Système de projection des professions au Canada (SPPC)

L'offre de main-d'oeuvre (2019-2028)

NOTE : Les projections actuelles du SPPC ont été complétées en 2019, bien avant la pandémie de COVID-19 de 2020 qui a entraîné des perturbations exceptionnelles et soudaines de l'économie et du marché du travail, au Canada comme à l'étranger. Toutefois, les projections du SPPC se concentrent sur les tendances à long terme du marché du travail par industrie et profession, et non sur les développements à court terme. Pour l’instant, nous nous attendons à ce que ces tendances à long terme ne soient pas affectées de façon marquée par la pandémie de COVID-19, les répercussions de celle-ci étant généralement présumées temporaires.

Les projections du SPPC pour la période 2019-2028 utilisaient des données classifiées à l’aide de la Classification Nationale des Professions (CNP) de 2016. La CNP 2016 compte 500 professions. Toutefois, plusieurs d’entre elles sont petites en termes d’emploi (moins de 10 000 travailleurs). Pour pallier à ce problème, les petites professions ont été rassemblées dans des regroupements plus grands en prenant compte des tâches spécifiques à chacune d’entre elles. En regroupant ainsi les petites professions aux tâches similaires, 293 regroupements de professions avec une taille d’emploi suffisante sont obtenus. Les professions ayant été regroupées sont identifiées par un astérisque(*).

Pour de plus amples renseignements sur les 293 regroupements professionnels utilisés par le SPPC, veuillez visiter la documentation donnant la définition des regroupements professionnels du SPPC.

L’offre de main-d’œuvre comprend trois groupes: les sortants du système scolaire, les immigrants récents et les autres types de chercheurs d’emploi :

Ces deux composantes (les rentrants nets et les étudiants) ont un impact négligeable sur les résultat si bien qu’ils seront évacués de l’analyse. Plus particulièrement, les étudiants ne sont pas inclus dans l’analyse, bien qu’ils représentent un nombre significatif de travailleurs dans la population active, car leur nombre devrait demeurer relativement stable (c’est-à-dire le nombre d’étudiants à la recherche d’un emploi au cours de la période de 2019 à 2028 ne devrait être que légèrement supérieur au nombre au cours de la dernière décennie). Les rentrants nets et les travailleurs étudiants sont regroupés dans la catégorie "autres".

Les chercheurs d’emploi provenant du système scolaire (Sortants scolaires)

Le nombre de sortants scolaires qui intégreront le marché du travail devrait augmenter sur la période 2019-2028, particulièrement au niveau des études post-secondaires (EPS) (voir la Figure 1).

Figure 1 : Nombre de sortants par niveau de scolarité, 1990-2028

Ce graphique à barre montre le nombre annuel de sortants par niveau de scolarité pour la période 1990-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 1 : Nombre de sortants par niveau de scolarité, 1990-2028

Figure 1 montre que, durant la période 2009-2018, le nombre de sortants scolaires était en moyenne de 414 000 par année. Pour la période 2019-2028, on projette que ce nombre sera de 494 000 par année. Plus particulièrement, au cours de la période de projection :

Au cours de la période de projection 2019-2028, le vieillissement de la population continuera à être un enjeu important pour le marché du travail canadien. La part de la population âgée de 20 à 29 ans dans la population en âge de travailler (15 à 64 ans) devrait s'établir à 19,6 %, soit la plus faible moyenne décennale depuis 1971 (voir la Figure 2)

Figure 2 : Population âgée de 15 à 19 ans et de 20 à 29 ans et leur part respective dans la population en âge de travailler (15-64 ans), 1990-2028

Ce graphique montre la population annuelle âgée de 15 à 19 ans et de 20 à 29 ans et leurs parts dans la population totale en âge de travailler (15 à 64 ans) pour la période 1990-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 2 : Population âgée de 15 à 19 ans et de 20 à 29 ans et leur part respective dans la population en âge de travailler (15-64 ans), 1990-2028

Par contre, la population annuelle moyenne âgée de 20 à 29 ans sera 3,4 % plus élevée au cours de la période de projection (2019-2028) que durant les dix années précédentes (2009-2018). Puisqu’il s’agit de la population source des sortants scolaires détenant un diplôme d’études post-secondaires, le nombre de chercheurs d’emploi détenant un tel diplôme devrait également être plus élevé au cours de la période de projection.

La population annuelle moyenne âgée de 15 à 19 ans devrait atteindre environ 218,000 sur la période de projection, soit un hausse de 2,5% par rapport aux dix années précédentes. Bien que ce groupe d'âge soit la population source des jeunes ayant terminé ou non leurs études secondaires, la plupart d'entre eux devraient poursuivre leurs études et s'inscrire aux études supérieures, ce qui limitera la croissance de ceux qui ne détiennent qu'un diplôme d'études secondaires.

En plus d’une population source plus importante, l’augmentation du nombre de sortants de niveau post-secondaire s’explique par une tendance à la hausse des taux d’inscriptions aux EPS. En effet, le nombre d’inscriptions aux programmes post-secondaires a augmenté au cours des 15 dernières années et la tendance à la hausse devrait se maintenir au cours de la prochaine décennie. La plus forte augmentation (2,7 points de pourcentage) est attendue au niveau du baccalauréat, suivie de la maîtrise et du doctorat (0,7 point de pourcentage), puis du niveau collégial (0,4 point de pourcentage).

Figure 3 : Taux d’inscription par niveau d’éducation (nombre d’inscriptions exprimé en pourcentage de la population source), 1990-2028

Ce graphique montre le taux d’inscriptions par niveau d’éducation exprimé en pourcentage de la population source au cours de la période de 1990 à 2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Le taux d’inscription équivaut au nombre total d’inscriptions pour chaque niveau de scolarité divisé par la population source. La population source se définit comme suit :

Version texte de la Figure 3 : Taux d’inscription par niveau d’éducation (nombre d’inscriptions exprimé en pourcentage de la population source), 1990-2028

Plusieurs facteurs contribueront à l’augmentation des taux de participation aux EPS au cours de la prochaine décennie. Parmi ceux-ci :

Ces deux effets entraîneront une augmentation des taux d’inscription dans les programmes d’études post-secondaires. La Figure 4 montre le nombre d’inscriptions par niveau d’études entre 1990 et 2028

Figure 4 : Nombre d’inscriptions par niveau d’études, 1990-2028

Ce graphique montre le nombre d’inscriptions par niveau d’études entre 1990 et 2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 4 : Nombre d’inscriptions par niveau d’études, 1990-2028

Au cours de la période 2009-2018, le nombre d'inscriptions chez les femmes a augmenté pour l’ensemble des niveaux de l'enseignement supérieur, mais à un rythme plus lent que celui des hommes et ce pour tous les niveaux. Les plus faibles augmentations du nombre d’inscriptions ont été observées au niveau collégial (12 % pour les femmes contre 24 % pour les hommes), suivies du baccalauréat (21 % contre 26 %), et les plus fortes hausses au niveau de la maîtrise et du doctorat (36 % contre 39 %).

En raison d'une population plus importante chez les 20 à 29 ans, l’augmentation des taux d’inscription devraient avoir pour effet d’augmenter de 12,9 % le nombre d’inscriptions pour les programmes d’EPS au cours de la période de projection, le faisant passer de 1,4 million en 2018 à 1,58 million en 2028. Plus particulièrement, le nombre d’inscriptions :

Les tendances dans le nombre d’inscriptions par genre n’ont pas été projetées pour la période 2019-2028.

L’augmentation des taux d’inscription se traduira par une hausse du nombre de détenteurs de diplômes d’EPS, à la fois chez les sortants de niveau collégial (la Figure 5) que chez les détenteurs d’un diplôme universitaire (la Figure 6).

Figure 5 : Sortants scolaires détenteurs d’un diplôme de niveau collégial, 1990-2028

Ce graphique montre le nombre annuel de sortants scolaires détenteurs d’un diplôme de niveau collégial et la population âgée entre 18 et 24 ans, entre 1990 et 2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 5 : Sortants scolaires détenteurs d’un diplôme de niveau collégial, 1990-2028

La population âgée de 18 à 24 ans (la population source pour les personnes ayant quitté l'école avec un diplôme universitaire) n'a pas augmenté de manière significative ces dernières années, mais cette tendance ne devrait pas se poursuivre car cette population source devrait croître de manière significative au cours de la période de projection. Cette population source devrait compter 165 000 personnes de plus en 2028 qu'en 2018. En conséquence, le nombre de jeunes quittant l'école avec une formation collégiale continuera à augmenter, passant de 173 000 en 2018 à 188 000 en 2028, soit une hausse de 8,3 %. Cela peut s'expliquer par l'augmentation du nombre d'inscriptions dans les collèges, en raison des bonnes conditions du marché du travail pour les personnes détenant ce niveau d'éducation.

Figure 6 : Sortants scolaires détenteurs d’un diplôme de niveau universitaire, 1990-2028

Ce graphique Ce graphique montre le nombre annuel de sortants scolaires détenteurs d’un diplôme de niveau universitaire et la population âgée entre 18 et 34 ans, entre 1990 et 2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 6 : Sortants scolaires détenteurs d’un diplôme de niveau universitaire, 1990-2028

Pendant plus de 40 ans, le nombre de sortants scolaires munis d’un diplôme universitaire a augmenté de façon continue, principalement en raison des salaires élevés et des meilleures conditions du marché du travail pour les individus détenant ce niveau d'éducation. Il est important de noter que la récession de 2008-2009 a eu un impact positif sur les inscriptions aux programmes universitaires, ce qui a entraîné une augmentation à court terme du nombre de diplômés universitaires et de sortants scolaires entre 2009 et 2014.

Le nombre de sortants de niveau universitaire devrait augmenter en raison de la hausse de la population source pour ce groupe (étudiants diplômés du niveau secondaire âgés de 18 à 34 ans) et des taux d’inscription qui continueront également à augmenter. Cette catégorie de sortants scolaires devraient croître de 19,4 % au cours des dix prochaines années, passant de 216 000 en 2018 à 258 000 en 2028. Cette augmentation du nombre de sortants scolaires détenant une formation universitaire est le résultat de la hausse du nombre d'inscriptions à l'université, encouragée par les conditions favorables sur le marché du travail et par les primes de revenu plus élevées pour les individus ayant atteint ce niveau d'éducation (voir la Figure 6).

Malgré la hausse anticipée de la population chez les 15-19 ans, l’augmentation des taux d’inscription dans les études post-secondaires viendra limiter la croissance du nombre de sortants scolaires détenant seulement un diplôme d’études secondaires (ou moins). La Figure 7 montre les sortants scolaires détenteurs d’un diplôme d’études secondaires et décrocheurs entre 1990 et 2028

Figure 7 : Sortants scolaires détenteurs d’un diplôme d’études secondaires et décrocheurs, 1990-2028

Ce graphique montre le nombre annuel de sortants scolaires détenteurs d’un diplôme d’études secondaires, le nombre de décrocheurs et la population âgée entre 15 et 19 ans, entre 1990 et 2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 7 : Sortants scolaires détenteurs d’un diplôme d’études secondaires et décrocheurs, 1990-2028

Le nombre de sortants scolaires détenant seulement un diplôme d’études secondaires est en baisse depuis le début des années 2000, car leur population d'origine (les jeunes de 15 à 19 ans) a connu une croissance plutôt modeste et qu’une plus grande proportion de diplômés secondaires poursuivent leurs études au niveau postsecondaire. Toutefois, au cours de la période de projection, le nombre de personnes qui auront seulement complété des études secondaires devrait augmenter. Cela s’explique par une augmentation du nombre de jeunes âgés de 15 à 19 ans au cours des dix prochaines années. Néanmoins, étant donné que davantage de diplômés secondaires devraient poursuivre leurs études et s'inscrire à l'enseignement supérieur, le nombre de personnes n'ayant complété que des études secondaires devrait augmenter à un rythme plus lent qu'il ne l'aurait fait autrement, enregistrant une hausse de 2,8 % sur la période de projection. Malgré cette croissance, le nombre annuel moyen de diplômés secondaires devrait passer de 72 000 sur la période 2009-2018 à 63 000 sur la période 2019-2028.

Le nombre de jeunes n'ayant pas terminé leurs études secondaires devrait demeurer faible, avec une moyenne annuelle de 6 800 sur la période de projection. Malgré une augmentation de la population d'origine des jeunes âgés de 15 à 19 ans, les faibles salaires et les possibilités limitées sur le marché du travail pour les personnes ne détenant pas au moins un diplôme d'études secondaires feront que la majorité des jeunes obtiendront au minimum un diplôme d'études secondaires, et un nombre croissant d'entre eux termineront leurs études avec un certain niveau d'études postsecondaires.

La part des sortants scolaires détenant un diplôme d’études post-secondaires devrait donc augmenter au cours de la période 2019-2028 (voir la Figure 8).

Figure 8 : Distribution historique et projetée des sortants scolaires par niveau d’éducation

Graphique à bandes qui montre la distribution des sortants scolaires par niveau d’éducation pour la période historique et de projection, 1999-2008,  2009-2018 et 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 8 : Distribution historique et projetée des sortants scolaires par niveau d’éducation

La Figure 8 montre que, selon les projections, la proportion de sortants scolaires canadiens détenant des études post-secondaires (EPS), laquelle est déjà élevée, devrait continuer de croître au cours de la période de projection.

Les sortants scolaires de niveau collégial ou universitaire représentaient 81,7 % de l’ensemble des sortants scolaires au cours de la période 2009-2018 (3.51 millions comparativement à 0.79 millions pour les sortants scolaires ayant un niveau d’études moins élevé). Cette proportion devrait atteindre 85,9 % (soit 4,24 millions sortants de niveau EPS) sur la période 2019-2028, en raison de la forte augmentation anticipée dans la proportion de sortants scolaires munis d’un diplôme universitaire.

Sur la période de projection, seulement 0,7 million de sortants scolaires devraient entrer sur le marché du travail sans avoir entrepris d'études supérieures. Le nombre total de jeunes n'ayant pas terminé leurs études secondaires devrait augmenter légèrement, passant de 65 000 sur la période 2009-2018 à 68 000 sur la période de projection. Toutefois, le nombre total de ceux qui n'ont complété que des études secondaires ou entrepris des études postsecondaires partielles devrait diminuer d'environ 12,5 %, passant de 722 000 sur la période 2009-2018 à 631 000 sur la période 2019-2028.

Le niveau de scolarité de la main-d’œuvre canadienne devrait donc continuer à augmenter. En fait, la part de la population active ayant complété des études post-secondaires devrait atteindre 67,5 % en 2028, alors qu’elle était de 65,9 % en 2018. Toutefois, comme l’écart entre les niveaux de scolarité des plus jeunes et des plus vieilles cohortes diminue, l’accroissement de la part des travailleurs ayant complété des études post-secondaires devrait se faire moins rapidement qu’au cours de la décennie précédente alors qu’elle avait augmenté de 8,2 points de pourcentage, passant de 57,7 % en 2008 à 65,9 % en 2018.

Figure 9 : Proportion de la population active (15 ans et plus) ayant fait des études post-secondaires, 1990 - 2028

Graphique à bandes qui montre la proportion de la population active (15 ans et plus) ayant fait des études post-secondaires pour la période de 1990 à 2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 9 : Proportion de la population active (15 ans et plus) ayant fait des études post-secondaires, 1990 - 2028

Plus spécifiquement, on anticipe que la croissance de la population active sera la plus élevée parmi les sortants scolaires détenant des études universitaires (1,4 % de taux de croissance moyen par année pour la période de 2019 à 2028) et les sortants scolaires détenant des études collégiales (0,9 % de taux de croissance moyen par année).

Par ailleurs, le nombre total de participants à la population active sans formation postsecondaire devrait encore augmenter légèrement, bien que leur représentation au sein de la population active diminuera légèrement. La taille de la population active pour les individus ayant seulement complété des études secondaires et ceux n'ayant pas complété d'études secondaires devrait augmenter au cours de la prochaine décennie à un taux annuel moyen de seulement 0,5 % et 0,1 % respectivement.

Figure 10 : Distribution des sortants scolaires par niveau d’éducation habituellement requis*

Graphique à bandes qui montre la distribution cumulative des sortants scolaires par niveau de compétence pour les périodes 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 10 : Distribution des sortants scolaires par niveau d’éducation habituellement requis

Figure 11 : Distribution des sortants scolaires par niveau d’éducation pour la période de projection

Graphique à bandes qui montre la distribution cumulative des sortants scolaires par niveau d’éducation pour la période de projection pour la période 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 11 : Distribution des sortants scolaires par niveau d’éducation pour la période de projection

*Remarque : dans la CNP, toutes les professions correspondent à l'un des cinq niveaux de compétences. Le niveau de compétence A comprend les professions qui requièrent habituellement des études universitaires; le niveau de compétence B requière habituellement des études collégiales, une formation spécialisée ou une formation en apprentissage; le niveau de compétence C requière habituellement des études secondaires et/ou une formation spécifique à la profession; et le niveau de compétence D ne requière habituellement qu'une formation en cours d'emploi. Le dernier niveau de compétence est le niveau de compétence 0, qui comprend toutes les professions de gestion pour lesquelles différents niveaux d'éducation peuvent être requis, mais celui-ci est généralement regroupé avec les niveaux de compétence A et B et considéré comme hautement qualifié.

Les sortants scolaires sont estimés selon leur plus haut niveau d'éducation atteint et sont ensuite répartis entre les professions en fonction des schémas historiques des sortants scolaires ayant le même niveau d'éducation.

Bien qu’on anticipe que les sortants scolaires canadiens soient plus éduqués (85,9 % ayant fait des études supérieures), seulement 64,3 % d'entre eux devraient travailler dans des professions de gestion ou des professions qui requièrent habituellement des études supérieures. Cela implique un degré de non-appariement relativement élevé entre l'éducation et la profession chez les récents diplômés de l'enseignement supérieur lorsqu’ils terminent leurs études. Ce non-appariement représente, sur la période de projection, une augmentation par rapport à la décennie précédente.

Cette situation peut être en partie transitoire, car les nouveaux diplômés ont besoin de temps pour s'intégrer pleinement à la population active et à une profession correspondant à leur formation. Ils peuvent, dans un premier temps, se retrouver dans des professions moins qualifiées lorsqu'ils entrent sur le marché du travail. Par la suite, toutefois, ces nouveaux diplômés peuvent rechercher et occuper des emplois qui correspondent davantage à leurs qualifications (il est à noter que ce facteur est pris en compte dans le SPPC par la composante mobilité interprofessionnelle).

Au niveau des professions, se fondant sur l’expérience passée, les sortants scolaires devraient principalement chercher un emploi dans les professions de la vente et des services. Le tableau 1 montre les 10 professions dans lesquelles le plus grand nombre de sortants scolaires chercheront du travail au cours de la période 2019 à 2028.

Tableau 1 : Les 10 professions pour lesquelles un grand nombre de sortants scolaires chercheront du travail, 2019-2028
CNP Professions Part du total des sortants scolaires Part en % des sortants scolaires dans l’emploi de 2018 Taille de l'emploi (% de l'emploi total de 2018)
6421* Vendeurs/vendeuses - commerce de détail 3,7 % 3,2 % 3,0 %
4032* Enseignants/enseignantes aux niveau primaire et préscolaire 2,7 % 4,2 % 1,7 %
3012* Infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/infirmières psychiatriques autorisées 2,5 % 3,9 % 1,7 %
6711* Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien assimilé 2,3 % 2,9 % 2,1 %
6611* Caissiers/caissières 2,2 % 3,2 % 1,8 %
1111* Vérificateurs/vérificatrices et comptables 1,7 % 4,4 % 1,0 %
6513* Serveurs/serveuses d’aliments et de boissons 1,7 % 4,1 % 1,1 %
4214* Éducateurs/éducatrices et aides-éducateurs/aides-éducatrices de la petite enfance 1,6 % 3,3 % 1,3 %
2174 Programmeurs/programmeuses et développeurs/développeuses en médias interactifs 1,4 % 4,2 % 0,9 %
3413/3414* Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires & Autre personnel de soutien des services de santé 1,3 % 2,1 % 1,7 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Les professions pour lesquelles un grand nombre de sortants scolaires chercheront un emploi sont généralement celles ayant le plus grand nombre de travailleurs. Sur les dix professions où l’on anticipe le plus grand nombre de sortants scolaires, quatre sont reliées à la vente et aux services. Cela peut s'expliquer en partie par des exigences moins élevées en termes de compétences pour ce groupe de professions, mais aussi par leur taille relativement plus importante en termes d’emploi (donc plus d’opportunités d’embauche).

Les chercheurs d’emploi provenant de l’immigration (Immigrants récents)

Selon la projection, l’immigration représentera une part relativement constante de la population, basée sur les objectifs d’immigration fixés pour les prochaines années. La Figure 12 montre le taux d'immigration annuel et le nombre d'immigrants annuel (historiques et projetés) pour la période de 1998 à 2028.

Figure 12 : Nombre et taux d’immigrants récents, 1998-2028

Graphique qui montre le taux annuel d'immigration et le nombre d'immigrants annuel pour la période 1998-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 12 : Nombre et taux d’immigrants récents, 1998-2028

La Figure 12 montre que le taux d'immigration moyen se situait environ à 7,8 pour 1 000 personnes au Canada, soit 0,78 %. Sur la période 2009-2018, cela représentait une moyenne de 270 600 nouveaux immigrants entrant au Canada à chaque année (de juillet à juin). Toutefois, seulement une fraction de ces immigrants sont entrés sur le marché du travail après leur arrivée au Canada car ce nombre comprend les enfants et les adultes qui peuvent ou non avoir rejoint la population active. En effet, les nouveaux immigrants qui sont effectivement entrés sur le marché du travail représentaient plutôt une moyenne de 128 100 nouveaux entrants par année.

La hausse du taux d'immigration ces dernières années, ainsi que les nouvelles politiques visant un plus grand nombre d'immigrants, se traduiront par un taux d'immigration annuel moyen d'environ 0,90% sur la période de projection. Par conséquent, 3,5 millions de nouveaux immigrants devraient rejoindre la population canadienne sur la période de projection de 10 ans.

La figure 13 montre la croissance de la population par composantes: croissance naturelle (naissances mons décès) et immigration nette (immigration moins émigration) pour les périodes 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028

La croissance démographique annuelle moyenne devrait être d'environ 432 000 par année sur la période 2019-2028, contre 400 000 au cours des dix années précédentes.

Figure 13 : Croissance de la population par composante démographique, moyennes annuelles

Graphique à bandes qui montre la croissance de la population par composantes: croissance naturelle (naissances mons décès) et immigration nette (immigration moins émigration) pour les périodes 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 13 : Croissance de la population par composante démographique, moyennes annuelles

La Figure 13 montre que la part de la croissance de la population provenant de l'immigration nette (immigration moins émigration) devrait atteindre 73 % sur la période 2019-2028, comparativement à 68 % pour la période 2009-2018 et 64 % pour la période 1999-2008. Cela est dû à la fois à une augmentation de l'immigration nette elle-même et à un ralentissement de l'accroissement naturel de la population (naissances moins décès).

La figure 14 montre la contribution annuelle moyenne des nouveaux immigrants et de l’offre de main-d'œuvre domestique à la croissance de la main-d'œuvre pour les périodes 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028. La contribution des nouveaux immigrants à la main d'oeuvre en rouge et la contribution domestique en bleu. L’immigration devrait représenter une part beaucoup plus importante de la croissance de la population active sur la période de projection, comparativement aux 20 dernières années.

Figure 14 : Contribution des nouveaux immigrants et de l’offre de main-d’œuvre domestique à la croissance de la population active : moyennes annuelles

Graphique à bandes qui montre la contribution des nouveaux immigrants et de l’offre de main-d'œuvre domestique à la croissance annuelle moyenne de la main-d'œuvre pour les périodes 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Version texte de la Figure 14 : Contribution des nouveaux immigrants et de l’offre de main-d’œuvre domestique à la croissance de la population active : moyennes annuelles

La projection montre une légère augmentation de la croissance de la population active au cours de la période 2019-2028. Ceci est la conséquence d'une forte hausse de l'immigration par rapport à la période historique. En outre, cela permettra de contrebalancer les pressions démographiques exercées sur la main-d'œuvre par la vague actuelle de baby-boomers qui partent à la retraite.

Sans l'immigration, la croissance de la population active canadienne serait faible, voire nulle, au cours de la prochaine décennie. En raison du ralentissement des sources domestiques de croissance, les nouveaux immigrants devraient représenter environ 92 % de la croissance annuelle moyenne nette de la population active sur la période de projection, contre 76 % au cours des dix années précédentes. En fait, à partir de 2025, l'immigration devrait représenter 100 % de la croissance nette de la population active.

Bien que l'immigration soit la principale source de croissance nette de la population active, cela ne signifie pas qu’elle sera la principale source de nouveaux arrivants sur le marché du travail canadien. Les sortants scolaires demeureront la principale source de nouveaux chercheurs d'emploi (voir la figure 16).

Au niveaux professionel, dans la projection, l'immigration annuelle est répartie entre les professions en fonction du niveau de répartition des immigrants récents (ceux admis entre 2011 et 2015) observé lors du recensement de 2016 et de la variation de l'emploi dans le temps obtenue à partir de l'enquête sur la population active (EPA) pour la période 2006-2018*. Les politiques d'immigration passées ou futures qui pourraient potentiellement modifier cette répartition, comme le récent programme d'entrée express, ne sont pas explicitement prises en compte dans la projection. Toutefois, elles sont implicitement incluses dans les taux d’activité obtenus à partir de l'EPA.

Au cours de la période de projection, on anticipe que les professions pour lesquelles le plus grand nombre de nouveaux immigrants chercheront du travail seront principalement concentrées dans la vente et les services, car les exigences en matière de compétences sont moins élevées dans ce groupe de professions. Cela peut s'expliquer par deux raisons :

Notez qu'une profession se trouve dans le domaine des technologies de l'information (TI) (analystes et consultants en systèmes d'information). Les compétences généralement requises pour travailler dans les professions liées aux TI ont tendance à être plus mondialisées et moins réglementées au Canada. Par conséquent, les entreprises canadiennes peuvent plus facilement reconnaître les titres de compétences étrangers et accéder à un plus grand bassin de main-d'œuvre.

Tableau 2 : Les 10 professions pour lesquelles un grand nombre de nouveaux immigrants chercheront du travail, 2019-2028
CNP Professions Nouveaux Immigrants Pourcentage de l’emploi en 2018
6711 Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien assimilé 75 900 19,6 %
6421 Vendeurs/vendeuses - commerce de détail 52 200 9,2 %
6731 Préposés/préposées à l’entretien ménager et au nettoyage - travaux légers 47 400 19,3 %
3413* Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires & Autre personnel de soutien des services de santé 46 200 14,4 %
6322 Cuisiniers/cuisinières 39 500 21,3 %
6611 Caissiers/caissières 38 200 11,4 %
2171 Analystes et consultants/consultantes en informatique 34 200 11,4 %
0621 Directeurs/directrices - commerce de détail et de gros 32 400 10,0 %
7511 Conducteurs/conductrices de camions de transport 29 400 9,2 %
4411 Gardiens/gardiennes d’enfants en milieu familial 28 800 81,6 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Les nouveaux immigrants représentent une source très importante de chercheurs d'emploi pour de nombreuses professions, telles que celles liées à l'industrie manufacturière, ainsi qu'à la vente et aux services. Six des dix professions pour lesquelles on anticipe la plus forte proportion de nouveaux immigrants sont des professions exigeant des études postsecondaires. Deux d'entre elles sont des professions d'ingénieur, tandis qu'une autre est une profession reliée à la gestion. Puisque les immigrants ont tendance à avoir un niveau d’éducation supérieur plus élevé que les travailleurs nés au Canada, ceux-ci entrent généralement sur le marché du travail dans des professions nécessitant des études postsecondaires. Les professions des TI sont également populaires parmi les immigrants. Tel que mentionné précédemment, cette situation s’explique principalement par le fait que les employeurs peuvent reconnaître les titres de compétences étrangers plus facilement que pour d'autres professions plus réglementées. Dans trois de ces professions, la majorité des travailleurs en 2018 étaient des femmes.

Tableau 3 : Les 10 professions pour lesquelles une forte proportion de nouveaux immigrants chercheront du travail, 2019-2028
CNP Professions Nouveaux Immigrants Pourcentage de l’emploi en 2018
4411 Gardiens/gardiennes d’enfants en milieu familial 28 800 81,6 %
9616* Manoeuvres des produits du textile et Autres manoeuvres des services de transformation, de fabrication et d’utilité publique 12 000 78,0 %
9617* Manoeuvres dans la transformation des aliments et des boissons; Manoeuvres dans la transformation du poisson et des fruits de mer 26 600 51,6 %
7272 Ébénistes 2 200 48,1 %
0113* Directeurs/directrices des achats; Directeurs/directrices d’autres services administratifs. 4 800 35,5 %
9462 Bouchers industriels/bouchères industrielles, dépeceurs-découpeurs/dépeceuses-découpeuses de viande, préparateurs/préparatrices de volaille et personnel assimilé 6 800 30,5 %
2173 Ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel 16 500 28,6 %
6332 Boulangers-pâtissiers/boulangères-pâtissière 9 500 27,2 %
2147 Ingénieurs informaticiens/ingénieures informaticiennes (sauf ingénieurs/ingénieures et concepteurs/conceptrices en logiciel) 6 000 26,1 %
6321 Chefs 15 100 25,3 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

D'un autre côté, le tableau 4 montre les 10 professions dans lesquelles le plus petit nombre de nouveaux immigrants chercheront un emploi au cours de la périod 2019 à 2028.

Tableau 4 : Les 10 professions pour lesquelles un faible nombre de nouveaux immigrants chercheront du travail, 2019-2028
CNP Professions Nouveaux Immigrants Pourcentage de l’emploi en 2018
4215 Instructeurs/instructrices pour personnes ayant une déficience 300 4,24 %
8220* Entrepreneurs/entrepreneuses et surveillants/surveillantes de l’exploitation des mines, du pétrole, et du gaz 300 0,97 %
8420* Travailleurs de l’exploitation forestière 300 3,05 %
7360* Travailleurs des opérations du transport ferroviaire 100 1,10 %
7203* Entrepreneurs/entrepreneuses et contremaîtres/contremaîtresses en tuyauterie 100 0,75 %
8231 Mineurs/mineuses d’extraction et de préparation, mines souterraines 100 0,38 %
8260* Capitaines de bateaux de pêche et pêcheurs/pêcheuses 100 0,80 %
8241 Conducteurs/conductrices de machines d’abattage d’arbres 100 0,53 %
8211 Surveillants/surveillantes de l’exploitation forestière 0 0,00 %
8440* Autres travailleurs de la pêche, du trappage et de la chasse 0 0,00 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : Statistics Canada (historique) et EDSC, Projections 2019 du SPPC

Les professions pour lesquelles on projette le plus faible nombre de nouveaux immigrants sont principalement celles liées aux métiers et aux industries primaires. Cela peut s'expliquer par les facteurs suivants :

Une seule de ces professions employait plus de 50 % des femmes en 2018.

Les chercheurs d’emploi provenant de la mobilité interprofessionnelle (Travailleurs en mouvements interprofessionnel)

Les flux nets ne prennent pas toujours en considération la façon dont les postes dans certaines professions sont comblés. Dans plusieurs professions, les travailleurs provenant d’autres professions représentent une source importante de main-d’œuvre. Les professions perdent certains de leurs travailleurs mais en gagnent de nouveaux provenant d’autres professions. La différence entre le nombre de travailleurs gagnés et perdus se définit par la mobilité nette. Dans les prochaines pages, le terme mobilité est utilisé afin de référer à ce concept de mobilité nette pour une profession (ou un niveau de compétence). Afin de projeter la mobilité nette future, les tendances passées de la mobilité interprofessionnelle sont utilisées en conjonction avec la demande future de main-d’œuvre par profession pour déterminer les progressions naturelles de carrières que pourraient connaître les travailleurs au cours de la période de projection.

Les projections du SPPC prennent en compte deux types de mobilité professionnelle :

  1. Mobilité verticale : les travailleurs qui changent de niveau de compétence. Deux types sont considérées:
  2. Mobilité horizontale: les travailleurs qui changent de profession mais qui demeurent dans le même niveau de compétence (par exemple: une profession exigeant généralement le même niveau d’éducation).

La figure 15 montre le nombre projeté de travailleurs qui changeront de niveau de compétence et le pourcentage de leur part de l'emploipar type de compétence en 2016 pour la période 2019-2028.

Figure 15 : Nombre de travailleurs qui changeront de niveau de compétence, Projection 2019-2028

Graphique à bandes qui montre le cumulatif projeté des travailleurs qui changeront de niveau de compétence en milliers et en pourcentage de part de l'emploi par type de compétence en 2016 pour la période 2017-2026. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : EDSC 2019 SPPC Projections.

Version texte de la Figure 15 : Nombre de travailleurs qui changeront de niveau de compétence, Projection 2019-2028

Les professions de la gestion devraient être celles qui connaîtront l’afflux de mobilité nette le plus important puisque les travailleurs spécialisés venus d’autres niveaux de compétence vont pourvoir la plupart des postes de gestion laissés vacants en raison des départ à la retraite de nombreux travailleurs. On projette que plus de 498 000 nouveaux gestionnaires proviendront d’autres niveaux de compétence au cours de la période 2019-2028. La mobilité est la source principale de main-d’œuvre pour les professions de la gestion. Durant la prochaine décennie, le nombre de travailleurs qui seront promus pour devenir gestionnaires devrait être supérieur au nombre de gestionnaires qui quitteront pour une profession non reliée à la gestion.

À l’inverse, on s’attend à ce que la mobilité nette soit négative (-198 000) pour les travailleurs des professions nécessitant des études universitaires. Ceci s’explique par le fait que les travailleurs dans ce niveau de compétence représentent la principale source de main-d’œuvre pour les professions de la gestion. Les positions laissées vacantes dans le niveau de compétence A seront occupées soit par des travailleurs des niveaux de compétence inférieurs détenant un diplôme d’études universitaires (qui ont commencé à travailler dans une profession d’un niveau de compétence inférieur avant de se mettre à la recherche d’un nouvel emploi reflétant mieux leur qualifications) ou par des sortants scolaires détenant un diplôme d’études universitaires. Il est aussi possible que ces positions demeurent vacantes s’il y a une pénurie de travailleurs avec les compétences et connaissances requises.

La mobilité nette dans les professions nécessitant des études collégiales (niveau de compétence B) devrait être positive (+145 000). Bien que certains diplômés universitaires ayant débuté leur carrière comme techniciens quitteront ce niveau de compétence pour de meilleures opportunités de carrière, plusieurs travailleurs détenant un diplôme universitaire ou collégial commencent à travailler dans des professions plus faiblement qualifiées (niveau de compétence C ou D) avant d’accepter un poste de niveau de compétence plus élevé. Cela reflète également le fait qu'environ 446 000 travailleurs en provenance de professions peu qualifiées (niveaux C ou D) devraient gravir les échelons au cours de la prochaine décennie.

Total des chercheurs d’emploi

La figure 16 montre les sources des nouveaux chercheurs d’emploi totaux pour les périodes de 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028. Bien qu’on anticipe que l’immigration représentera la majorité de la croissance nette de la population active au cours de la prochaine décennie (voir la Figure 14), les nouveaux immigrants continueront de représenter une proportion relativement faible du nombre total d’individus qui intègrent le marché du travail canadien chaque année.

Figure 16 : Sources des nouveaux chercheurs d’emploi : Totaux

Graphique à bandes qui montre les sources du cumulatif des nouveaux chercheurs d’emploi pour les périodes 1999-2008, 2009-2018 et 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : EDSC 2019 SPPC Projections.

Version texte de la Figure 16 : Sources des nouveaux chercheurs d’emploi : Totaux

En fait, le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire canadien (qu’ils soient des décrocheurs ou qu’ils détiennent un diplôme d’études secondaires ou post-secondaires), que l’on appelle communément les sortants scolaires, est beaucoup plus élevé que le nombre de nouveaux immigrants :

Ainsi, puisque le système scolaire canadien demeurera la principale source de nouveaux chercheurs d’emploi, il sera essentiel de s’assurer que les compétences de ces chercheurs d’emploi reflètent correctement les besoins du marché du travail canadien.

Note : Dans ce graphique, la catégorie « autres » inclut un ensemble de petites composantes mesurant les entrées et sorties relatives au marché du travail pour des raisons telles que le retour sur les bancs d’école ou le retour dans la population active suite à une période d’inactivité, ou encore des étudiants à la recherche d’un emploi tout en étant inscrits à des programmes scolaires. Cette catégorie était non-négligeable par le passé, mais a perdu en importance dans les dernières années, une tendance qui devrait se poursuivre au cours de la période de projection.

La figure 17 montre les chercheurs d’emploi par niveau de compétence pendant le période de 2019 à 2028.

Figure 17 : Chercheurs d’emploi par niveau de compétence, Projection 2019-2028

Graphique à bandes qui montre le cumulatif de chercheurs d'emploi provenant de: sortants scolaires, immigrants, mobilité et autres; par niveau de compétences pour la période 2019-2028. Les données sont accessibles à partir du lien suivant cette figure.

Source : EDSC 2019 SPPC Projections.

Version texte de la Figure 17 : Chercheurs d’emploi par niveau de compétence, Projection 2019-2028

On projette que 6,7 millions de chercheurs d’emploi (provenant du système scolaire, de l’immigration et d’autres sources) entreront sur le marché du travail au cours de la période 2019-2028. Deux tiers (67,2 %, soit environ 4,5 millions d’individus) de ces chercheurs d’emploi devraient occuper des professions qui exigent généralement une éducation post-secondaire (collégiale ou universitaire) ou des professions de la gestion. Plus précisément,

On s’attend à ce qu’environ le tiers des chercheurs d’emploi (environ 2,2 millions) cherchent du travail parmi les professions exigeant seulement des études secondaires ou une formation en cours d’emploi.

Parmi les 10 professions pour lesquelles on anticipe les plus grandes proportions de nouveaux chercheurs d’emploi, six d’entre elles se retrouvent dans le domaine de la gestion, où les travailleurs sont généralement plus âgés et plus proches de la retraite. La plupart des travailleurs des professions de la gestion ont travaillé pour gravir les échelons durant leur carrière. Par conséquent, on s'attend à ce qu'une plus grande part de ces travailleurs prennent leur retraite au cours de la période de projection, créant ainsi des postes à pourvoir. Pour ces professions, la mobilité devrait jouer un rôle important quant à la provenance des chercheurs d'emploi, car la majorité des nouveaux cadres sont déjà sur le marché du travail (voir Tableau 5).

Tableau 5 : Les 10 professions affichant les plus grandes parts de nouveaux chercheurs d’emploi, 2019-2028
CNP Professions Emploi en 2018 Nouveaux chercheurs d’emploi (2019-2028) en % de l’emploi en 2018
3011* Coordonnateurs/coordonnatrices et superviseurs/superviseures des soins infirmiers 34 000 75,8 %
7272 Ébénistes 4 700 72,2 %
0311 Directeurs/directrices des soins de santé 31 100 70,8 %
0113* Directeurs/directrices des achats; Directeurs/directrices d’autres services administratifs 13 400 69,5 %
0423 Directeurs/directrices des services sociaux, communautaires et correctionnels 41 600 66,5 %
0632 Directeurs/directrices des services d’hébergement 64 500 66,1 %
0213 Gestionnaires des systèmes informatiques 72 200 61,6 %
2134 Ingénieurs chimistes/ingénieures chimistes 9 000 60,8%
4151 Psychologues 22 600 60,7 %
0421 Administrateurs/administratrices - enseignement postsecondaire et formation professionnelle 12 500 57,1 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : EDSC 2019 SPPC Projections.

Tableau 6 montre que le classement des 10 professions pour lesquelles on anticipe le plus grand nombre de nouveaux chercheurs d'emploi reflète le fait que la plupart de ces professions sont de taille importante en termes d'emploi. En fait, l'emploi dans ces 10 professions (sur 293 professions) représentait environ 17,5 % de l'emploi total en 2018. Quatre de ces 10 professions sont liées à la vente et aux services.

Tableau 6: Les 10 professions affichant le plus grand nombre de nouveaux chercheurs d’emploi, 2019-2028
CNP Professions Emploi en 2018 Nouveaux chercheurs d'emploi Nouveaux chercheurs d’emploi en % de l’emploi en 2018
3413* Aides-infirmiers/aides-infirmières, aides-soignants/aides-soignantes et préposés/préposées aux bénéficiaires & Autre personnel de soutien des services de santé 321 000 182 700 56,9 %
3012 Infirmiers autorisés/infirmières autorisées et infirmiers psychiatriques autorisés/infirmières psychiatriques autorisées 314 300 154 600 49,2 %
6711* Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel de soutien assimilé 386 700 128 300 33,2 %
6421* Vendeurs/vendeuses - commerce de détail 566 700 117 100 20,7 %
0621 Directeurs/directrices - commerce de détail et de gros 324 600 113 400 34,9 %
6731 Préposés/préposées à l’entretien ménager et au nettoyage - travaux légers 245 900 108 700 44,2 %
4032 Enseignants/enseignantes aux niveau primaire et préscolaire 322 000 108 300 33,6 %
2171 Analystes et consultants/consultantes en informatique 216 000 98 700 45,7 %
6411 Représentants/représentantes des ventes et des comptes - commerce de gros (non-technique) 248 700 97 300 39,1 %
7511 Conducteurs/conductrices de camions de transport 317 700 96 600 30,4 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : EDSC 2019 SPPC Projections.

Finalment, six des 10 professions pour lesquelles on anticipe les plus faibles ratios de nouveaux chercheurs d'emploi (nombre total de chercheurs d'emploi par rapport à leur emploi respectif en 2018) sont considérées comme des professions exigeant habituellement des études secondaires ou une formation en cours d'emploi. Ces professions sont généralement moins attrayantes pour les chercheurs d'emploi car elles sont souvent moins bien rémunérées, ont des perspectives limitées en termes d'avancement et requière des effort physiques importants.

Tableau 7 : Les 10 professions affichant les plus faibles proportions de nouveaux chercheurs d’emploi, 2019-2028
CNP Professions Emploi en 2018 Nouveaux chercheurs d’emploi en % de l’emploi en 2018
6521 Conseillers/conseillères en voyages 17 300 1,0 %
4411 Gardiens/gardiennes d'enfants en milieu familial 35 200 1,2%
9463 Ouvriers/ouvrières dans les usines de transformation du poisson et de fruits de mer 4 100 4,6 %
4012 Assistants/assistantes d'enseignement et de recherche au niveau postsecondaire 76 100 10,9%
6512 Barmans/barmaids 38 500 11,8 %
6621 Préposés/préposées de stations-service 11 900 12,2 %
8211 Surveillants/surveillantes de l'exploitation forestière 7 200 13,1%
1422 Commis à la saisie de données; Opérateurs/opératrices d’équipement d’éditique et personnel assimilé 34 100 13,4 %
2152* Architectes paysagistes; Urbanistes et planificateurs/planificatrices de l’utilisation des sols; Arpenteurs-géomètres/arpenteuses-géomètres 14 100 13,5 %
2222* Inspecteurs/inspectrices des produits agricoles et de la pêche; Technologues et techniciens/techniciennes en sciences forestières; Techniciens/techniciennes du milieu naturel et de la pêche 16 100 13,8 %

Note 1 : Les professions avec un astérisk sont un regroupement de professions à 4 chiffres (incluant les professions à 3 chiffres qui sont considérées comme des groupes de professions à 4 chiffres).
Note 2: Professions qui employaient plus de 50% de femmes en 2018.

Source : EDSC 2019 SPPC Projections.

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