Système de projection des professions au Canada (SPPC)

Perspectives macroéconomiques et industrielles (2024-2033)

NOTE: Les projections démographiques et macroéconomiques actuelles du SPPC ont été complétées au printemps 2024, c'est-à-dire avant l'annonce par le gouvernement fédéral de son intention de réduire rapidement le nombre de résidents temporaires de 6,5 % de la population totale du Canada en 2023 à 5 % d'ici 2027, ainsi que de réduire les cibles d’immigrations tel qu’indiqué lors de la publication des plans cibles 2025-2027 d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Ces nouveaux niveaux inférieurs de résidents temporaires et permanents entraîneront une croissance démographique plus faible au cours de la période de projection. On s'attend à ce que ces nouveaux objectifs aient un impact similaire sur la demande et l'offre de main-d'œuvre au niveau global, mais certaines industries et professions spécifiques pourraient être plus touchées que d'autres.

Introduction

Le Système de Projection des Professions au Canada (SPPC) nécessite le développement de perspectives macroéconomiques afin de déterminer les tendances de long terme relatives à la croissance de l’emploi total et à la distribution de l’emploi par industrie et profession.

Ce document présente les perspectives macroéconomiques sous-jacentes aux projections de 2024 du SPPC. Ces perspectives ont été développées en collaboration avec Deloitte, en utilisant l’information disponible au printemps 2024.

Les tendances de long terme relatives à la croissance économique du Canada seront fortement influencées par les changements démographiques, notamment le vieillissement de la population et une plus forte immigration. Ces changements démographiques auront un impact important sur les perspectives de long terme concernant la population active, l’emploi et le potentiel économique au Canada.

Démographie et population active

La figure 1 montre que l’immigration sera nettement plus élevée que lors des décennies précédentes.

Figure 1 : Composantes de la croissance de la population

Composantes de la croissance de la population.

Sources : Statistique Canada (données historiques et projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 1 : Composantes de la croissance de la population

Au début de 2022, le gouvernement fédéral a annoncé une augmentation significative de sa cible d'immigration « afin que le Canada dispose des travailleurs dont il a besoin pour remédier aux graves pénuries de main-d’œuvre et pour soutenir une économie solide à l’avenir ». Dans le cadre de ce nouveau plan, le nombre de nouveaux immigrants admis annuellement au Canada dépassera la moyenne de la dernière décennie de près de 200 000.

À la fin de 2023, le gouvernement fédéral a réaffirmé son intention en annonçant un objectif de 485 000 nouveaux résidents permanents en 2024, et de 500 000 en 2025 et 2026 afin de « donner la priorité à la croissance économique et soutenir la réunification des familles tout en permettant au Canada de répondre aux crises humanitaires et de tenir compte de la croissance rapide du nombre de demandes d’immigration au cours des dernières années ».

Par conséquent, un taux d'immigration de 11,4 pour mille est anticipé au cours de la période de projection, ce qui se traduira par environ 500 000 immigrants par année.

En raison d'un taux de fécondité relativement faible et d'une augmentation des décès due au vieillissement de la population, l'accroissement naturel de la population (naissances moins décès) devrait continuer à diminuer au cours de la prochaine décennie, mais à un rythme plus lent que la décennie précédente. Ce ralentissement reflète essentiellement l'impact positif de l'augmentation de l'immigration sur les naissances, ainsi que le retour à des niveaux plus normaux du nombre de décès, après une forte augmentation pendant la pandémie de COVID-19.

La tendance à la baisse prévue pour l'accroissement naturel de la population fera en sorte que l'immigration représentera une part de plus en plus importante de la croissance démographique du Canada.

La figure 2 montre que la croissance de la population canadienne en âge de travailler devrait accélérer sur la période 2024-2033, stimulée par l’immigration.

Figure 2 : Croissance de la population canadienne en âge de travailler

Croissance de la population canadienne en âge de travailler

Sources : Statistique Canada (données historiques et projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 2 : Croissance de la population canadienne en âge de travailler

La population âgée de 15 ans et plus devrait croitre à un rythme moyen de 1,5 % par année sur la période 2024- 2033, en légère hausse par rapport au taux de 1,4 % enregistré de 2014 à 2023 et 1,3 % enregistré au cours des périodes 2004-2013 et 1994-2003.

La forte croissance de l'immigration permanente et temporaire a entraîné une augmentation record de la population en âge de travailler en 2023 (+3,1 %). On s'attend à ce que 2024 enregistre une hausse similaire, car la tendance récente observées pour les résidents non permanents devrait se poursuivre à court terme. Toutefois, la croissance du nombre de résidents non permanents devrait se stabiliser et cesser de contribuer à la croissance de la population après 2025. Il est important de mentionner que ces projections ont été réalisées avant l'annonce par le gouvernement fédéral de son intention de réduire le nombre de résidents temporaires de 6,5 % de la population totale du Canada en 2023 à 5 % d’ici 2027, ce qui est plus rapide et plus important que ce qui est actuellement inclus dans les projections du SPPC.

La croissance de la population au cours de la période 2024-2033 sera soutenue par l'immigration, ainsi que par l'amélioration prévue de l'espérance de vie. Ces évolutions compenseront en partie la légère baisse prévue de l'accroissement naturel de la population (naissances moins décès), imputable à un faible taux de fécondité et à une augmentation des décès due au vieillissement de la population.

Après avoir diminué depuis les années 1990, le rythme de croissance de la population des 15-64 ans s'accélérera légèrement pour atteindre 1,0 % (comparativement à 0,9 % au cours de la décennie précédente), en raison de l'augmentation de l'immigration.

La génération des baby-boomers (nés entre 1946 et 1965) continuera à passer progressivement à la tranche d'âge des 65 ans et plus au cours de la première moitié de la période de projection, et les derniers y parviendront en 2030. Les millénariaux (nés entre 1981 et 1996) continueront à représenter la plus grande part de la population en âge de travailler. La génération alpha (née entre 2013 et aujourd'hui) verra ses membres les plus âgés entrer sur le marché du travail en 2028, lorsque ceux nés en 2013 atteindront l'âge de 15 ans. Leur transition progressive vers la population en âge de travailler soutiendra la croissance au cours de la deuxième partie de la période de projection.

La figure 3 montre que les individus âgés de 65 ans et plus représenteront une part croissante de la population en âge de travailler.

Figure 3 : Distribution de la population en âge de travailler par groupe d’âge

Distribution de la population en âge de travailler par groupe d’âge

Sources : Statistique Canada (données historiques et projections). Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 3 : Distribution de la population en âge de travailler par groupe d’âge

Une augmentation de l’immigration ne suffira pas à arrêter le vieillissement de la population au Canada. En effet, davantage de baby-boomers entreront dans le groupe des 65 ans et plus au cours de la période de projection, ce qui augmentera la croissance de la population dans ce groupe d’âge, par rapport aux groupes moins âgés.

Par conséquent, le groupe des 65 ans et plus représentera une part plus importante de la population en âge de travailler. D’ici 2033, ce groupe représentera 26 % de la population en âge de travailler, contre 22 % en 2023 et 18 % en 2013.

L'augmentation du nombre de baby-boomers atteignant 65 ans signifie qu'ils quitteront la tranche d'âge des 55-64 ans. En conséquence, les personnes âgées de 55 à 64 ans devraient représenter 13 % de la population en âge de travailler en 2033, comparativement à 16 % en 2023.

Pendant ce temps, la population âgée de 25 à 54 ans représentera environ 47,1 % de la population en âge de travailler d'ici 2033, soit une légère baisse par rapport aux 47,5 % de 2023. La part des jeunes âgés de 15 à 24 ans restera stable, à environ 15 %.

La figure 4 montre que la faible participation au marché du travail des individus plus âgés continuera d’abaisser le taux d’activité moyen (15 ans et plus).

Figure 4 : Taux d’activité moyen (15+ et 15-64)

Taux d’activité moyen (15+ et 15-64)

Sources : Statistique Canada (données historiques) EDSC, Projections macroéconomiques 2024 du SPPC. Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 4 : Taux d’activité moyen (15+ et 15-64)

Les taux d’activité devraient augmenter dans la plupart des groupes d’âge. Cependant, en raison du vieillissement de la population, le taux d’activité de la population âgée de 15 ans et plus devrait continuer à diminuer au cours de la période 2024-2033.

L'évolution de la composition par âge de la population en âge de travailler vers le groupe des 65 ans et plus, qui ont un taux d’activité faible, devrait encore faire baisser le taux d'activité moyen de 1,9 point de pourcentage, soit de 65,6 % en 2023 à 63,7 % en 2033. En effet, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus, dont les taux d'activité sont beaucoup plus faibles, continuera d'augmenter. En revanche, la proportion de personnes ayant des taux d'activité plus élevés, à savoir les personnes âgées de 25 à 54 ans et de 55 à 64 ans, continuera à diminuer, ce qui se traduira par une baisse du taux d'activité moyen dans la population en âge de travailler (15 ans et plus).

En revanche, le taux d’activité chez les 15-64 ans devrait continuer sa progression sur la période de projection, en hausse de 0,9 point de pourcentage, passant de 80,2 % en 2023 (déjà un record absolu à ce moment-là) à 81,1 % en 2033.

Le taux d'activité des personnes âgées de 65 ans et plus devrait passer de 15 % en 2023 à 14 % en 2033 en raison du vieillissement des baby-boomers. En 2033, tous les baby-boomers auront dépassé l'âge de 67 ans.

Le taux d'activité des femmes en âge de travailler devrait augmenter grâce à la mise en place de services de garde d'enfants abordables. Des taux plus élevés sont également attendus pour les travailleurs plus âgés, car la cohorte actuelle de travailleurs proches de la retraite tend à être plus actif sur le marché du travail et à avoir une espérance de vie moyenne plus élevée que les générations précédentes, ce qui leur permet de continuer à travailler plus longtemps.

La figure 5 montre que l’emploi va croître au rythme de la population active.

Figure 5 : Croissance de l’emploi et de la population active

Croissance de l’emploi et de la population active

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections macroéconomiques 2024 du SPPC. Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 5 : Croissance de l’emploi et de la population active

Le nombre total de personnes au sein de la population active est obtenu en multipliant la population en âge de travailler par le taux d’activité moyen:

(Population active 15+ = Population 15+ x Taux d’activité 15+)

L'augmentation de l'immigration devrait continuer à soutenir le rythme de croissance de la population en âge de travailler, de la population active et de l'emploi à court et moyen terme. Toutefois, le vieillissement de la population et la baisse du taux d'activité moyen qui en découle entraîneront une modération de la croissance de la population active et de l'emploi à plus long terme.

En 2023, sous l'effet de la plus forte croissance démographique observée depuis 1957, le marché du travail a enregistré une solide progression de la population active (2,6 %) et de l'emploi (2,4 %). La population active dépassant l'emploi, le taux de chômage a augmenté régulièrement au cours de l'année.

Avec la poursuite attendue d'une forte croissance de la population et de la population active en 2024 et un ralentissement prévu de la croissance de l'emploi, le taux de chômage atteindra son maximum en 2024. Ensuite, la croissance de l'emploi devrait dépasser celle de la population active pendant quelques années, à mesure que l'économie se redressera sous l'effet des baisses progressives des taux d'intérêt. En conséquence, le taux de chômage devrait revenir près du niveau qui est considéré comme son taux naturel ou de plein emploi d'ici à la fin de 2026.

Les départs massifs à la retraite des baby-boomers continueront à générer des postes vacants, ce qui facilitera la recherche d'emploi pour les nouveaux chômeurs et contribuera à maintenir le taux de chômage à un niveau bas.

Le rythme de croissance de la population active qui en résultera devrait être de 1,2 % par année en moyenne sur la période 2024-2033, soit un taux similaire à celui de 1,1 % enregistré sur la période 2014-2023.

En ce qui concerne l'emploi, la croissance devrait être de 1,2 % par année en moyenne sur la période 2024-2033, ce qui est similaire au taux de 1,3 % enregistré sur la période 2014-2023.

Composition de la croissance de la demande agrégée

Le PIB réel du Canada devrait se redresser en 2025, la Banque du Canada abaissant progressivement les taux d'intérêt. À plus long terme, la croissance économique sera conforme à la croissance de la production potentielle.

Figure 6 : Croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations (en pourcentage)

Croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations (en pourcentage)

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections macroéconomiques 2024 du SPPC. Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 6 : Croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations

En réaction à l'accélération de l'inflation, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur 10 fois entre mars 2022 et juillet 2023, pour une augmentation cumulée de 475 points de base. Cela a entraîné un ralentissement progressif de la demande agrégée. En conséquence, le PIB réel n'a augmenté que de 1,1 % en 2023. La croissance économique devrait rester faible en 2024, car les taux d'intérêt restent élevés et les ménages sont toujours confrontés à l'impact de l'inflation élevée sur le revenu disponible réel.

Alors que l’inflation revient lentement à la cible de 2 %, la Banque du Canada devrait abaisser progressivement son taux directeur, ce qui entraînera une hausse des dépenses de consommation et un rebond de l’investissement résidentiel. Les investissements des entreprises devraient également prendre de la rigueur, notamment dans la fabrication de matériel de transport et dans le secteur de l’énergie. Tous ces éléments combinés conduiront à une croissance plus forte du PIB réel en 2025 et 2026.

En 2024, la croissance des exportations sera limitée par le ralentissement attendu de l'économie américaine et par la faiblesse des exportations agricoles en raison des conditions météorologiques défavorables que l'Ouest canadien a connues en 2023, qui ont entraîné une réduction considérable des niveaux de stocks. Par ailleurs, l'achèvement du projet d'agrandissement du pipeline Trans Mountain augmentera la capacité d'exportation et augmentera les forages pétroliers au cours du deuxième semestre de 2024 et en 2025. Les perspectives à long terme pour le secteur des exportations sont toutefois légèrement plus pessimistes. L'engagement du gouvernement du Canada à atteindre l'objectif de 2030 de réduire les émissions de 40 à 45 % par rapport aux niveaux de 2005 nécessitera la mise en œuvre de diverses mesures, notamment une réduction des niveaux annuels d'émissions de carbone, ce qui aura un impact négatif sur le secteur pétrolier.

La croissance à long terme du PIB réel canadien devrait ralentir à environ 1,7 % par année, en raison du ralentissement de la croissance de la population et de la population active et d’une croissance tendancielle modeste du stock de capital et de la productivité tendancielle du travail.

Le rythme de croissance du PIB réel qui en résulte devrait atteindre en moyenne 1,8 % sur la période 2024- 2033, la demande intérieure finale augmentant à un taux moyen prévu de 1,9 % et les exportations à un taux moyen prévu de 1,8 %.

La figure 7 montre que la croissance de la demande intérieure finale devrait être stimulée par les dépenses de consommation et l'investissement résidentiel et non résidentiel.

Figure 7 : Indice de croissance des principales composantes de la demande intérieure finale

Croissance du PIB réel, de la demande intérieure finale et des exportations (en pourcentage)

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections macroéconomiques 2024 du SPPC. Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 7 : Indice de croissance des principales composantes de la demande intérieure finale

Croissance annuelle moyenne par composante (%)

  2014-2023 2024-2033
Dépenses de consommation 2,0 2,1
Biens 1,9 1,6
Services 2,1 2,4
Investissement résidentiel 0,2 3,2
Construction neuve 1,2 2,3
Rénovations 0,7 3,1
Revente (maisons existantes) -1,8 5,2
Investissement non-résidentiel -0,7 1,3
Bâtiments -0,2 2,2
Ouvrages de génie -1,9 0,2
Machines et équipements -1,1 2,0
Propriété intellectuelle 2,6 1,7
Dépenses gouvernementales 2,0 1,5
Consommation 2,1 1,6
Investissement 1,6 0,9

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections macroéconomiques 2024 du SPPC.

Les dépenses de consommation devraient continuer de croître à un rythme similaire au cours de la période de projection à celui de la dernière décennie, principalement en raison d'une croissance plus rapide des dépenses en services, mais d'une croissance plus lente des dépenses en biens. Même si la croissance démographique est forte et que le marché de l'emploi est solide, l'inflation élevée et l'augmentation des paiements de dette limiteront les dépenses des ménages à court terme. À mesure que les taux d'intérêt baisseront et que l'inflation atteindra la cible de 2 % de la Banque du Canada, le revenu disponible réel augmentera, ce qui soutiendra les dépenses en 2025 et 2026. Alors que la croissance de l'emploi continuera de soutenir les dépenses de consommation, l'endettement hypothécaire élevé et le vieillissement de la population ralentiront la croissance à long terme.

L’investissement résidentiel devrait s’améliorer au cours de la période de projection. En raison de la hausse rapide des taux d’intérêt, l’investissement résidentiel a considérablement diminué en 2022 et 2023. Cependant, la forte croissance démographique, tirée par les nouveaux résidents non permanents et l’augmentation de l’immigration, a accru la demande de logements au cours de ces deux années. Les taux d’intérêt devraient progressivement baisser, améliorant quelque peu l’accessibilité. Combiné à la pénurie de logements, cela stimulera l’investissement résidentiel à court terme. Cependant, les prix des logements et les taux hypothécaires resteront plus élevés que les niveaux d’avant la pandémie, limitant l’accessibilité et la demande à long terme. Au total, 2,7 millions de nouveaux logements sont attendus entre 2024 et 2033, soit une moyenne de 267 000 par an.

L’investissement non résidentiel devrait à nouveau croître, avec des perspectives positives dans la plupart des domaines. Si les taux d’intérêt élevés pourraient ralentir la reprise en 2024, les investissements dans les structures d’ingénierie s’amélioreront, grâce aux projets énergétiques et de transport. La croissance des bâtiments non résidentiels s’accélérera en raison de la présence de grandes usines de batteries pour véhicules électriques. Après une croissance lente au cours de la dernière décennie, les investissements dans les machines, les équipements et la propriété intellectuelle se renforceront, stimulés par les nouvelles technologies (comme l’automatisation et l’IA), un marché du travail tendu et la nécessité d’améliorer la productivité à long terme.

Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux sont confrontés à des déficits budgétaires substantiels, de sorte que les pressions croissantes sur les finances publiques devraient freiner la croissance des dépenses gouvernementales au cours de la période de projection.

La figure 8 montre que le déficit commercial devrait diminuer à court-terme, mais s’élargir à plus long- terme.

Figure 8 : Exportations réelles nettes

Exportations réelles nettes

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections macroéconomiques 2024 du SPPC. Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 8 : Exportations réelles nettes

Les exportations devraient afficher une meilleure performance que les importations à court terme, mais les perspectives à long terme du secteur des exportations devraient subir des changements importants. En conséquence, les exportations devraient croître à un taux annuel moyen de 1,6 % au cours de la période de projection, soit un peu moins que les importations, qui devraient croître à un rythme de 1,7 %.

EXPORTATIONS : Après de forts rebonds en 2022 (+3,2 %) et 2023 (+5,7 %), les exportations de biens et services devraient légèrement diminuer en 2024 en raison d’un ralentissement de l’économie américaine. Les dépenses de consommation diminueront également à mesure que l’épargne liée à la pandémie s’épuisera et que les effets des hausses de taux d’intérêt passées se feront sentir. Les exportations de produits agricoles resteront limitées en raison des mauvaises conditions météorologiques dans l’Ouest canadien, qui ont réduit les niveaux de stocks. Cependant, les exportations de pétrole augmenteront grâce à l’expansion du pipeline Trans Mountain qui accroît la capacité d’exportation et le forage. À long terme, la croissance des exportations ralentira en raison du ralentissement de l’économie américaine. De plus, l’objectif du Canada de réduire les émissions de 40 à 45 % d’ici 2030 nécessitera des mesures, notamment le plafonnement de la production de pétrole et de gaz. Ce plafonnement pourrait entraîner une baisse des exportations de ces industries, car certaines installations pourraient ne plus être rentables à exploiter.

IMPORTATIONS : Après avoir fortement rebondi en 2022 (+7,6 %), la croissance des importations de biens et de services ont fléchi en 2023 (+1,0 %), reflétant le ralentissement de l'économie canadienne. À court terme, les importations devraient être confrontées à des difficultés en raison de la baisse des dépenses des consommateurs et des entreprises, les perspectives de consommation modestes ainsi que les investissements en machines et en équipement exerçant des pressions à la baisse sur les importations. Cependant, un assouplissement prévu de la politique monétaire devrait stimuler la demande de consommation et d'investissement, ce qui entraînera une accélération de la croissance des importations. À plus long terme, la croissance des importations devrait ralentir, conformément au rythme de croissance plus lent prévu de la demande intérieure finale.

Perspectives industrielles

Les changements projetés dans les sources de croissance extérieures et intérieures de la demande agrégée viendront modifier le rythme de croissance de la production industrielle et de l’emploi, ce qui affectera également la demande de main-d’œuvre par profession au cours de la période 2024-2033.

Tendances historiques et projetées dans le PIB réel, l’emploi et la productivité par grand secteur

Sur la période 2024-2033, la croissance du PIB devrait accélérer dans le secteur manufacturier et la construction alors qu’elle devrait ralentir dans le secteur primaire et les services, entraînant une croissance stable du PIB total par rapport à la période 2014-2023.

Figure 9 : Croissance du PIB réel par grand secteur

Croissance du PIB réel par grand secteur

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

Version texte de la figure 9 : Croissance du PIB réel par grand secteur

La croissance annuelle moyenne du PIB réel total sur la période 2024-2033 devrait rester stable par rapport à la période 2014-2023, à 1,8 % par année. Cependant, la croissance plus rapide dans le secteur manufacturier et la construction devrait être compensée par une croissance légèrement plus faible de la production dans les secteurs primaire et des services.

Le ralentissement attendu de la croissance du secteur primaire est principalement dû à une baisse de l’extraction de pétrole et de gaz, en particulier dans la seconde moitié de la période de projection. Les nouvelles réglementations et politiques fédérales sur les émissions, comme le Règlement sur les combustibles propres, devraient influencer la demande dans les industries qui raffinent le pétrole et transforment le gaz naturel. Cependant, la croissance dans les autres industries primaires devrait s’améliorer.

La croissance du secteur manufacturier est surtout due à l'amélioration du marché de l'habitation, grâce à la baisse des taux d'intérêt à court terme et à l'augmentation des nouvelles constructions et des rénovations. Cela profitera aux fabricants de matériaux comme le bois, le métal, le plastique et les produits électriques. Les mesures gouvernementales pour moderniser les logements et la croissance démographique soutiendront aussi cette tendance. De plus, la transition du Canada vers l'énergie propre stimulera les secteurs liés aux technologies vertes, comme les véhicules électriques et les batteries.

Le PIB réel du secteur de la construction devrait augmenter à court terme grâce aux baisses de taux d’intérêt de la Banque du Canada, qui stimuleront les mises en chantier et la construction résidentielle. À moyen terme, la croissance ralentira mais restera forte, soutenue par des projets d’énergie propre et les mesures du Plan canadien pour le logement. De plus, le Canada accueillera des installations de production de batteries pour véhicules électriques, d’hydrogène, d’ammoniac propre et de biocarburants, ce qui encouragera la construction non résidentielle.

Entre 2014 et 2023, la production de services a augmenté grâce à la demande de services informatiques et au télétravail après la pandémie. Bien que la demande en services informatiques continue, sa croissance sera plus lente, ce qui réduira la croissance totale pour le secteur des services. Cependant, les perspectives des industries de services sont positives, car le vieillissement de la population devrait accroître les dépenses en services par rapport aux biens. Ainsi, même avec un léger ralentissement, la croissance du secteur des services devrait dépasser celle du secteur des biens.

Figure 10 : Croissance de l’emploi par grand secteur

La croissance totale de l’emploi devrait également ralentir légèrement au cours de la période 2024-2033, reflétant une croissance de l’emploi légèrement plus modeste dans les secteurs des services par rapport à la période 2014-2023.

Croissance du PIB réel par grand secteur

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

Version texte de la figure 10 : Croissance de l’emploi par grand secteur

La croissance annuelle moyenne de l'emploi total sur la période 2024-2033 devrait ralentir légèrement par rapport à la période 2014-2023. La reprise de la croissance dans le secteur primaire et l'accélération de la croissance dans l'industrie manufacturière et la construction seront ralenties par une croissance légèrement plus faible dans les services.

Après une baisse annuelle moyenne de 1,7 % de 2014 à 2023, l’emploi dans le secteur primaire devrait légèrement augmenter de 0,2 % durant la période de projection, malgré un ralentissement de la croissance de la production. Ce ralentissement est principalement dû à l’extraction de pétrole et de gaz, tandis que d'autres industries du secteur devraient croître davantage par rapport à la dernière décennie. La croissance de l’emploi proviendra de l’exploitation forestière et des activités de soutien à l’exploitation minière, pétrolière et gazière. En revanche, l’emploi diminuera dans l’agriculture, la pêche, la chasse, le piégeage et l’extraction de pétrole et de gaz.

L’emploi dans le secteur manufacturier a connu de fortes fluctuations la dernière décennie, mais en 2023, il était supérieur à celui de 2013, avec une croissance annuelle moyenne modeste de 0,4 % entre 2014 et 2023. Cette croissance devrait se renforcer légèrement durant la période de projection grâce à une augmentation de la production. Cependant, la création d’emplois sera limitée par des gains de productivité dus à l’automatisation et à la volonté des fabricants d'améliorer leur compétitivité. En moyenne, l’emploi dans le secteur manufacturier devrait croître de 0,6 % par an entre 2024 et 2033.

La croissance de l’emploi dans le secteur de la construction devrait s’établir en moyenne à 1,5 % par an au cours de la période 2024-2033, soit à peu près la même que durant la dernière décennie. Si l’on s’attend à une forte croissance de la production au cours de la prochaine décennie (voir la diapositive précédente), la croissance de l’emploi devrait être plus modeste, compte tenu des prévisions d’amélioration de la productivité (voir la diapositive suivante).

La croissance de l'emploi dans les services devrait ralentir légèrement au cours de la période de projection, conformément au rythme plus modeste de croissance de la production prévu par rapport à la décennie précédente. Les gains d'emploi devraient être tirés par les soins de santé et la conception de systèmes informatiques. Dans l'ensemble, l'emploi total dans ce secteur devrait augmenter à un rythme moyen de 1,3 % par an pour la période 2024-2033, en baisse par rapport à 1,5 % pour la période 2014-2023.

La figure 11 montre que la croissance de la productivité devrait ralentir dans le secteur primaire, mais s’accélérer dans les secteurs de la construction, de l’industrie manufacturière et des services, ce qui se traduira par un rythme de croissance similaire pour l’ensemble de l’économie par rapport à la décennie précédente.

Figure 11 : Croissance de la productivité par grand secteur*

Croissance du PIB réel par grand secteur

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

* Note: Dans ce document, le terme productivité fait toujours référence à la productivité du travail.

Version texte de la figure 11 : Croissance de la productivité par grand secteur*

La productivité total devrait croître au même rythme qu’au cours des dix dernières années. La hausse de la productivité dans le secteur manufacturier, la construction et les services sera compensée par une croissance plus lente dans le secteur primaire. Bien que des investissements accrus dans les machines et l’équipement stimuleront cette croissance, l’augmentation de la productivité devrait rester modérée. En 2023, les investissements dans les machines et l’équipement étaient encore légèrement inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie. Bien qu’ils devraient se rétablir et croître, il faudra du temps pour que l’économie canadienne en bénéficie pleinement en termes de productivité.

Le ralentissement de la croissance de la productivité dans le secteur primaire est principalement dû à la baisse des investissements dans l'extraction de pétrole et de gaz, après la chute des prix du pétrole de 2014 à 2016. Bien que la productivité dans ce secteur reste solide, elle devrait faiblir par rapport à la dernière décennie. La productivité devrait également diminuer dans l’agriculture et les activités de soutien, tandis qu'elle s'améliorera dans les secteurs minier et de la pêche, et restera stable dans le secteur forestier.

Après une hausse de 2014 à 2019, la productivité du secteur manufacturier a fortement chuté en 2020. Bien qu'elle ait augmenté en 2021 et 2022, elle a de nouveau diminué en 2023, restant inférieure à son niveau d'avant la pandémie. La productivité devrait se redresser lentement et croître modestement, à un rythme moyen de 0,6 % par an, grâce à des investissements accrus et à des avancées dans la robotique, l'impression 3D, la réalité augmentée et d'autres technologies d'automatisation.

Une légère augmentation annuelle de 0,2 % est prévue pour la productivité du secteur de la construction, après une baisse de 0,6 % au cours de la dernière décennie. Bien que le secteur, surtout résidentiel, soit très intensif en main- d'œuvre, des programmes comme le Défi de la numérisation et de la productivité visent à accélérer l'innovation, numériser les processus de construction et promouvoir des pratiques avancées.

Dans le secteur des services, les gains de productivité proviendront des avancées des technologies numériques et cognitives, comme les applications mobiles, les systèmes intelligents, l’apprentissage automatique, l’intelligence artificielle et les transports autonomes. Dans un marché du travail tendu, ces technologies devraient augmenter la productivité et permettre l’automatisation de nombreuses tâches dans divers métiers, y compris ceux axés sur l'human et nécessitant un niveau d'éducation élevé.

La figure 12 montre que la productivité devrait représenter la plus grande part de la croissance du PIB dans les secteurs primaires et la moitié de la croissance du PIB dans le secteur manufacturier. À l’inverse, l’emploi devrait représenter la majorité de la croissance du PIB dans les secteurs de la construction et des services sur la période 2024-2033.

Figure 12 : Décomposition de la croissance du PIB réel par grand secteur, Projection 2024-2033

Décomposition de la croissance du PIB réel par grand secteur

Sources : EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.* Note: Dans ce document, le terme productivité fait toujours référence à la productivité du travail.

Version texte de la figure 12 : Décomposition de la croissance du PIB réel par grand secteur, Projection 2024-2033

La croissance de la productivité devrait représenter la moitié de la croissance réelle du PIB dans le secteur manufacturier sur la période 2024-2033, contre 83 % dans le secteur primaire, 32 % dans les services et 12 % dans la construction. Pour l’ensemble de l’économie, cette proportion devrait être de 28 %.

La part importante de la croissance du PIB attribuable à la productivité dans les secteurs primaire et manufacturier reflète le fait que ces deux secteurs sont généralement plus intensifs en capital. L'emploi est en grande partie constitué de tâches routinières qui peuvent être de plus en plus automatisées grâce à de nouvelles applications rendues possibles par les innovations technologiques. Ces deux secteurs sont également fortement exposés à la concurrence internationale et à la mondialisation. La productivité permet aux entreprises de réduire les coûts unitaires de production et d'améliorer leur compétitivité sur les marchés étrangers et nationaux.

En revanche, la part plus faible de la croissance du PIB attribuable à la productivité dans les secteurs de la construction et des services reflète le fait que ces deux secteurs sont généralement plus intensifs en main-d’œuvre. L’emploi est principalement composé de professions centrées sur l’humain, impliquant des tâches et des compétences qui sont moins susceptibles d’être accomplies ou complétées par la technologie. Ces deux secteurs sont également largement orientés vers le marché intérieur et moins exposés à la concurrence internationale et à la pénétration des importations.

La figure 13 montre que la transformation de la structure industrielle de l’économie se poursuivra au cours de la prochaine décennie, mais à un rythme plus lent que par le passé.

Figure 13 : Répartition du PIB réel et de l’emploi par grand secteur

Répartition du PIB réel et de l’emploi par grand secteur

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC. Les projections sont représentées par la zone ombragée.

Version texte de la figure 13a - Répartition en pourcentage du PIB réel par grand secteur (en pourcentage du total du PIB réel), 2001-2033

Version texte de la figure 13b - Répartition en pourcentage de l’emploi par grand secteur (en pourcentage du total de l’emploi), 2001-2033

En termes de PIB réel et d’emploi, l’importance relative du secteur des services devrait augmenter modestement, les taux de croissance moyens de la production réelle et de l’emploi dépassant légèrement ceux de l’ensemble de l’économie. D’ici 2033, le secteur des services devrait représenter 75 % de la production totale et 80 % de l’emploi total, soit respectivement 1,0 et 0,7 point de pourcentage de plus qu’en 2023.

Les trois secteurs restants (secteur primaire, construction et industrie manufacturière) devraient représenter 25 % de la production totale et 20 % de l’emploi global d’ici la fin de la période de projection.

La répartition de l’emploi continuera à se déplacer légèrement vers le secteur des services, qui devrait représenter 85 % de la création totale d’emplois entre 2024 et 2033.

Tableau 1 : Emploi par grand secteur
(en milliers, part de l’emploi total entre parenthèses)
  2003 2013 2023

2033

(Projection)

Variation

2023-2033


Primaire

609,2

(3,9 %)

690,8

(3,9 %)

582,8

(2,9 %)

593,1

(2,6 %)

+10,3

(0,4 %)


Manufacturier

2 277,4

(14,5 %)

1 732,6

(9,8 %)

1 811,9

(9,0 %)

1 926,4

(8,5 %)

+114,4

(4,4 %)


Construction

910,6

(5,8 %)

1 377,2

(7,8 %)

1 582,5

(7,8%)

1 829,4

(8,0 %)

+246,9

(9,5 %)


Services

11 733,0

(74,9 %)

13 779,6

(77,8 %)

16 038,9

(79,5 %)

18 246,4

(80,2 %)

+2 207,6

(85,2 %)


Total

15 660,8

(100,0 %)

17 712,2

(100,0 %)

20 170,9

(100,0 %)

22 760,8

(100,0 %)

+2 589,9

(100,0 %)

Sources : Statistique Canada (données historiques) et EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

L'emploi dans le secteur des services devrait augmenter de 2,2 millions entre 2023 et 2033, soit à peu près le même nombre que les 2,3 millions observés au cours des dix années précédentes. Ce secteur devrait représenter 85,2 % de l'ensemble des gains d'emploi au cours de la période de projection.

Dans le secteur de la construction, l'emploi devrait augmenter de 246 900 entre 2023 et 2033, contre 205 300 au cours des dix années précédentes. Le secteur devrait employer plus de 1,8 million de travailleurs d'ici 2033, ce qui représente 9,5 % des gains d'emploi prévus.

Après avoir augmenté de 79 400 entre 2013 et 2023, l'emploi dans le secteur manufacturier devrait croître à un rythme plus rapide (+114 400, ce qui devrait représenter 4,4 % des gains d'emploi.) au cours de la période de projection, pour atteindre plus de 1,9 million de travailleurs en 2033. Cependant, comme le taux moyen de croissance de l'emploi devrait rester inférieur à celui de l'économie globale, la part du secteur dans l'emploi total continuera de diminuer, s'établissant à 8,5 % en 2033, sa part la plus faible jamais enregistrée depuis la première publication des données sur la population active en 1976.

Dans le secteur primaire, l’emploi devrait connaître une légère reprise (+10 300) entre 2023 et 2033, après une baisse de 108 000 entre 2013 et 2023, en raison des pertes d’emplois importantes survenues en 2014-2016 (choc pétrolier) et en 2020-2021 (pandémie de COVID-19). Le secteur devrait employer 593 100 travailleurs d’ici la fin de la période de projection, ce qui représentera 2,6 % de l’emploi global en 2033 et 0,4 % de la création totale d’emplois au cours de la période de projection.

Comparaisons des projections d’emploi entre industries

La figure 14 montre les industries pour lesquelles on anticipe une plus forte croissance de l’emploi.

Figure 14 : Croissance de l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Croissance de l’emploi par industrie

Sources : EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

Version texte de la figure 14 : Croissance (forte) de l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Les industries pour lesquelles on projette la plus forte croissance de l’emploi (i.e. supérieure à 1,2 % par année) sont également celles qui devraient afficher la plus forte croissance de la production ou encore celles qui sont caractérisées par une forte intensité de main-d’œuvre et par une faible croissance de la productivité. Voici quelques-uns des principaux facteurs qui viendront soutenir la production et la création d’emplois dans ces industries :

La figure 15 montre les industries pour lesquelles on anticipe une croissance modérée de l’emploi.

Figure 15 : Croissance de l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Croissance de l’emploi par industrie

Sources : EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

Version texte de la figure 15 : Croissance (modérée) de l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Les industries pour lesquelles on projette une croissance modérée de l'emploi (i.e. entre 0,7 % et 1,4 % par année) sont également celles qui devraient connaître une croissance modérée de la production et/ou celles où la croissance de la productivité devrait contribuer de façon significative à la croissance du PIB réel.

Ce groupe comprend quatre industries manufacturières, six industries de services commerciaux, trois services publics, ainsi que les services d'utilité publique (qui constituent une industrie productrice de biens).

Même si une forte croissance de la production est prévue pour certaines de ces industries, la création d’emplois devrait être limitée par les facteurs suivants :

La figure 16 montre les industries pour lesquelles on anticipe une faible croissance ou une diminution de l’emploi.

Figure 16 : Croissance de l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Croissance de l’emploi par industrie

Sources : EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

Version texte de la figure 16 : Croissance (faible ou négative) de l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Les secteurs qui devraient connaître les plus faibles croissances ou des baisses de l’emploi (c’est-à-dire moins de 0,6 % par an) sont également ceux qui devraient connaître la plus faible croissance de la production et/ou ceux où la croissance de la productivité devrait représenter une grande partie (ou la totalité) de la croissance réelle du PIB.

Ce groupe est essentiellement composé d'industries manufacturières et primaires, à l'exception de trois industries productrices de services qui devraient connaître les trois plus fortes croissances du groupe. Bon nombre de ces industries ont connu une stagnation ou une tendance à la baisse de la production et/ou de l'emploi au cours des dernières années, notamment l'agriculture, l'imprimerie, le textile, la fabrication de vêtements, de meubles, de papier, ainsi que la pêche. Ce groupe d'industries devrait faire face à des défis similaires à ceux rencontrés par le passé, ainsi qu'à de nouveaux obstacles, notamment :

La croissance de la productivité devrait représenter une part importante (ou la totalité) de la croissance de la production parmi la plupart des industries énumérées dans le graphique, ce qui freinera la croissance de l'emploi (ou entraînera une baisse de l'emploi) sur la période de projection. Cela s'explique par le fait que l'emploi dans ces industries est largement composé de tâches routinières qui sont de plus en plus susceptibles d’être automatisées par de nouvelles applications technologiques. La forte croissance anticipée dans les investissements en machines et équipements (M&E) viendra accroître la quantité de capital physique et de technologie disponible par travailleur, ce qui stimulera la productivité. La robotique de pointe, la réalité augmentée, l'impression 3D et l'internet des objets (IdO) font partie des technologies les plus innovantes qui continueront de transformer les opérations manufacturières et améliorer la productivité sur la période de projection. Les pertes d'emplois dans l'extraction de pétrole et de gaz reflètent le fait que l'exploitation des sables bitumineux est devenue moins intensive en main-d'œuvre grâce à des avancées dans les technologies extractives et la conception d’installations modulaires. Les pertes d'emplois supplémentaires dans les industries de la pêche et du papier reflètent principalement de nouvelles baisses de la production.

La figure 17 montre les dix industries qui représenteront plus des deux tiers de la hausse projetée dans l’emploi total au Canada sur la période 2024-2033..

Figure 17 : Variation dans l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Variation dans l’emploi par industrie

Sources : EDSC, Projections industrielles 2024 du SPPC.

Version texte de la figure 17 : Variation dans l’emploi par industrie, Projection 2024-2033

Parmi les 42 industries visées par le SPPC, 10 industries représenteront plus de 72 % de la hausse projetée de l’emploi total au Canada au cours de la période 2024-2033.

La variation future dans le niveau d’emploi par industrie peut être décomposés en deux volets :

Cela signifie que les dix industries pour lesquelles on anticipe les plus fortes hausses dans le nombre de travailleurs ne sont pas nécessairement celles qui devraient afficher les plus forts taux de croissance en matière d’emploi.

Par exemple, le secteur du commerce de détail devrait enregistrer l’une des plus fortes augmentations du nombre de travailleurs, malgré des taux de croissance modérés de l’emploi (Figure 16). Cela reflète simplement la taille importante de ce secteur par rapport aux autres secteurs.

Analyse comparative entre les sexes

Les projections ne peuvent être effectuées selon le sexe, mais les données historiques fournissent la distribution des hommes et des femmes dans l’emploi par industrie et profession.

Les données montrent que les travailleurs de sexe féminin sont surtout concentrés dans les services. Ceci s’explique par le fait que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de travailler dans les industries productrices de services, alors que les hommes sont plus susceptibles que les femmes de travailler dans les industries productrices de biens.

En 2023, 90 % des femmes travaillaient dans les services, contre 70 % pour les hommes. À l’inverse, 30 % des hommes travaillaient dans les secteurs primaire, manufacturier ou de la construction, contre 10 % pour les femmes.

Parmi les treize industries employant une majorité de femmes, on projette que six industries afficheront une forte croissance de l’emploi (Figure 14), six industries afficheront une croissance modérée de l’emploi (Figure 15), et seulement une industrie affichera une faible croissance de l’emploi (Figure 16).

Parmi les dix industries qui devraient enregistrer les plus importantes hausses dans le nombre de travailleurs (Figure 17), sept industries sont majoritairement composées de travailleurs de sexe féminin, car les femmes ont tendance à travailler dans des industries de services affichant un grand nombre de travailleurs.

Impact du plafonnement des émissions

En décembre 2023, le gouvernement du Canada a annoncé son intention de mettre en œuvre un système national de plafonnement et d’échange de droits d’émission couvrant le secteur pétrolier et gazier en amont. Le plafonnement limiterait les émissions de gaz à effet de serre (GES) sectorielles conformément aux objectifs climatiques du Canada pour 2030. Ces impacts sur la production sont inclus dans la projection à long terme, affectant la production pétrolière et gazière en Alberta, en Colombie-Britannique, à Terre- Neuve-et-Labrador et en Saskatchewan.

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