Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Architecture, génie et services de design et de R-D scientifique

(SCIAN 5413; 5414; 5417)

Cette industrie comprend les établissements qui fournissent des services hautement spécialisés aux entreprises dans trois segments différents. Les services d’architecture, de génie et services connexes représentent de loin le plus important segment, totalisant 80 % de la production et 73 % de l’emploi en 2018. En comparaison, les services spécialisés de design (qui comprennent le design intérieur, industriel et graphique) totalisaient seulement 5 % de la production mais 16 % de l’emploi, versus 15 % et 10 % respectivement pour les services de recherche et développement scientifique. L’industrie comptait 344 300 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Ontario (37 %), au Québec (23 %), en Alberta (17 %) et en Colombie-Britannique (14 %). La main-d’œuvre est majoritairement composée de travailleurs masculins (65 %) et caractérisée par un haut niveau de scolarité et une forte proportion de travailleurs indépendants (28 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Designers graphiques et illustrateurs/illustratrices (5241)
  • Ingénieurs civils/ingénieures civiles (2131)
  • Autres ingénieurs/ingénieures, n.c.a. (2148)
  • Designers d’intérieur et décorateurs/décoratrices d’intérieur (5242)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en dessin (2253)
  • Architectes (2151)
  • Ingénieurs mécaniciens/ingénieures mécaniciennes (2132)
  • Ingénieurs électriciens et électroniciens/ingénieures électroniciennes et électroniciennes (2133)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie civil (2231)
  • Directeurs/directrices des services de génie (0211)
  • Inspecteurs/inspectrices en construction (2264)
  • Géoscientifiques et océanographes (2113)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en arpentage (2254)
  • Directeurs/directrices des services d’architecture et de sciences (0212)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en chimie (2211)
  • Ingénieurs/ingénieures de l’extraction et du raffinage du pétrole (2145)
  • Biologistes et personnel scientifique assimilé (2121)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie mécanique (2232)
  • Ensembliers/ensemblières de théâtre, dessinateurs/dessinatrices de mode, concepteurs/conceptrices d’expositions et autres concepteurs/conceptrices artistiques (5243)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en architecture (2251)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie électronique et électrique (2241)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie industriel et en génie de fabrication (2233)
  • Chimistes (2112)
  • Vérificateurs/vérificatrices et essayeurs/essayeuses des essais non destructifs (2261)
  • Arpenteurs-géomètres/arpenteuses-géomètres (2154)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en biologie (2221)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en géologie et en minéralogie (2212)
  • Designers industriels/designers industrielles (2252)
  • Ingénieurs chimistes/ingénieures chimistes (2134)
  • Ingénieurs géologues/ingénieures géologues (2144)
  • Ingénieurs/ingénieures d’industrie et de fabrication (2141)
  • Physiciens/physiciennes et astronomes (2111)
  • Architectes paysagistes (2152)

L’industrie repose fortement sur la performance de l’économie canadienne et est en grande partie stimulée par l’investissement des entreprises et les dépenses gouvernementales, ainsi que les activités en matière de recherche et développement (R-D). Plus précisément, les services d’architecture et de génie ainsi que les services de design sont fortement liés à l’investissement résidentiel et non résidentiel et à son impact sur les activités de construction. La demande pour les services de génie repose également sur l’investissement des entreprises en machines et équipements. En comparaison, le segment de la R-D est étroitement lié aux dépenses des secteurs privé et public pour le développement de nouvelles technologies et de nouveaux produits novateurs. Les activités de R-D sont généralement soutenues par les profits du secteur privé et les dépenses du secteur public. Après avoir subi les contrecoups de la récession de 2008-2009, la production dans l’industrie a fortement augmenté de 2010 à 2012. Elle a ensuite stagné en 2013-2014, avant de chuter considérablement en 2015-2016, pour se stabiliser à des niveaux relativement bas en 2017-2018. Cette situation s’explique principalement par le fait que l’investissement non résidentiel et les activités de construction ont été sévèrement touchés par la chute des investissements dans les ouvrages de génie liés aux installations minières, pétrolières et gazières, suite à la faiblesse des prix des métaux et des produits énergétiques. En effet, la demande pour les services de génie a fléchi en 2012 lorsque les prix des métaux ont commencé à diminuer, pour connaître une baisse plus prononcée après l’effondrement des prix du pétrole en 2014-2015. La croissance négative observée dans les dépenses en R-D et dans l’investissement en machines et équipements au cours de la dernière décennie est un autre facteur ayant contribué à freiner la demande pour les services de R-D et de génie. En moyenne, le PIB réel dans l’industrie a progressé de 0,6 % par année au cours de la période 2009-2018, enregistrant la plupart des gains avant 2013. Du côté de l’emploi, la croissance a largement suivi celle de la production, bien qu’à un rythme plus rapide de 1,1 % par année. Malgré la chute de l’investissement non résidentiel dans les récentes années, la croissance de l’investissement résidentiel est demeurée solide au cours de la dernière décennie (à l’exception d’une baisse significative en 2018), supportant la demande de main-d’œuvre pour les architectes, ingénieurs et designers. Le recul de la productivité s’explique par le fait que la chute de l’investissement non résidentiel a sévèrement perturbé les activités au sein de l’industrie, entraînant une baisse des revenus et des profits, ce qui a contraint plusieurs entreprises à réduire leurs dépenses en capital, y compris l’investissement dans les nouvelles technologies.

Au cours de la période de projection, l’industrie devrait enregistrer une accélération considérable de la croissance de sa production par rapport à la période 2009-2018, alimentée par une croissance plus rapide dans la construction de bâtiments non résidentiels et par un redressement des investissements en machines et équipements. Plus spécifiquement, la demande pour les services d’architecture, de génie et de design sera alimentée par l’accélération anticipée dans la construction de bâtiments industriels et commerciaux, en réponse à la nécessité d’augmenter la capacité de production industrielle, aux faibles taux d’inoccupation des bureaux dans les régions de Toronto et Vancouver, et à la demande accrue pour des espaces d’entreposage suite à l’adoption croissante du commerce électronique. Le programme d’infrastructure du gouvernement fédéral (186 milliards de dollars sur 12 ans) devrait également venir augmenter la construction d’ouvrages de génie publiques et de bâtiments institutionnels. Outre les infrastructures de transport conventionnel et de transport en commun et les infrastructures environnementales et rurales, ce programme comprend également des dépenses pour les "infrastructures sociales" telles que des infrastructures culturelles et récréatives. Par ailleurs, après avoir limité leurs investissements en machines et équipements pendant des années, on s’attend à ce que les entreprises canadiennes remplacent ou modernisent leur stock de capital, en réponse au développement de nouvelles technologies permettant d’améliorer la productivité, à l’accélération anticipée dans l’activité manufacturière, ainsi qu’aux pressions démographiques sur l’offre de main-d’œuvre. Ces facteurs se traduiront par un redressement marqué des investissements en machines et équipements au Canada, augmentant la demande pour les services de génie. Le regain de croissance anticipé dans les profits corporatifs devrait également se traduire par un redressement considérable des investissements en matière de propriété intellectuelle, incluant les activités de R-D. Ceci viendra augmenter la demande pour l’expertise de l’industrie dans les domaines de la recherche scientifique et du design industriel.

En revanche, la demande pour les services d’architecture pourrait être contrainte par le ralentissement anticipé dans l’investissement résidentiel. Bien que les taux hypothécaires demeurent bas, plusieurs facteurs devraient venir freiner l’investissement dans le logement neuf, incluant des règles plus strictes en matière d’hypothèques, le lourd endettement des ménages, et le déclin graduel du taux de formation des ménages. La croissance anémique des investissements dans les ouvrages de génie, largement attribuable au secteur des ressources en réponse aux perspectives peu encourageantes concernant les prix du pétrole et des métaux, pourrait également venir restreindre la demande pour les services de génie. L’industrie devrait toutefois enregistrer une hausse de ses exportations, notamment dans les services de génie-conseil et d’architecture qui bénéficient d’une croissance rapide de l’expertise canadienne sur les marchés étrangers. Outre la valeur relativement faible du dollar canadien qui se traduit par des prix plus compétitifs, notamment sur le marché américain, la reconnaissance mutuelle des titres de compétence professionnelle en vertu de l’Accord économique et commercial global (AECG) devrait permettre à l’industrie de soumissionner pour des contrats sur le marché européen. On projette que le PIB réel de l’industrie augmentera à un taux moyen de 2,1 % par année sur l’horizon 2019-2028, soit une accélération notable par rapport aux dix années précédentes. À l’inverse, la croissance de l’emploi devrait ralentir marginalement pour se situer à 1,1 % par année, en raison d’un revirement majeur dans la productivité. Cette situation reflète le besoin d’améliorer la productivité suite à la difficulté croissante de recruter des travailleurs hautement qualifiés et à la nécessité d’améliorer la compétitivité des coûts face à une concurrence plus ouverte sur le marché mondial, particulièrement avec la mise en œuvre de l’AECG. Par exemple, les professions liées au génie mécanique (CNP 2132), y compris les technologues et les techniciens (CNP 2232), devraient continuer à montrer des signes de pénurie au cours des dix prochaines années. Dans un contexte où il sera de plus en plus difficile d’embaucher des travailleurs supplémentaires, l’industrie devra adopter des technologies permettant d’améliorer la productivité. Parmi celles-ci, mentionnons les techniques de modélisation des informations sur les bâtiments pour automatiser une grande partie des travaux de design et de génie, l’impression en trois dimensions pour concevoir des composants modulaires, et l’utilisation de drones pour inspecter et évaluer les structures de grande dimension ou celles qui sont difficiles d’accès.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’architecture, le génie et les services de design et de r-d scientifique

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans l’architecture, le génie et les services de design et de r-d scientifique. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’architecture, le génie et les services de design et de r-d scientifique (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 0,6 1,1
2019-2028 2,1 0,9

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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