Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Universités

(SCIAN 6113)

Les universités comprennent les établissements dont l’activité principale consiste à dispenser des cours théoriques et à décerner des diplômes au niveau du baccalauréat et des cycles supérieurs. Pour être admis à un programme de baccalauréat, l’élève doit posséder au moins un diplôme d’études secondaires ou une formation scolaire générale équivalente; pour l’admission aux programmes d’enseignement professionnel ou d’études supérieures, le baccalauréat est souvent exigé. Les universités canadiennes employaient 262 300 travailleurs en 2018, répartis proportionnellement à la population canadienne, soit 38 % en Ontario, 20 % au Québec, 14 % en Colombie-Britannique, 12 % en Alberta, et 16 % dans les autres provinces. La main-d’œuvre est composée d’une légère majorité de travailleurs féminins (54 %) et caractérisée par une proportion relativement élevée de travailleurs à temps partiel (25 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Professeurs/professeures et chargés/chargées de cours au niveau universitaire (4011)
  • Assistants/assistantes d’enseignement et de recherche au niveau postsecondaire (4012)
  • Administrateurs/administratrices – enseignement postsecondaire et formation professionnelle (0421)
  • Recherchistes, experts-conseils/expertes-conseils et agents/agentes de programmes en politiques de l’enseignement (4166)
  • Conseillers/conseillères en information scolaire (4033)
  • Bibliothécaires (5111)

L’activité économique dans les universités repose largement sur les tendances démographiques de la population âgée de 18 à 24 ans (l’âge le plus courant pour fréquenter une université), et est particulièrement sensible aux dépenses gouvernementales en éducation. La production a augmenté presque continuellement au cours de la dernière décennie, même durant la récession de 2008-2009, ce qui s’explique par le fait qu’en période économique difficile, les jeunes ont tendance à prolonger leurs études et les travailleurs licenciés à retourner aux études pour élargir leurs compétences en raison des faibles opportunités d’emploi. De 2009 à 2013, la croissance de la production a été alimentée par une hausse considérable de la population chez les 18 à 24 ans. Durant cette période, un grand nombre de milléniaux ont obtenu leur diplôme d’études secondaires (ou d’études collégiales au Québec) et ont commencé à fréquenter les universités. Bien que la population dans ce groupe d’âge ait stagné entre 2013 et 2018, les efforts déployés pour attirer les étudiants étrangers ont permis d’accroître le nombre d’inscriptions dans plusieurs universités canadiennes, contribuant ainsi à une augmentation supplémentaire, quoique plus lente, de la production. Ces développements se sont traduits par une croissance moyenne du PIB réel de 2,7 % par année sur l’ensemble de la période 2009-2018. Du côté de l’emploi, la croissance a largement suivi celle de la production, bien qu’à un rythme beaucoup plus modeste de 1,1 % annuellement. Cela signifie que la hausse de la productivité fut responsable d’environ 60 % de la croissance du PIB réel. Les nouvelles technologies comme les cours et les outils d’apprentissage en ligne ont permis aux universités de répondre à la hausse de la demande pour leurs services, sans avoir à augmenter l’emploi de façon excessive. Cela a également permis aux universités de limiter les coûts à un moment où plusieurs provinces étaient confrontées à une flambée des déficits budgétaires suite à la récession de 2008-2009.

Au cours de la période 2019-2028, la croissance de la production et de l’emploi dans les universités devrait ralentir considérablement par rapport à la décennie précédente, reflétant en grande partie l’impact négatif des facteurs démographiques sur les inscriptions. La population âgée de 18 à 24 ans est demeurée stagnante depuis 2013 et devrait diminuer significativement en 2019, avant de se redresser graduellement sur la période de projection. Il faudra, toutefois, plusieurs années avant que la population dans ce groupe d’âge se rétablisse pleinement, ce qui viendra limiter les nouvelles inscriptions dans les universités et la croissance de la production. Cette situation sera en partie compensée par la demande toujours croissante pour des travailleurs plus instruits et hautement qualifiés dans un marché du travail en perpétuelle évolution au sein d’une économie de plus en plus numérique. Certains emplois sont éliminés par l’automatisation, alors que plusieurs autres exigent de nouvelles compétences et des connaissances plus sophistiquées afin de mieux intégrer et complémenter la technologie. Ainsi, des exigences accrues en matière de compétences et d’éducation sur le marché du travail devraient continuer à faire grimper les taux d’inscription dans l’enseignement postsecondaire, particulièrement dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques. Afin de remédier à l’impact négatif des facteurs démographiques, les universités devraient également augmenter leurs efforts pour recruter des étudiants étrangers, mais cela pourrait s’avérer difficile puisque les schémas démographiques observés au Canada sont aussi présents dans plusieurs autres pays développés (comme les États-Unis, l’Union Européenne et le Japon), quoique la valeur relativement faible du dollar canadien représente un avantage concurrentiel. Par ailleurs, les marchés émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil investissent de plus en plus dans leurs propres universités afin d’encourager les étudiants à demeurer au pays. Les étudiants d’origine chinoise représentent une forte proportion des étudiants étrangers dans les universités canadiennes, mais la détérioration des relations entre le Canada et la Chine pourrait aussi avoir des implications négatives, du moins à court terme. Les contraintes budgétaires des provinces, en particulier en Ontario et en Alberta, représentent un défi supplémentaire pour le financement des universités. On projette que le PIB réel et l’emploi dans les universités augmenteront aux taux respectifs de 0,6 % et 0,3 % par année en moyenne sur l’horizon 2019-2028, soit un ralentissement considérable par rapport à la décennie précédente. En effet, la hausse anticipée dans les taux d’inscription postsecondaires ne suffira pas à contrer les facteurs démographiques, du moins pas durant la première moitié de la période de projection. Comme c’est généralement le cas pour les nouvelles technologies, l’impact positif des cours et des outils d’apprentissage en ligne sur la productivité devrait s’estomper avec le temps, ce qui pourrait en partie expliquer le ralentissement de la croissance de la productivité sur la période de projection.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les universités

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les universités. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les universités (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 2,7 1,1
2019-2028 0,6 0,3

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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