Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Services publics d'électricité, de gaz et d'eau

(SCIAN 2211; 2212; 2213)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale est l’exploitation de services publics d’électricité, de gaz et d’eau. Les établissements de cette industrie assurent la production, le transport, la gestion et la distribution d’électricité; la distribution de gaz naturel; le traitement et la distribution de l’eau ainsi que l’exploitation des égouts et des usines de traitement des eaux usées et des systèmes connexes (comme les systèmes de chauffage à la vapeur et les systèmes de conditionnement de l’air). Ces établissements fournissent généralement leurs services par l’entremise d’une infrastructure permanente de conduites, de tuyauteries ainsi que d’installations de traitement et de transformation. La production, le transport et la distribution d’électricité est de loin le plus important des trois segments, totalisant 80 % de la production en 2018. L’industrie est essentiellement axée sur le marché intérieur et est très sensible aux fluctuations dans la production industrielle et les activités de construction. L’industrie comptait 144 800 travailleurs en 2018, dont 77 % dans la production, le transport et la distribution d’électricité, 10 % dans la distribution de gaz naturel et 13 % dans l’exploitation de réseaux d’aqueduc, d’égout et autres. L’emploi est principalement concentré en Ontario (39 %), au Québec (18 %), en Alberta (16 %) et en Colombie Britannique (10 %). La main-d’œuvre est caractérisée par une forte proportion de travailleurs masculins (75 %) et bénéficie d’une rémunération supérieure à la moyenne nationale, en partie attribuable à un taux de syndicalisation élevé. Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Monteurs/monteuses de lignes électriques et de câbles (7244)
  • Opérateurs/opératrices d’installations du traitement de l’eau et des déchets (9243)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de centrales et opérateurs/opératrices de réseaux électriques (9241)
  • Surveillants/surveillantes dans le raffinage du pétrole, dans le traitement du gaz et des produits chimiques et dans les services d’utilité publique (9212)
  • Directeurs/directrices des services d’utilité publique (0912)
  • Électriciens/électriciennes de réseaux électriques (7243)
  • Mécaniciens/mécaniciennes de chantier et mécaniciens/mécaniciennes industrielles (7311)
  • Ingénieurs électriciens et électroniques/ingénieures électriciennes et électroniciennes (2133)
  • Technologues et techniciens/techniciennes en génie électronique et électrique (2241)
  • Personnel d’entretien des canalisations d’eau et de gaz (7442)
  • Monteurs/monteuses d’installations au gaz (7253)

Après avoir reculé de façon marquée en 2009 sous l’effet du ralentissement économique, la production s’est rapidement redressée au cours des deux années suivantes, stimulée par la reprise de l’activité industrielle et des activités de construction. La production a stagné en 2012 et 2013, et a augmenté continuellement par la suite, mais le rythme de croissance a été partiellement contraint par les progrès réalisés en matière d’efficacité énergétique et la baisse d’électro-intensité de l’économie canadienne (l’électro-intensité se définit comme la quantité d’électricité utilisée par dollar du PIB). En moyenne, le PIB réel de l’industrie a progressé à un taux annuel de 0,8 % au cours de la période 2009-2018, stimulé en grande partie par la production, la transmission et la distribution d’électricité (54 % de la croissance du PIB), suivie par la distribution de gaz naturel (32 %) et l’exploitation de réseaux d’aqueduc et d’égout (14 %). Après avoir atteint un sommet en 2008, l’emploi total dans l’industrie a diminué de façon continue de 2009 à 2012 et est demeuré relativement stable de 2013 à 2017, avant d’augmenter significativement en 2018, grâce à des gains importants dans le segment de l’électricité. Ceci s’est traduit par une baisse marginale de la main-d’œuvre de 0,1 % par année en moyenne sur l’ensemble de la période 2009-2018. Les données d’emploi suggèrent que la croissance de la production dans les services d’utilité publique est essentiellement provenue d’une hausse de la productivité, du moins pour la presque totalité de la dernière décennie. Ceci reflète le fait que l’industrie est fortement intensive en capital, la quantité de capital par employé étant six fois supérieure à celle des industries productrices de biens. En d’autres termes, l’industrie requière un nombre beaucoup plus faible de travailleurs par unité de production que le secteur manufacturier et celui de la construction.

Au cours de la période de projection, on anticipe que la croissance du PIB réel dans l’industrie accélérera considérablement par rapport à la période 2009-2018, principalement alimentée par le segment de l’électricité. Bien que l’électro-intensité de l’économie canadienne devrait continuer à diminuer progressivement, la hausse de la demande en provenance des secteurs industriel et commercial devrait surpasser ces gains d’efficience. En effet, l’industrie pétrolière et gazière devrait accroître la demande du secteur industriel, car la consommation d’électricité augmentera de pair avec la croissance de la production dans les sables bitumineux, un processus qui nécessite une forte consommation d’énergie. Les exportations d’électricité aux États-Unis devraient également contribuer à accélérer la croissance de la production dans l’industrie des services d’utilité publique. Les investissements de l’industrie seront soutenus par des mégaprojets énergétiques dans plusieurs provinces, notamment à Terre-Neuve-et-Labrador (cours inférieur du fleuve Churchill), au Québec (complexe de la Romaine), en Ontario (centrales nucléaires de Darlington et de Bruce), en Colombie-Britannique (Site C Clean Energy) et au Manitoba (Keeyask Hydropower). La transition vers une économie à faible émission de carbone viendra également créer d’importantes opportunités pour l’électricité de gagner des parts de marché dans des domaines comme le transport. Toutefois, l’accélération des activités de production, de transmission et de distribution d’électricité devrait être accompagnée par un ralentissement des activités de distribution de gaz naturel et d’exploitation de réseaux d’aqueduc, d’égout et autres. Dans l’ensemble, la croissance du PIB réel dans l’industrie des services d’utilité publique devrait s’établir à 1,6 % par année en moyenne sur la période 2019-2028, soit le double du rythme observé au cours des dix années précédentes. Cette croissance plus rapide de la production devrait se traduire par un redressement plutôt modeste de l’emploi à un taux moyen de 0,3 % par année. En effet, les efforts pour contrôler les coûts et des gains supplémentaires en matière de productivité, provenant en partie des progrès anticipés dans les technologies d’énergie solaire et de biomasse, continueront de restreindre la création d’emplois dans l’industrie.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services publics d’électricité, de gaz et d’eau

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les services publics d’électricité, de gaz et d’eau. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les services publics d’électricité, de gaz et d’eau (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 0,8 -0,1
2019-2028 1,6 0,3

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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