Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Sommaire industriel

Assistance sociale

(SCIAN 6241; 6242; 6243; 6244)

Cette industrie comprend les établissements dont l’activité principale consiste à fournir des services d’aide sociale tels que des services de counselling, d’assistance sociale, de protection de l’enfance, d’hébergement communautaire, de réadaptation professionnelle et des services de garderie. L’industrie est composée de quatre segments distincts: services individuels et familiaux qui comprennent les service à l’enfance et à la jeunesse et les services aux personnes âgées et aux personnes ayant une incapacité; services communautaires d’alimentation et d’hébergement, et services d’urgence et autres secours; services de réadaptation professionnelle comme des services d’orientation professionnelle, de formation et d’expérience de travail destinés aux chômeurs, aux personnes sous-employées et aux personnes ayant une incapacité; et les services de garderie, incluant les programmes d’éducation préscolaire. Les services individuels et familiaux et les services de garderie représentent les deux plus importants segments de l’industrie, totalisant 51 % et 42 % de l’emploi respectivement en 2018. La part restante de l’emploi (7 %) est répartie également entre les deux autres segments. La ventilation des SCIAN à 4 chiffres pour le PIB n’est pas disponible. Dans l’ensemble, l’industrie comptait 502 900 travailleurs en 2018, répartis presque proportionnellement à la population canadienne, soit 32 % en Ontario, 30 % au Québec, 13 % en Colombie-Britannique, 10 % en Alberta, et 15 % dans les autres provinces. La main-d’œuvre est composée principalement de travailleurs féminins (88 %) et caractérisée par une proportion importante de travailleurs à temps partiel (22 %). Les professions clés (CNP à 4 chiffres) incluent :

  • Éducateurs/éducatrices et aides-éducateurs/aides-éducatrices de la petite enfance (4214)
  • Travailleurs/travailleurs des services sociaux et communautaires (4212)
  • Aides familiaux résidents/aides familiales résidentes, aides de maintien à domicile et personnel assimilé (4412)
  • Travailleurs sociaux/travailleuses sociales (4152)
  • Thérapeutes conjugaux/thérapeutes conjugales, thérapeutes familiaux/thérapeutes familiales et autres conseillers assimilés/conseillères assimilées (4153)
  • Directeurs/directrices des services sociaux, communautaires et correctionnels (0423)
  • Recherchistes, experts-conseils/expertes-conseils et agents/agentes de programmes en politiques sociales (4164)
  • Cuisiniers/cuisinières (6322)
  • Infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/infirmières psychiatriques autorisées (3012)
  • Recherchistes, experts-conseils/expertes-conseils et agents/agentes de programmes en politique de santé (4156)
  • Instructeurs/instructrices pour personnes ayant une déficience (4215)

L’assistance sociale est un élément central de l’état providence canadien. Elle comprend une série de programmes de sécurité du revenu de dernier recours à l’intention des Canadiens qui ont besoin de soutien pour diverses raisons, y compris des difficultés financières en période de crise économique. Par conséquent, plusieurs composantes de l’aide sociale sont inversement reliées aux fluctuations négatives de l’économie canadienne. Les tendances démographiques ont également un impact important sur la demande d’assistance sociale, particulièrement pour les services fournis aux enfants, aux adolescents et aux personnes âgées. Pendant et peu après la récession de 2008-2009, la production a augmenté à un rythme accéléré, puisque la contraction de l’économie a obligé un plus grand nombre de Canadiens à solliciter de l’aide sociale suite à l’augmentation rapide du chômage, alors que la forte hausse du nombre d’enfants âgés de 1 à 4 ans est venue augmenter la demande pour les services de garde. La production a stagné de 2011 à 2014, suite à l’amélioration des conditions économiques et à une croissance beaucoup plus faible de la population chez les enfants en bas âge. Le ralentissement de la croissance économique en 2015-2016 et la montée du chômage dans les provinces productrices de pétrole (Alberta, Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador), suite à l’effondrement des prix du pétrole brut, ont entraîné une augmentation de la demande pour les services sociaux et les services de soutien à l’emploi. Plus récemment, l’accélération de la croissance de la population chez les jeunes âgés de 5 à 17 ans est venue stimuler la demande pour les services individuels et familiaux. Une plus grande sensibilisation aux maladies mentales, des ruptures familiales plus fréquentes et l’augmentation progressive du taux de dépendance découlant du vieillissement de la population ont également contribué à augmenter la demande pour différents services d’aide sociale au cours des dix dernières années.

En moyenne, le PIB réel dans l’industrie a augmenté de 2,0 % par année sur la période 2009-2018, comparativement à un rythme plus lent de 1,3 % pour l’emploi. Après avoir atteint un sommet en 2015, l’emploi a reculé considérablement au cours des trois années suivantes, enregistrant une perte de 50 000 emplois dans les services de garde, principalement au Québec et en Ontario, causée par les réformes de certains programmes, par la stagnation de la population de la petite enfance, et par la décision du gouvernement de l’Ontario d’introduire la maternelle à temps plein pour les enfants âgés de quatre et cinq ans. La forte croissance de la production et le recul notable de l’emploi au cours des trois dernières années se sont traduits par une hausse substantielle de la productivité. Les contraintes budgétaires ont forcé plusieurs gouvernements provinciaux à limiter les coûts de main-d’œuvre dans les programmes sociaux et à mettre en œuvre des approches novatrices pour améliorer l’efficacité dans la prestation des services.

Au cours de la période de projection, la croissance de la production dans l’assistance sociale devrait accélérer considérablement par rapport à la période 2009-2018, principalement stimulée par une croissance plus rapide de la population chez les enfants et les adolescents et par les besoins grandissants d’une population vieillissante. Plus précisément, le redressement anticipé dans la population de la petite enfance (âgée de 1 à 4 ans) devrait venir augmenter la demande pour les services de garde, alors que l’accélération de la croissance de la population âgée de 5 à 17 ans devrait venir accroître la demande pour les services individuels et familiaux. La hausse continue du taux de dépendance découlant du vieillissement de la population devrait également venir accroître la demande de services sociaux destinés aux personnes âgées. De plus, les départs massifs à la retraite des baby-boomers viendront également restreindre la croissance du revenu disponible à plus long terme, et ceux qui n’auront pas suffisamment épargné pour financer leur retraite pourraient avoir besoin d’un soutien financier (une situation rendue encore plus précaire par le fait que les taux d’intérêt sont demeurés à des niveaux historiquement bas au cours de la dernière décennie, limitant le taux de rendement des actifs financiers).

On projette que le PIB réel dans l’assistance sociale augmentera à un taux moyen de 2,4 % par année sur l’horizon 2019-2028, une accélération notable par rapport à la décennie précédente. Le taux de croissance de l’emploi devrait également accélérer marginalement, pour se chiffrer à 1,5 % par année. Ainsi, la productivité représentera une part grandissante de la croissance de la production, compte tenu des pressions supplémentaires exercées sur les finances publiques. En effet, le ralentissement graduel de la croissance de la population en âge de travailler viendra restreindre la croissance de l’emploi et du PIB réel au Canada, ce qui réduira la croissance des revenus gouvernementaux, limitant ainsi la capacité des gouvernements à accroître leurs dépenses, incluant les dépenses reliées aux services sociaux. Dans un tel contexte, on anticipe que les fournisseurs de services d’assistance sociale continueront à élaborer des approches novatrices et à adopter de nouvelles façons d’offrir des services afin de limiter leur utilisation de la main-d’œuvre et leurs coûts d’opération, entraînant une croissance légèrement plus rapide de la productivité.

Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’assistance sociale

Ce graphique montre la croissance annuelle du PIB réel et de l’emploi au cours des périodes 2009 à 2018 et 2019 à 2028 dans l’assistance sociale. Les données sont présentées dans le tableau à la suite de ce graphique

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.

Version texte de la figure Croissance du PIB réel et de l’emploi dans l’assistance sociale (moyenne annuelle, %)
  PIB réel Emploi
2009-2018 2,0 1,3
2019-2028 2,4 1,5

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, projections industrielles 2019 du SPPC.


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