Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Collèges, cégeps et formation professionnelle

(SCIAN 6112, 6114-6117)

Les collèges communautaires et les cégeps comprennent les établissements dont l’activité principale consiste à offrir des cours théoriques ou techniques, et à décerner des grades d’associé, des certificats ou des diplômes de niveau pré-universitaire. Pour être admis à un programme menant à l’obtention d’un grade d’associé ou l’équivalent, l’élève doit posséder au moins un diplôme d’études secondaires ou une formation scolaire générale équivalente. Les écoles professionnelles comprennent les établissements comme les écoles de commerce et de formation en informatique et en gestion, les écoles techniques et écoles de métiers, et d’autres écoles dont l’activité principale consiste à dispenser une formation dans les domaines des beaux-arts, des sports, des langues, et une variété d’autres sujets (formation en secourisme, leçons de conduite, programmes d’alphabétisation pour adultes). Ces établissements peuvent être privés, avec ou sans but lucratif, ou publics. Les collèges communautaires et les cégeps représentent la plus grande part de la production (65 % en 2018), alors que les écoles professionnelles représentent la plus grande part de l’emploi (59 % en 2018; les « autres écoles » à elles seules représentant 51 % de l’emploi). Cette situation peut s’expliquer par le fait que les écoles professionnelles comptent une forte proportion de travailleurs à temps partiel (51 %) et de travailleurs indépendants (50 %). Dans l’ensemble, l’industrie comptait 280 700 travailleurs en 2018, répartis proportionnellement à la population canadienne, soit 41 % en Ontario, 22 % au Québec, 17 % en Colombie-Britannique, 9 % en Alberta, et 10 % dans les autres provinces. La main-d’œuvre est composée d’une majorité de travailleur féminins (62 %). Étant donné la grande variété de services d’enseignement offerts par l’industrie, les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent une combinaison de :

  • Enseignants/enseignantes au niveau collégial et autres instructeurs/instructrices en formation professionnelle (4021)
  • Autres instructeurs/instructrices (4216)
  • Animateurs/animatrices et responsables de programmes de sports, de loisirs et de conditionnement physique (5254)
  • Musiciens/musiciennes et chanteurs/chanteuses (5133)
  • Recherchistes, experts-conseils/expertes-conseils et agents/agents de programmes en politiques de l’enseignement (4166)
  • Danseurs/danseuses (5134)
  • Entraîneurs/entraîneuses (5252)
  • Assistants/assistantes d’enseignement et de recherche au niveau postsecondaire (4012)
  • Gestionnaires de la fonction publique – analyse économique, élaboration de politiques et administration de programmes (0421)
  • Conseillers/conseillères en information scolaire (4033)

L’activité économique dans les collèges communautaires et les cégeps repose en partie sur les tendances démographiques de la population âgée de 17 à 21 ans (l’âge le plus courant pour fréquenter un collège ou suivre une formation technique), et est particulièrement sensible aux dépenses gouvernementales en éducation. En comparaison, plusieurs des services d’enseignement offerts par les écoles professionnelles sont destinés à tous les groupes d’âge (enfants, adolescents et adultes) et reposent sur les dépenses de consommation pour des activités parascolaires liées aux arts, aux sports et aux loisirs en général (comme les leçons de musique, de danse, de ski ou de tennis). La production a progressé presque continuellement au cours de la dernière décennie, même durant la récession de 2008-2009, ce qui s’explique par le fait qu’en période économique difficile, les jeunes ont tendance à prolonger leurs études et les travailleurs licenciés à retourner aux études pour élargir leurs compétences en raison des faibles opportunités d’emploi. Cette situation a été amplifiée par la disparition graduelle des emplois hautement rémunérés, comme ceux du secteur manufacturier qui exigent seulement un diplôme d’études secondaires. La croissance de la production a également été stimulée par le nombre croissant de milléniaux âgés de 17 à 21 ans qui ont obtenu leur diplôme d’études secondaires et ont commencé à fréquenter les collèges et les cégeps de 2009 à 2012, ainsi que par la forte augmentation du nombre d’individus de différents groupes d’âge qui se sont inscrits dans des écoles professionnelles, en particulier ces dernières années. Ces développements se sont traduits par une croissance moyenne du PIB réel de 1,4 % par année sur la période 2009-2018. En comparaison, l’emploi a augmenté à un taux annuel de 3,4 %, principalement attribuable à une hausse de 57 000 travailleurs dans les écoles professionnelles, plus précisément dans les établissements offrant une formation dans les domaines des beaux-arts, de l’athlétisme, des sports et des langues, ainsi que des services de tutorat et de préparation aux examens (ces établissements ont une forte concentration de travailleurs à temps partiel, ce qui tend à gonfler le nombre d’emplois par rapport aux autres établissements). L’écart important entre la croissance de la production et celle de l’emploi s’est traduit par une baisse marquée de la productivité, reflétant en partie la forte intensité de main-d’œuvre qui caractérise les écoles professionnelles, en particulier dans les établissements où l’on observe une concentration élevée de travailleurs à temps partiel (dans le SPPC, la productivité du travail est mesurée par le PIB réel divisé par le nombre total de travailleurs, plutôt que par le nombre total d’heures travaillées). La baisse de productivité pourrait aussi refléter les changements apportés aux différents programmes offerts dans les écoles et le fait que les collèges et les cégeps ont été plutôt lents à adopter les technologies numériques dans la prestation des services d’éducation.

Au cours de la période 2019-2028, la croissance de la production et de l’emploi dans les collèges, cégeps et écoles professionnelles devrait ralentir considérablement par rapport à la décennie précédente, reflétant en grande partie l’impact négatif des facteurs démographiques sur les inscriptions. La population âgée de 17 à 21 ans est en déclin depuis 2012 et bien qu’on projette un redressement graduel de cette population sur la période de projection, il faudra plusieurs années avant qu’elle ne se rétablisse pleinement. Toutefois, la demande toujours croissante pour des travailleurs plus instruits et hautement qualifiés dans un marché du travail en perpétuelle évolution au sein d’une économie de plus en plus numérique continuera à faire grimper les taux d’inscription dans les collèges et les écoles techniques au Canada. Cela s’applique aussi aux travailleurs plus âgés qui pourraient ressentir le besoin d’améliorer leurs compétences afin de s’ajuster aux progrès technologiques. En effet, l’automatisation des opérations augmente rapidement dans plusieurs secteurs de l’économie, non seulement dans les industries productrices de biens mais aussi dans les industries des services. Certains emplois sont éliminés, alors que plusieurs autres sont en transformation et exigent de nouvelles compétences ainsi qu’une meilleure formation technique pour mieux intégrer et complémenter la technologie. Cela dit, malgré la hausse des taux d’inscription dans les établissements postsecondaires, le nombre d’étudiants dans les collèges et écoles techniques devraient augmenter à un rythme beaucoup plus lent en raison de facteurs démographiques, particulièrement dans la première moitié de la période de projection. On anticipe que le PIB réel et l’emploi dans les collèges, cégeps et écoles professionnelles augmenteront à des taux moyens respectifs de 0,5 % et 0,4% par année sur l’horizon 2017-2026, soit un ralentissement considérable par rapport à la décennie précédente, particulièrement en matière d’emploi. Le resserrement graduel du marché du travail, découlant des pressions démographiques sur l’offre de main-d’œuvre, devrait venir restreindre la croissance de l’emploi, alors que la popularité grandissante des cours et des applications d’apprentissage en ligne devrait contribuer à une hausse marginale de la productivité.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les collèges, cégeps et formation professionnelle

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les collèges, cégeps et formation professionnelle. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les collèges, cégeps et formation professionnelle (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,4 3,4
2019-2028 0,5 0,4

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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