Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Soins de santé

(SCIAN 6211-6219; 6221-6223; 6231-6239)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à dispenser des soins de santé en assurant des services diagnostiques et thérapeutiques et à soigner des bénéficiaires internes pour des raisons médicales et sociales. L’industrie est composée de trois segments distincts : les services de soins de santé ambulatoires qui comprennent les cabinets de médecins, de dentistes et des professionnels de la santé, et les laboratoires médicaux et d’analyses diagnostiques (44 % du PIB réel et 32 % de l’emploi en 2018); les hôpitaux qui comprennent les hôpitaux généraux, chirurgicaux, psychiatriques et ceux pour alcooliques et toxicomanes (40 % et 46 %); ainsi que les établissements de soins infirmiers et de soins pour bénéficiaires internes qui dispensent des soins aux personnes souffrant de troubles du développement, d’une maladie mentale, d’alcoolisme ou de toxicomanie, de même qu’aux personnes âgées et aux personnes incapables de s’occuper d’elles-mêmes ou qui ne désirent plus vivre de manière autonome (16 % et 22 %). Avec un total de 1,9 millions de travailleurs en 2018, les soins de santé étaient le deuxième plus important employeur au Canada, derrière le commerce de détail. La main-d’œuvre est principalement composée de travailleurs féminins (80 %) et caractérisée par un haut niveau de scolarité et par une grande proportion de travailleurs à temps partiel (23 %). Le segment des services de soins de santé ambulatoires affiche également une forte proportion de travailleurs indépendants (35 %). L’emploi est distribué proportionnellement à la population canadienne, soit 36 % en Ontario, 23 % au Québec, 14 % en Colombie-Britannique, 12 % en Alberta, et 15 % dans les autres provinces. Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/infirmières psychiatriques autorisées (3012)
  • Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/ aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires (3413)
  • Infirmiers auxiliaires/infirmières auxiliaires (3233)
  • Omnipraticiens/omnipraticiennes et médecins en médecine familiale (3112)
  • Travailleurs/travailleuses des services sociaux et communautaires (4212)
  • Médecins spécialistes (3111)
  • Adjoints administratifs médicaux/adjointes administratives médicales (1243)
  • Physiothérapeutes (3142)
  • Assistants/assistantes dentaires (3411)
  • Coordonnateurs/coordonnatrices et superviseurs/superviseures des soins infirmiers (3011)
  • Directeurs/directrices des soins de santé (0311)
  • Hygiénistes et thérapeutes dentaires (3222)
  • Techniciens/techniciennes de laboratoire médical et assistants/assistantes en pathologie (3212)
  • Psychologues (4151)
  • Massothérapeutes (3236)
  • Travailleurs sociaux/travailleuses sociales (4152)
  • Technologues en radiation médicale (3215)
  • Autre personnel de soutien des services de santé (3414)
  • Dentistes (3113)
  • Personnel ambulancier et paramédical (3234)
  • Technologues de laboratoires médicaux (3211)
  • Recherchistes, experts-conseils/expertes-conseils et agents/agentes de programmes en politiques de la santé (4165)
  • Autres technologies et techniciens/techniciennes des sciences de la santé (sauf soins dentaires) (3219)
  • Ergothérapeutes (3143)
  • Inhalothérapeutes, perfusionnistes cardiovasculaires et technologues cardiopulmonaires (3214)
  • Diététistes et nutritionnistes (3132)
  • Pharmaciens/pharmaciennes (3131)
  • Praticiens/praticiennes des médecines douces (3232)
  • Audiologistes et orthophonistes (3141)
  • Chiropraticiens/chiropraticiennes (3122)
  • Optométristes (3121)
  • Autres professionnels/professionnelles en thérapie et en diagnostic (3144)
  • Technologues en échographie (3216)
  • Opticiens/opticiennes d’ordonnances (3231)
  • Technologues en cardiologie et technologies en électrophysiologie diagnostique, n.c.a. (3217)
  • Instructeurs/instructrices pour personne ayant une déficience (4215)
  • Denturologistes (3221)
  • Professionnels/professionnelles de la gestion de l’information sur la santé (1252)
  • Technologues et techniciens/techniciennes dentaires et auxiliaires dans les laboratoires dentaires (3223)
  • * Incluent également un nombre important de Préposés/préposées à l’entretien ménager et au nettoyage – travaux légers (6731); Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien assimilé (6711); et cuisiniers/cuisinières (6322).

Les soins de santé sont largement influencés par les tendances démographiques au Canada et très sensibles aux dépenses gouvernementales dans les programmes de santé et services sociaux. La demande pour les soins de santé est essentiellement immunisée contre les fluctuations cycliques de l’économie canadienne, puisque les soins de santé sont une nécessité. Ainsi, le PIB réel de l’industrie a augmenté continuellement sur la période 2009-2018, même durant la récession de 2008-2009, se chiffrant à 1,7 % par année en moyenne. La croissance de la production fut principalement alimentée par les besoins grandissants d’une population vieillissante. Cette croissance aurait été plus forte n’eût été de la hausse des déficits budgétaires provinciaux après la récession, qui a obligé les gouvernements à restreindre le financement des soins de santé publics, particulièrement en Ontario et au Québec. La hausse de la demande pour les soins de santé, combinée à une compression des dépenses gouvernementales, s’est traduite par une augmentation du temps d’attente pour certaines opérations ne mettant pas la vie en danger, comme le remplacement d’un genou ou d’une hanche, de même que par des attentes démesurées pour voir certains spécialistes, quoiqu’on ait observé une certaine amélioration en 2018. Un autre développement apparu durant la dernière décennie est l’obligation pour les patients de payer une partie de la facture pour des services qui étaient auparavant couverts par le système de santé. Bien que ce processus varie d’une province à l’autre, des services comme l’examen oculaire annuel et la physiothérapie ne sont généralement plus couverts en entier dans certaines provinces.

Du côté de l’emploi, la hausse de la demande en soins de santé a entraîné la création d’environ 450 000 nouveaux postes dans l’industrie au cours de la dernière décennie. Bien que les contraintes budgétaires aient eu pour effet de limiter l’embauche après la récession de 2008-2009, la croissance de l’emploi a accéléré de façon marquée en 2015 et 2016, puisque plusieurs provinces ont réussi à améliorer leur situation budgétaire. L’emploi a continué à progresser en 2017-2018, quoiqu’à un rythme plus lent, suite à l’intensification des pressions sur l’offre de main-d’œuvre. En moyenne, l’emploi dans les soins de santé a augmenté de 2,8 % par année sur la période 2009-2018, surpassant largement le taux de 0,9 % enregistré pour l’ensemble de l’économie canadienne. Outre la forte demande de main-d’œuvre, les quotas de formation pour les professionnels de la santé, conjugués à des conditions de travail difficiles, ont limité l’offre de travailleurs et entraîné une pénurie importante de main-d’œuvre dans l’industrie. En 2018, les services de soins de santé affichaient un ratio de 0,5 chômeur pour chaque poste vacant, comparativement à une moyenne de 2,2 pour l’ensemble de l’économie. L’écart important entre la croissance de la production et de l’emploi s’est traduit par une croissance négative de la productivité sur la période 2009-2018, quoique les concepts et les mesures de productivité dans les soins de santé publics diffèrent généralement des autres secteurs de l’économie où les biens et les services sont échangés sur une base commerciale et dont la valeur monétaire est plus facile à établir. Les fournisseurs de soins de santé ont mis en œuvre plusieurs mesures afin d’augmenter l’efficacité et réduire les coûts durant la dernière décennie, mais ces changements ne sont pas apparus dans les chiffres sur la productivité en raison d’une hausse importante de l’emploi. Ces mesures consistent, par exemple, à mettre davantage l’accent sur les soins de première ligne, la prévention et les soins à domicile. Cela dit, il existe encore une certaine résistance à l’adoption des nouvelles technologies dans les services de soins de santé, comme en témoigne l’utilisation toujours présente de dossiers papier et de télécopieurs dans certaines cliniques de médecine familiale.

Au cours de la période de projection, le vieillissement de la population continuera d’exercer une pression à la hausse sur les coûts en soins de santé, obligeant les gouvernements provinciaux à accroître le financement de ces coûts. On anticipe que l’engagement de plusieurs provinces à réduire le temps d’attente dans les salles d’urgence et le temps requis pour les procédures chirurgicales et les traitements spécialisés viendra accélérer la croissance des dépenses gouvernementales et de la production dans les soins de santé. On projette que le PIB réel augmentera à un taux moyen de 2,8 % par année sur l’horizon 2019-2028, une accélération notable par rapport à la dernière décennie. La croissance de l’emploi devrait toutefois ralentir, se chiffrant à 2,2 % par année en moyenne, surpassant néanmoins le taux de création d’emplois anticipé pour l’ensemble de l’économie. Cette croissance plus lente de l’emploi sera principalement attribuable à une pénurie de main-d’œuvre dans les professions en forte demande (comme les médecins et les infirmiers) ainsi qu’à des pressions budgétaires dans les provinces. En effet, le ralentissement graduel de la croissance de la population en âge de travailler viendra restreindre la croissance de l’emploi et du PIB réel au Canada, ce qui réduira la croissance des revenus gouvernementaux, limitant ainsi la capacité des gouvernements à accroître leurs dépenses, incluant les dépenses en soins de santé. Dans un tel contexte, on anticipe que les fournisseurs de soins de santé continueront à élaborer des approches novatrices et à adopter de nouvelles façons d’offrir des services afin de limiter leur utilisation de la main-d’œuvre et leurs coûts d’opération, entraînant un redressement de la productivité.

Parmi les nouveaux modèles de prestation de services, mentionnons la plus grande participation du secteur privé dans la prestation de soins de santé, le recours accru aux soins à domicile pour les patients en phase terminale, et la possibilité de permettre aux infirmiers et aux pharmaciens de fournir des services auparavant réservés aux médecins. Les services en ligne et les autres modèles alternatifs de prestations de services rendus possibles par la technologie jouent également un rôle important dans presque tous les processus, comme l’enregistrement des patients, le suivi des données, les tests de laboratoire et les outils de soins auto-administrés. Les téléphones intelligents et les tablettes électroniques remplacent progressivement les systèmes conventionnels de surveillance et d’enregistrement, et les patients ont dorénavant la possibilité de recevoir une consultation complète à domicile. Permettre aux patients d’accéder à leur dossier médical au moyen d’applications sécurisées, pouvoir parler ou texter à des professionnels de la santé, ou encore consulter certains spécialistes par voie électronique sont quelques-uns des moyens visant à améliorer les soins virtuels et à réduire les temps d’attente. Les services sont de plus en plus assurés à l’extérieur des murs des hôpitaux et intégrés à des dispositifs accessibles et conviviaux. En plus d’adopter des procédures et des technologies visant à améliorer l’efficacité dans la prestation des services de soins de santé, les fournisseurs continueront à prendre des mesures pour contenir les coûts dans le système. Parmi ces initiatives, mentionnons le renvoi des patients à la maison la journée même où ils ont subi une chirurgie de remplacement d’une articulation. En recevant des services de suivi à la maison, ces patients coûtent beaucoup moins cher que ceux qui passent la nuit à l’hôpital. Un plus grand recours aux sages-femmes dans certaines provinces et des séjours hospitaliers de plus courte durée après un accouchement sont d’autres mesures qui continueront à réduire les coûts dans le système. Ces initiatives sont cruciales à long terme, compte tenu des pressions exercées par les changements démographiques sur le financement des soins de santé publics.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les soins de santé

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans les soins de santé. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans les soins de santé (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 1,7 2,8
2019-2028 2,8 2,2

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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