs et les entreprises avant d’être pleinement mises en œuvre. La fréquence et le coût des catastrophes naturelles augmentent également, menaçant la stabilité et la rentabilité du segment des assurances.

En moyenne, le PIB réel dans l’industrie devrait progresser de 2,2 % par année sur l’horizon 2019-2028, comparativement à 2,8 % durant la décennie précédente. La croissance de l’emploi devrait également ralentir marginalement, pour se chiffrer à 0,8 % annuellement. Encore une fois, la hausse de la production proviendra en grande partie de gains de productivité découlant d’innovations technologiques. La prépondérance de l’automatisation et des services en ligne dans les domaines de l’immobilier, des opérations bancaires, des assurances, et même dans le domaine de l’investissement continueront à améliorer la productivité de l’industrie. Il se pourrait toutefois que la hausse de la productivité ne se fasse pas nécessairement au détriment de l’emploi. C’est surtout la composition des emplois au sein de l’industrie qui pourrait changer au cours des prochaines années. Par exemple, l’automatisation de tâches répétitives devrait réduire la demande pour des travailleurs moins qualifiés comme les caissiers de banque et les représentants du service à la clientèle. La demande de conseillers financiers pourrait également être touchée, car les nouvelles plateformes et outils numériques ont la capacité d’automatiser un nombre croissant de tâches traditionnellement accomplies par des entreprises de gestion de portefeuille. Afin de faire face à l’émergence des nouvelles entreprises de technologie financière (fintech/insurtech), on anticipe que l’industrie embauchera un grand nombre de travailleurs spécialisés en technologie de l’information (TI), comme des ingénieurs en informatique et des spécialistes du traitement des données et de la sécurité cybernétique, ce qui pourrait largement compenser pour les emplois qui seraient supprimés. Bien que les nouvelles entreprises de haute technologie (fintech/insurtech) puissent vendre leurs applications aux institutions financières, plusieurs d’entre elles choisissent de fournir leurs services directement aux consommateurs et aux entreprises, entrant ainsi en concurrence directe avec les banques et les compagnies d’assurance traditionnelles.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la finance, les assurances et les services immobiliers et de location

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans la finance, les assurances et les services immobiliers et de location. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans la finance, les assurances et les services immobiliers et de location (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 2,8 1,0
2019-2028 2,2 0,8

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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