Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Services d'information, culture et télécommunications

(SCIAN 5111-5112; 5121-5122; 5151-5152; 5171-5179; 5182; 5191)

Cette industrie comprend six segments distincts : édition (journaux, magazines, livres et logiciels); production de films et enregistrements sonores (films cinématographiques, vidéos, émissions télévisées, publicités, enregistrements musicaux); radiodiffusion et télédiffusion (réseaux radiophoniques et télévisuels, incluant les chaînes payantes et spécialisées, mais excluant la radiodiffusion et télédiffusion par Internet); télécommunications (services téléphoniques, télévisuels et services Internet par l’intermédiaire de réseaux filaires, câble coaxial, fibre optique, technologies sans fil et satellite); traitement et hébergement de données et services connexes (saisie, stockage et analyse de données, hébergement de sites Web, diffusion audio et vidéo en continu); et autres services d’information (agences de presse, bibliothèques et archives, radiodiffusion et télédiffusion de contenu sous forme de textes ou de signaux audio/vidéo par Internet, sites portails de recherche). La production et l’emploi sont répartis de façon très inégale entre les six segments. Les services de télécommunications représentent le segment le plus important et le plus intensif en capital, totalisant 57 % de la production et 35 % de l’emploi en 2018. En comparaison, la production de films et les enregistrements sonores représentent le segment le plus intensif en main-d’œuvre, totalisant seulement 8 % de la production mais 24 % de l’emploi. Les services d’édition totalisaient 18 % de la production et 20 % de l’emploi, comparativement à 17 % et 21 % respectivement pour les trois segments restants. Dans l’ensemble, l’industrie comptait 342 400 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Ontario (42 %), au Québec (23 %) et en Colombie-Britannique (17 %). La main-d’œuvre est majoritairement composée de travailleurs masculins (59 %). Étant donné la grande variété d’activités, les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent une combinaison de :

  • Producteurs/productrices, réalisateurs/réalisatrices, chorégraphes et personnel assimilé (5131)
  • Installateurs/installatrices et réparateurs/réparatrices de matériel de télécommunications (7246)
  • Commis et assistants/assistantes dans les bibliothèques (1451)
  • Designers graphiques et illustrateurs/illustratrices (5241)
  • Agents/agentes de soutien aux utilisateurs (2282)
  • Analystes et consultants/consultantes en informatique (2171)
  • Directeurs/directrices d’entreprises de télécommunications (0131)
  • Programmeurs/programmeuses et développeurs/ développeuses en médias interactifs (2174)
  • Journalistes (5123)
  • Personnel de soutien du cinéma, de la radiotélédiffusion, de la photographie et des arts de la scène (5227)
  • Techniciens/techniciennes en enregistrement audio et vidéo (5225)
  • Réviseurs/réviseures, rédacteurs-réviseurs/rédactrices-réviseures et chef du service des nouvelles (5122)
  • Ingénieurs informaticiens/ingénieures informaticiennes (2147)
  • Techniciens/techniciennes de réseau informatique (2281)
  • Messagers/messagères et distributeurs/distributrices porte-à-porte (1513)
  • Gestionnaires des systèmes informatiques (0213)
  • Monteurs/monteuses de lignes et de câbles de télécommunications (7245)
  • Autre personnel technique et personnel de coordination du cinéma, de la radiotélédiffusion et des arts de la scène (5226)
  • Cadreurs/cadreuses de films et cadreurs/cadreuses vidéo (5222)
  • Annonceurs/annonceuses et autres communicateurs/communicatrices (5231)
  • Ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel (2173)
  • Directeurs/directrices – édition, cinéma, radiotélédiffusion et arts de la scène (0512)
  • Bibliothécaires (5111)
  • Techniciens/techniciennes en montage et en entretien d’installations de câblodistribution (7247)
  • Techniciens/techniciennes en graphisme (5223)
  • Techniciens/techniciennes dans les bibliothèques et les services d’archives publiques (5211)
  • Techniciens/techniciennes en radiotélédiffusion (5224)

Les technologies numériques ont transformé la façon dont les produits d’information et les produits culturels sont conçus, distribués et consommés, et les fournisseurs de services de télécommunications jouent un rôle de premier plan pour rendre ces produits accessibles au public. L’industrie repose essentiellement sur les dépenses des ménages et des entreprises au Canada et est donc particulièrement sensibles aux fluctuations de la conjoncture économique au pays. Après avoir enregistré un léger déclin durant la récession de 2008-2009, la production dans l’industrie a augmenté presque continuellement de 2010 à 2018, quoiqu’à un rythme plutôt modeste en raison des perturbations engendrées par la révolution numérique. La croissance dans les services de télécommunications a été contrainte par une baisse de l’utilisation des téléphones filaires à la maison, par la maturité des services de téléphonie mobile, et par le changement dans les habitudes d’écoute télévisuelle vers le contenu en ligne (comme Netflix), qui a eu un impact négatif sur les abonnements à la télévision traditionnelle (comme la télévision par câble ou par satellite). L’activité dans le segment de la radiodiffusion et télédiffusion a considérablement diminué suite à la transition des consommateurs vers les services de diffusion audio et vidéo en continu (comme Spotify et YouTube) et à la baisse des dépenses publicitaires dans les médias traditionnels en faveur des plateformes numériques. La transition vers les médias numériques a aussi affecté la demande de documents imprimés (journaux, magazines, livres), réduisant également les revenus publicitaires et l’activité économique dans le segment de l’édition traditionnelle. Ces facteurs ont été contrebalancés par une croissance ferme dans les trois autres segments de l’industrie, c’est-à-dire la production de films et les enregistrements sonores, le traitement et l’hébergement de données, et les autres services d’information (ces segments incluent la diffusion audio et vidéo en continu (streaming) et la publication de contenu sur Internet).

En moyenne, le PIB réel pour l’ensemble de l’industrie a progressé à un taux modeste de 1,0 % par année sur la période 2009-2018, soit environ la moitié du taux enregistré pour l’ensemble du secteur des services. Si l’avènement des technologies numériques a restreint la croissance de la production dans l’industrie, l’impact a été encore plus prononcé pour l’emploi qui a chuté à un taux moyen de 1,3 % par année au cours de la dernière décennie. Durant cette période, les segments de l’édition et de la radiodiffusion-télédiffusion ont perdu 48 000 emplois suite à la baisse de la production. Ceci exclut, cependant, les éditeurs de logiciels où l’emploi a augmenté de 18 400. Le segment des télécommunications a perdu 38 700 emplois, en partie attribuable à la délocalisation des opérations de service à la clientèle (incluant les ventes et le support technique) vers des centres d’appels externes, souvent situés dans des pays moins développés, comme la Chine et l’Inde. Les entreprises de télécommunications ont aussi investi massivement dans leurs systèmes d’information, ce qui s’est traduit par une hausse considérable de la productivité. Ainsi, l’automatisation d’un nombre croissant de tâches est venu réduire la demande pour les travailleurs moins qualifiés. En revanche, la solide croissance enregistrée dans la production de films et les enregistrements sonores depuis 2012 a entraîné la création de 26 000 emplois au cours des six dernières années. Dans une large mesure, ces gains d’emplois ont été rendus possibles grâce aux nouvelles technologies et plateformes numériques qui ont considérablement réduit les coûts de production et de distribution de contenu audio et vidéo. Ce segment a aussi bénéficié de la dépréciation du dollar canadien, qui est venu renforcé la compétitivité du Canada en tant que lieu de tournage de films étrangers et de séries télévisées, particulièrement pour les productions américaines.

Au cours de la période de projection, l’industrie devrait enregistrer une accélération considérable de la croissance de sa production par rapport à la période 2009-2018, alimentée par une hausse de la demande pour le contenu en ligne et des exigences toujours croissantes pour la transmission et le stockage de données. Plus spécifiquement, le déplacement de la distribution et de la consommation de produits d’information et de produits culturels vers les médias numériques continuera à alimenter la demande pour la publication de contenu en ligne ainsi que pour la diffusion audio et vidéo en continu, stimulant la croissance dans les segments du traitement et de l’hébergement de données et des autres services d’information. Le segment des télécommunications devrait également progresser à un rythme plus rapide, stimulé par la quantité croissante de données utilisées par les consommateurs et les entreprises sur leurs appareils mobiles et leurs connexions Internet filaires, suite à la popularité des applications de diffusion en continu, des plateformes infonuagiques, des technologies de communications unifiées et des solutions de sécurité cybernétique. Le regain de croissance anticipé dans les profits corporatifs et dans les investissements en machines et équipements (incluant les investissements dans les technologies de l’information et des communications) est un autre facteur qui devrait venir augmenter les dépenses des entreprises liées aux services de télécommunications, atténuant en partie la faiblesse anticipée dans les dépenses de consommation des ménages.

La prochaine génération de réseaux sans fil jouera également un rôle central, puisque le déploiement des technologies 5G au Canada devrait commencer dans quelques années. En effet, le gouvernement fédéral a initié la mise aux enchères des bandes de fréquence pour ces réseaux en mars 2019. Plusieurs de ces enchères sont réservées à des entreprises de plus petites tailles afin d’encourager une plus grande concurrence dans les services de télécommunications au Canada. À long terme, les réseaux 5G permettront des téléchargements plus rapides et amélioreront les performances des systèmes d’information et de communication, notamment pour les voitures intelligentes et l’Internet des objets (IdO), créant de nouveaux débouchés commerciaux. De plus, la multiplication des plateformes en ligne pour le contenu audio et vidéo devrait continuer à soutenir la croissance de la production et de l’emploi dans le segment des films et des enregistrements sonores, alors que la valeur relativement faible du dollar canadien maintiendra la compétitivité du Canada en tant que lieu de production de séries télévisées et de films américains. En revanche les segments traditionnels de l’édition et de la radiodiffusion-télédiffusion devraient continuer à décliner, quoiqu’à un rythme moins prononcé que durant la dernière décennie. Ces deux segments devraient éventuellement atteindre un nouvel équilibre et s’ajuster aux perturbations causées par la révolution numérique.

On projette que le PIB réel de l’industrie augmentera à un taux moyen de 1,6 % par année sur l’horizon 2019-2028, soit une accélération notable par rapport aux dix années précédentes. Cette croissance plus rapide de la production devrait se traduire par une reprise partielle de l’emploi à un taux moyen de 0,5 % par année. On anticipe que le segment des télécommunications, qui constitue le pilier de toutes les activités utilisant la connectivité Internet, créera de nouveaux emplois, particulièrement dans les domaines qui exigent des compétences spécialisées comme les professionnels des TI et des experts en traitement de données. Toutefois, la création d’emplois continuera d’être contrainte par la sous-traitance et la délocalisation des opérations de service à la clientèle. La croissance de la production devrait en grande partie provenir de gains supplémentaires dans la productivité, alimentés par la rapidité des progrès dans les technologies numériques et le fait que les services de télécommunications, qui représentent le plus important segment de l’industrie, sont très intensifs en capital.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services d’information, culture et télécommunications

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les services d’information, culture et télécommunications. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services d’information, culture et télécommunications (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,0 -1,3
2019-2028 1,6 0,5

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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