Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Services juridiques, de comptabilité, de conseils et autres

(SCIAN 5411; 5412; 5416; 5418; 5419)

Cette industrie comprend les établissements qui offrent des services hautement spécialisés aux entreprises dans cinq segments différents: services juridiques (25 % de la production et 23 % de l’emploi en 2018); services de comptabilité, de préparation de déclarations de revenus, de tenue de livres et de paye (26 % et 25 %); services de conseils en gestion et de conseils scientifiques et techniques (25 % et 24 %); publicité et relations publiques (11 % et 16 %); et autres services professionnels, scientifiques et techniques comme les services de photographie et de traduction ainsi que les services vétérinaires (14 % et 12 %). Dans l’ensemble, l’industrie comptait 673 500 travailleurs en 2018, principalement concentrés en Ontario (44 %), au Québec (20 %), en Colombie-Britannique (15 %) et en Alberta (12 %). La main-d’œuvre est composée d’une majorité de travailleurs féminins (58 %) et caractérisée par un haut niveau de scolarité et une forte proportion de travailleurs indépendants (37 %). Étant donné la grande variété d’activités, les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent une combinaison de :

  • Vérificateurs/vérificatrices et comptables (1111)
  • Avocats/avocates et notaires (4112)
  • Professionnels/professionnelles des services-conseils en gestion aux entreprises (1122)
  • Techniciens/techniciennes en comptabilité et teneurs/teneuses de livres (1311)
  • Adjoints administratifs juridiques/adjointes administratives juridiques (1242)
  • Techniciens/techniciennes juridiques et personnel assimilé (4211)
  • Professionnels/professionnelles en publicité, en marketing et en relations publiques (1123)
  • Photographes (5221)
  • Technologues en santé animale et techniciens/techniciennes vétérinaires (3213)
  • Agents/agentes de développement économique, recherchistes et experts-conseils/expertes-conseils en marketing (4163)
  • Auteurs/auteurs, rédacteurs/rédactrices et écrivains/écrivaines (5121)
  • Recherchistes, experts-conseils/expertes-conseils et agents/agentes de programmes, en sciences naturelles et appliquées (4161)
  • Vétérinaires (3114)
  • Directeurs/directrices d’autres services aux entreprises (0125)
  • Designers graphiques et illustrateurs/illustratrices (5241)
  • Directeurs/directrices de la publicité, du marketing et des relations publiques (0124)
  • Directeurs financiers/directrices financières (0111)
  • Mathématiciens/mathématiciennes, statisticiens/statisticiennes et actuaires (2161)
  • Agronomes, conseillers/conseillères et spécialistes en agriculture (2123)
  • Shérifs et huissiers/huissières de justice (4421)
  • Professionnels/professionnelles des sciences forestières (2122)

L’industrie est étroitement liée à la performance de l’économie canadienne et repose en grande partie sur les activités des entreprises et les dépenses gouvernementales. Les profits corporatifs représentent également un facteur de croissance important pour l’industrie, car des profits plus élevés signifient davantage de revenus discrétionnaires disponibles pour l’achat de services juridiques, services-conseils et services publicitaires, souvent perçus comme des activités non essentielles. Bien que l’industrie repose principalement sur le marché intérieur, elle est aussi sensible aux conditions économiques extérieures puisque que la clientèle provient de différents types d’entreprises, dont certaines dépendent largement de la demande étrangère. À l’exception des services de comptabilité, qui sont moins sensibles aux fluctuations cycliques de l’économie, les autres segments de l’industrie ont été sévèrement touchés par la récession de 2008-2009, puisque les profits des entreprises ont chuté de 47 % en 2009 seulement. Il a fallu trois années à l’industrie pour retourner au niveau de production enregistré avant la récession. Après une année de croissance particulièrement forte en 2013, le PIB réel a progressé à un taux annuel moyen de 1,8 % de 2014 à 2018. Au cours de cette période, la production dans l’industrie a été stimulée par un certain nombre de facteurs, dont une demande accrue pour les services juridiques, comptables, experts-conseils et publicitaires (largement attribuable au nombre croissant d’entreprises qui font appel à la sous-traitance); un nombre record de fusions et d’acquisitions (qui a atteint en 2018 son plus haut sommet en douze ans); et une croissance fulgurante des dépenses en publicité numérique. La convergence des normes internationales en matière de comptabilité et la place grandissante qu’occupe les institutions financières canadiennes sur la scène internationale sont également venus accroître les exportations de services comptables, alors qu’un dollar canadien à la baisse a permis aux experts-conseils et aux publicitaires du pays de devenir plus concurrentiels sur les marchés étrangers. En moyenne, le PIB réel de l’industrie a progressé de 1,5 % par année sur la période 2009-2018, enregistrant la grande majorité des gains de 2013 à 2018. Par ailleurs, l’emploi a augmenté presque continuellement au cours de la dernière décennie, à l’exception d’un léger recul en 2012 et 2018. Ceci s’est traduit par une croissance moyenne de l’emploi se chiffrant à 2,0 % par année de 2009 à 2018. La croissance négative de la productivité s’explique principalement par la faiblesse des investissements en capital au sein de l’industrie durant la dernière décennie et par le fait qu’un grand nombre de tâches sont fortement intensives en main-d’œuvre.

Au cours de la période de projection, l’industrie devrait enregistrer une accélération considérable de la croissance de sa production par rapport à la période 2009-2018, alimentée par une plus forte activité commerciale et par un redressement des profits corporatifs. L’industrie continuera à bénéficier du nombre croissant d’entreprises dans différents secteurs de l’économie qui choisissent de sous-traiter leurs fonctions corporatives en vue d’accroître leur efficacité opérationnelle, en particulier les entreprises manufacturières qui sont davantage exposées à la concurrence des pays à faibles coûts de production. Dans un tel contexte, l’accélération anticipée dans l’activité manufacturière au Canada et une croissance soutenue dans les autres secteurs de l’économie offrent davantage d’opportunités pour l’industrie. On anticipe que la demande pour les services juridiques et comptables sera alimentée par une plus grande complexité de la réglementation corporative et des processus de vérification comptable, par la hausse des cyberattaques et des activités frauduleuses, et par le nombre croissant de fusions et d’acquisitions, particulièrement dans les secteurs minier et énergétique et dans l’industrie du cannabis. Aussi, les firmes d’experts-conseils interviennent de plus en plus dans les domaines de la gestion des ressources humaines, des solutions environnementales et de la mise en place de nouvelles technologies. Ces firmes devraient bénéficier de la hausse des dépenses du gouvernement fédéral dans différents projets d’infrastructure. Par ailleurs, la demande pour les services publicitaires devrait être alimentée par l’utilisation de mégadonnées afin d’obtenir une meilleure compréhension du comportement des consommateurs, par les nouveaux développements publicitaires découlant des technologies mobiles et multimédia, ainsi que par les nouvelles stratégies d’exploitation des médias sociaux. Plusieurs segments de l’industrie tireront profit de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage machine afin de résoudre des problèmes commerciaux de plus en plus complexes, ce qui pourrait donner naissance à de nouveaux secteurs d’activité.

L’industrie pourrait également voir augmenter ses exportations de services professionnels puisque la demande pour l’expertise canadienne connaît une croissance rapide. De plus, la faible valeur du dollar canadien se traduira par des prix plus compétitifs, notamment sur le marché américain, alors que la reconnaissance mutuelle des titres de compétence professionnelle en vertu de l’Accord économique et commercial global (AECG) devrait permettre aux fournisseurs de services professionnels de soumissionner pour des contrats sur le marché européen. En revanche, plusieurs entreprises sont exposées à des risques liés à la volatilité des revenus et à la fidélisation de la clientèle, puisque la fidélité des clients repose souvent sur des employés particuliers. On projette que le PIB réel de l’industrie augmentera à un taux moyen de 2,5 % par année sur l’horizon 2019-2028, soit une accélération notable par rapport aux dix années précédentes. À l’inverse, la croissance de l’emploi devrait ralentir considérablement pour se situer à 1,4 % par année, en raison d’un revirement majeur dans la productivité. Le regain de croissance dans la productivité reflète la rapidité des progrès anticipés dans les technologies cognitives. En effet, les tâches cognitives routinières sont de plus en plus automatisées et exécutées par la technologie, alors que les tâches cognitives non routinières sont de plus en plus appuyées et renforcées par la technologie. Par exemple, les tâches liées à la saisie de données, à la préparation de déclarations de revenus, à la recherche juridique et à la traduction sont de plus en plus susceptibles d’être accomplies par des applications en ligne et des logiciels spécialisés, alors que l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine viendront appuyer et complémenter des emplois hautement spécialisés sur le plan des services professionnels et des services d’experts-conseils.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services juridiques, de comptabilité, de conseils et autres services professionnels

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les services juridiques, de comptabilité, de conseils et autres services professionnels. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services juridiques, de comptabilité, de conseils et autres services professionnels (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,5 2,0
2019-2028 2,5 1,4

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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